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Infobésité ? Au régime, tout de suite !

Il est facile de se sentir écrasé sous les informations de nos jours. Comment avoir une consommation saine de l'information?

Par Alexandre Roberge , le 07 avril 2013 | Dernière mise à jour de l'article le 08 mai 2013

D'où viennent ces sentiments d'étourdissement et d'épuisement cérébral que nous sommes nombreux à ressentir en fin de journée ? Sans doute d'un trop-plein d'information. Nous sommes victimes de l'infobésité ! 

Une alimentation trop riche en informations


Comme le rappelait médiaculture en décembre 2012, les Français passent plus de 4 heures par jour en moyenne devant la télé. Ajoutez-y les 33 minutes en moyenne passées sur Internet et les jeux électroniques et nous voici avec plus de 5 heures passées quotidiennement devant un écran. Les jeunes Canadiens, pour leur part, en étaient à 7 heures et 48 minutes en 2011.  Et puis, avec l'avènement des téléphones intelligents, nous sommes constamment branchés aux réseaux qui publient de l'information en continu. En fait, nous avons produit chaque jour en 2010 au niveau mondial 2,5 exaoctets d'informations, c'est-à-dire l'équivalent de toutes les données depuis le début de la culture humaine jusqu'à l'an 2003... Il faut régulièrement inventer de nouveaux mots pour désigner la quantité totale de données produites en un an. En 2011, nous avons produit 1,8 zettaoctet de données, soit 10 puissance 21 octets. 

Comment ne pas crouler sous la fatigue alors que nous sommes assaillis par une telle masse d'informations ? Selon des experts des neurosciences, notre pauvre encéphale n'a pas été préparé à un tel flux de données en si peu de temps. Conséquemment, le cerveau retient moins bien l'information et on ne s'étonnera pas de constater que nous avons des difficultés à raconter un fait d'actualité dans les détails. Même les journalistes, qui sont pourtant des professionnels chevronnés de l'information, finissent par perdre le fil des différentes histoires qu'ils suivent.

Peut-être direz-vous, mais c'est comme ça, on doit s'adapter ou périr : pas question de manquer tous les nouvelles informations qui sont déposées sur la Toile ! Nous oublions un peu vite qu'une part conséquente de cette énorme masse est en fait de la copie... Les dépêches de presse sont reprises telles quelles sur les sites d'information, dont les articles originaux sont repris sur les blogs, à moins que ça ne soit l'inverse... On estime que près de la moitié des contenus publiés sur le web ne sont en fait que la copie... de l'autre moitié. 

À la diète!


Alors, comment faire pour se désintoxiquer de ce régime informationnel qui devient peu à peu toxique? C'est très simple, il suffit de se mettre au régime.

Pour commencer, comme le rappelle l'article de médiaculture, on essaiera d'aller chercher l'information à la source, plutôt que sur les réseaux sociaux qui répètent les mêmes nouvelles ad libitum.  Ensuite, il est important d'organiser ses flux en se servant des outils adéquats (agrégateurs, lecteurs adaptés pour les outils utilisés, etc.). On sélectionnera férocement ses sources, sachant que ce qui est vraiment important finira toujours par nous parvenir. Autre conseil judicieux : accepter de consulter en différé l'information, quand nous sommes dans de bonnes dispositions pour en prendre connaissance. Les plus courageux accepteront de faire des pauses, plus ou moins longues, sans écrans, ni Internet. 

Enfin, "Demain la veille" proposait dernièrement cinq trucs pour un régime d'information plus équilibré. Des conseils de bon sens dans un monde aussi plein d'information que le nôtre :

  1. Remettre chaque semaine son compteur de flux RSS à zéro
  2. Démarrer chaque journée avec une boîte de réception de courriel vide
  3. Chaque semaine, effectuer un vide-grenier des services de lecture ultérieure (ie : jeter ce qu'on devait lire plus tard et qu'on n'a pas lu)
  4. Organiser ses flux Twitter en 3 cercles dynamiques et listes qu'il sera plus facile de consulter
  5. Désactiver les notifications des services comme Facebook, Twitter, Google Mail et autres


Nous craignons de manquer quelque chose d'essentiel et nous déconnectant du flux d'information. À moins que nous n'ayons peur, tout simplement, de nous ennuyer. Mais nous portions-nous si mal lorsque nous étions moins connectés ? En gérant mieux les flux d'information, en distingant l'essentiel du superflu et en acceptant de faire des pauses, nous redonnerons un peu de vigueur à nos cerveaux qui croulent sous les données.

Crédit image: Ilike, shutterstock

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