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La réalité augmentée au secours de la biodiversité

Par Alexandre Roberge , le 19 septembre 2010 | Dernière mise à jour de l'article le 25 août 2012

En 2007, 82% de la population française vivait en zone urbaine, et l'on peut parier sans grand risque que c'est également le cas de la majorité des populations des pays développés et émergents (le chiffre est d'ailleurs le même pour le Brésil). La "nature" devient donc une réalité de plus en plus lontaine et approximative pour les citadins que nous sommes devenus.

En 2010 - année internationale de la biodiversité -, la question s'est posé : comment donner à voir la biodiversité de nos régions ? Comment faire prendre conscience de l'importance de sa sauvegarde ? Parmi les mode de représentation proposés, il y a la réalité augmentée.

Les ordinateurs, les meilleurs amis des arbres ?

Dans un billet du blogue ReadWriteWeb de juin 2010, Chris Cameron présente le travail de Sean White, un scientifique post-doctorant de l'Université Columbia. Selon lui, la réalité augmentée est l'une des meilleures façons de faire prendre conscience des problématiques environnementales, dont le réchauffement planétaire. Parmi ses travaux, M. White a présenté lors d'une conférence sur la réalité augmentée un projet de visualisation du dioxyde de carbone (CO2) dans une zone urbaine. Cette expérimentation effectuée à New York permettait de superposer dans un environnement 3D les taux de CO2 obtenus avec les détecteurs et d'identifier les sources de CO2. Ce qui aurait été impossible à l'aide des seuls capteurs.

Autre utilisation de la réalité augmentée, radicalement différente : l'herbier informatique. En effet, les botanistes amateurs ne sont pas tous familiers du vocabulaire et des descriptions complexes des plantes. A New-York ou à Washington grâce à la technologie et à l'application Leafsnap (uniquement sur iPhone et iPad en 2012), il suffit de photographier une plante pour avoir accès à une base de données permettant d'obtenir son nom et ses caractéristiques. 

La réalité augmentée pourrait pousser l'herbier virtuel encore plus loin. À partir de cette "vision informatique", il serait concevable pour un botaniste ou pour quiconque de manipuler virtuellement une feuille pour la comparer à d'autres, faire de gros plans sur ses attributs, etc.

Sean White voit déjà d'autres applications possibles à la réalité augmentée pour, par exemple, situer les meilleurs endroits pour installer des éoliennes ou visiter un glacier actuel et percevoir sa taille quelques décennies plus tôt, de manière à illustrer le réchauffement climatique.

Sensibiliser par les nouvelles technologies

L'idée de la réalité augmentée pour illustrer des situations complexes a déjà trouvé quelques applications. Par exemple, à San Francisco, les citoyens recensent les arbres de leur ville qui sont alors affichés sur une carte virtuelle. Cela permet aux citadins de comprendre quelle est la place faite aux espaces verts, l'importance de cette végétation en milieu urbain, de connaître les espèces présentes, etc. Le tout apparaît en surimpression sur une carte Google. À Paris, d'ailleurs, les services municipaux des espaces verts utilisent une technologie similaire pour avoir une "biographie" des arbres (date d'implantation, arrosages, maladies, etc.).

C'est également dans la capitale française que s'ouvrira bientôt une nouvelle exposition permanente faisant largement appel à la réalité augmentée. La Galerie des Enfants du Muséum d'Histoire Naturelle utilise en effet ces technologies pour présenter la biodiversité parisienne et son évolution. De plus, le site Internet de cette galerie permet d'avoir accès à une visite virtuelle de l'exposition, à un centre de documentation sur la biodiversité et à un espace de partage sur les thèmes scientifiques abordés.

D'autres réalités pour mieux comprendre

D'autres technologies sont sollicitées pour sensibiliser aux questions environnementales. Par exemple, à Laval en France, un groupe d'étudiants a développé un jeu de réalité virtuelle intitulé Bee-Oh ! qui s'intéresse au sort des abeilles et à leur importance dans la pollinisation. En endossant le rôle de l'insecte butineur, de l'agriculteur ou de l'apiculteur, on comprend mieux l'équilibre fragile des ruches et la fonction essentielle des abeilles dans la reproduction des plantes. Le jeu, qui a séduit lors de sa présentation, est maintenant en développement.

La photo peut elle aussi être mise à contribution. Le photographe David Littschwager a publié dans le National Geographic les résultats d'un projet fort intéressant. Le dispositif est simple : Littschwanger a déposé un cube d'un pied de côté dans cinq écosystèmes (terrestres ou maritimes) très différents. Pendant trois semaines, il a photographié toutes les formes de vie visibles à l'oeil nu qui s'y manifestaient. Les photos des êtres vivants sont ensuite détourées et forment des inventaires spectaculaires.

Quel que soit le type de représentation utilisé (augmentée, virtuelle ou photographique), l'objectif reste le même : montrer ce que l'on ne voit pas au premier coup d'oeil, faire apparaître les relations unissant les composantes des écosystèmes, pour inciter chacun de nous à être plus investi dans la sauvegarde de la biodiversité.

Can_augmented_reality_help_save_the_planet, Chris Cameron, ReadWriteWeb, juin 2010

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