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Se lancer en classe dans l'e-Portfolio

Un récit d'expérience qui aidera certainement les enseignants tentés par l'ePortfolio, mais qui ne savent pas comment commencer

Par Tété Enyon Guemadji-Gbedemah , le 05 mars 2013 | Dernière mise à jour de l'article le 03 avril 2013

Avec le développement des technologies numériques et leur relative accessibilité, il est d'usage de s'affranchir des contraintes du papier pour créer des e-Portfolios encore appelés portfolios numériques. Ce choix est encore très exceptionnel en Europe et encore plus en Afrique francophone.Il est en revanche devenu courtant en Amérique du Nord. Au Québec, Thierry Karsenty est à l'origine d'unde plateforme de portfolio bien connue (Eduportfolio). D'autres préfèrent utiliser des plates-formes populaires multi-usages (WordPress par exemple).

La constitution d'un e-Portfolio dans le cadre d'une formation ou d'un cours participe aussi de l'apprentissage en ce qu'elle permet à l'apprenant de mesurer sa progression, d'effectuer une réflexion sur son parcours et même une méta-réflexion, qui somme toute vise l'atteinte des objectifs pédagogiques et le développement de compétences. En ce sens, le portfolio est le reflet de l'identité de l'étudiant, donnant à voir ce qu'il fait et ce qu'il pense, et non le programme anonyme du cours ou du diplôme. En cela, c'est un excellent complément au curriculum vitae et au diplôme.

Comment s'y prendre ?

C'est à cette question que répond Bernard Gagnon, Conseiller pédagogique et répondant TIC qui a soutenu Serge-Philippe Tremblay, Enseignant de Comptabilité et de gestion au Cégep de St-Félicien (Canada), dans la mise en oeuvre d'un projet de création de portfolios numériques par les étudiants. Leur récit publié par Profweb décrit la démarche initiale. 

Choisir la plate-forme

Nous l'avons dit tantôt, il existe beaucoup de plates-formes qui de nos jours peuvent héberger les portfolios numériques. Cependant, il est bien d'en choisir une en tenant compte des possibilités qu'elle offre en matière d'accessibilité, des écueils à éviter et des politiques locales d'usage. Dans le récit en question, le choix s'est porté sur l'hébergeur WordPress parce qu'il est utilisé par les étudiants, les professeurs et les différents services collectifs. C'est donc un choix institutionnel qui a inspiré les expérimentateurs. Ce qui est d'ailleurs raisonnable puisqu'en cas de difficulté les utilisateurs disposeront dans leur entourage immédiat de conseils d'utilisateurs avertis.

Hormis cet avantage, WordPress en présente d'autres qui ont plu aux initiaiteurs du projet : l'hébergement gratuit, la pérennité des données, le caractère public ou privé du site, le dépôt de fichiers dans une bibliothèque de médias, l'adaptabilité aux goûts et besoins grâve à la présence de nombreux thèmes.

Passé l'étape du choix, place à celle de la mise en route subdivisée en deux : l'ouverture d'un compte d'abord, la création et à la configuration du site ensuite. Les étudiants ont eu besoin d'être encadrés au départ, mais se sont vite familiarisés avec ce nouvel outil. Un tutoriel vidéo et un guide d'utilisation téléchargeable leur donnaient toutes les informaitons techniques nécessaires, en cas de besoin.

Un outil vite devenu indispensable

L'article est discret sur l'utilisation elle-même de ce portfolio. Pourtant, quelques mentions disséminées montrent que cet outil a connu un grand succès. Les étudiants y ont consigné toutes leurs observations personnelles en trois occasions récurrentes : les conférences avec des professionnels, les visites d'entreprises et les stages d'observations. Les réflexions nées de ces activités ont été soigneusement travaillées avant d'être rendues publiques, l'étudiant ayant bien conscience de leur impact sur son identité de futur professionnel. 

De plus, cette expérimentation de portfolio a fait des émules : les collègues de Serge-Philippe Tremblay enseignants en deuxième et troisième année ont encouragé les étudiants à continuer à l'utiliser et à l'alimenter. De cette façon, chaque étudiant disposait d'un portfolio complet en fin de troisième année, lorsqu'il a achevé ses études. 

Comme souvent, il a suffi que quelqu'un donne l'exemple d'une pratique numérique intéressante pour que les autres suivent. L'existence d'un tandem initial fut pour beaucoup dans le succès de cette expérience : un enseignant et un technopédagogue ont avancé de concert, au plus près des besoins et des possibilités des étudiants. Voici donc une bonne leçon d'expérience dont les éléments structurants méritent d'être dupliqués dans d'autres établissements !

 

Bernard Gagnon, Serge-Philippe Tremblay (2013). Le portfolio en Comptabilité et gestion : la stratégie du petit pas. Profweb, 11 février 2013.

Illustration : negative productions, Shutterstock.com

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