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Publié le 03 avril 2013 Mis à jour le 03 avril 2013

Partage de mots : avec qui et à quel propos ?

Les murs de partage qui se multiplient sur la toile seraient-ils des espaces d'exhibition supplémentaires ?

Partager des mots, rien de plus naturel penserez-vous. Nous parlons et écrivons. Nous utilisons les médias sociaux et l’Internet, de manière abusive selon certains. Nous y reviendrons. Les formes de langage se multiplient et évoluent. Twitter en représente l'un des plus illustres exemples.  

Mais qu’en est-il du partage d’idées ? Tapissez-vous vos murs de pensées de philosophes, visionnaires, hommes et femmes d’influence ? Transmettez-vous ces citations célèbres par courriel à vos amis ? Si vous l’ignorez, des murs virtuels de partage de mots existent, chacun ayant sa personnalité propre. Loin de ces intéressants et appréciés murs virtuels présentés précédemment dans Thot comme Padlet (qui s'appelait autrefois Wallwisher), le nouveau site Dis-le leur, a été créé avec l’intention généreuse de vous offrir la possibilité de partager avec « le monde entier vos coups de cœur humains, musicaux, cinématographiques. » La présentation sous la forme d’une tapisserie colorée de Post it, invite quiconque au partage de mots. On demande aux participants de rester « corrects » sans toutefois définir le sens accordé à ce qualificatif. La lecture du site prouve bien que le sens diffère d’une personne à l’autre.

C’est vrai que l’idée première est attirante. Nous y avons eu spontanément le goût d’y glisser une citation de Gandhi, de Mandela, de Socrate, de Cyrulnik, d’Alice Miller, Simone de Beauvoir, David Suzuki. Et puis la lecture du contenu du site nous a invités à nous raviser. Ce mur de post it est en fait bien davantage un tableau d’autocitations, de conseils pour adolescents, d'appels d’aide plus ou moins conscients, d'états d’âme, de références à divers clips coup de cœur. Après trente minutes de lecture de messages personnels, et de renvois à You tube nous avons trouvé cette citation d’Yves Thériault : « Tu n'as peur de rien, tu n'as peur de personne. Sauf de toi-même. C'est la pire de toutes les peurs. » On y trouve même des incitations à réfléchir... Elles se font toutefois trop rares à notre avis… Quelques exemples de «liens partagés» vous permettront de juger par vous-mêmes : 

http://www.neonmag.fr/adultere-internet-facebook-infidelite-appli-117432/#!

http://www.newsring.fr/actualite/1003683-a-quoi-ressemblera-votre-smartphone-dans-100-ans 

http://www.google.fr/intl/fr/landing/nose/

http://makemylemonade.com/

Dis-le-leur… Mais quoi et à qui au juste? Qui visite donc ce mur de post it ? Difficile de se prononcer de manière sûre et précise. On peut toutefois croire que le contenu des mots inscrits intéresse en priorité les jeunes. Ces générations qui communiquent beaucoup. Beaucoup trop selon un collectif de spécialistes de la psychologie en France qui signaient en février dernier un appel à la vigilance face à l’utilisation abusive des écrans (1). Selon un sondage réalisé en octobre 2012 par l'Ifop, 71% des Français pensent que la place prise par les écrans dans la vie quotidienne nuit à la qualité des relations. 69% sont préoccupés par la place prise par les écrans dans la vue de leurs enfants. 59% se sentent dépendants de leurs outils numériques (ordinateurs, Smartphone, tablettes). Pourquoi remplir ces murs de mots personnels et de divers conseils ? Pour se vider le cerveau ? Possible. Pour partager ? Sûrement. Pour se montrer encore un peu plus, comme on le fait déjà avec Facebook ? Aussi. Tout comme l’artiste dessine un graffiti sur le mur de sa ville, l’auteur d’un mot marque de son empreinte personnelle un mur virtuel de partage auprès d’un public plus ou moins attentif… 

Ces murs refléteraient-ils une culture éclatée, une communication entre humains débordés? On aura tendance à partager l’opinion de ces experts français qui reconnaissent que les écrans « facilitent l’accès à la connaissance et multiplient les possibilités d’échanges, d’interactions et de coopérations. » Mais aussi « qu’une prise de conscience est nécessaire. Car l’usage abusif d’écrans induit une hyper sollicitation permanente, source de stress et de fatigue. Il nous prive du temps de repos, de réflexion et de présence au monde indispensables au bien-être et au bien penser. » Bon, il nous reste à trouver le temps d’ajouter les belles idées de Suzuki, Reeves, et des extraits de l’œuvre d’Éric Emmanuel Schmitt. 

(1) Psychologie magazine, Numéro 326, Février 2013, Des écrans à risque, Laurence Folléa et Anne Pichon, pp102-110.

Illustration : capture d'écran du site dis-le leur


Mots-clés: Adolescents Mots Langages médias Internet rien

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