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Lire au CLAC

Les CLAC, créés et co-financés par l'OIF, sont des espaces irremplaçables dans les villes petites et moyennes des pays francophones du Sud. Découverte

Par Philippe Menkoué , le 16 avril 2013

«La lecture apporte à l’homme plénitude» disait le philosophe anglais Francis Bacon, pour qui un homme n’était que ce qu’il savait. Cependant, l’accès à la lecture, même si elle a un impact essentiel sur l’éducation, le développement social et même l’exercice de la démocratie comme le souligne l’OIF, reste encore assez problématique pour de nombreux jeunes à travers le monde, notamment dans les pays en développement de manière générale et particulièrement dans les milieux ruraux. Un vieux problème qui avait certainement poussé l’OIF à initier en 1986, le programme des Centres de Lecture et d’Animation Culturelle (CLAC en abrégé). Mais, qu’est-ce vraiment qu’un CLAC ? Quel impact peut-il avoir sur le développement de la région dans laquelle il est implanté ?

Concrètement, qu'est-ce qu’un CLAC ?

 

Les CLAC sont d'abord des centrales de lecture publique mises en œuvre par l’OIF. Mais elles ne sont pas que cela.

Ainsi, sur son site Internet, le Programme ETICAO (Expérimentation des Technologies de l'Information dans les Centres de lecture et d'animation culturelle en Afrique de l'Ouest), propose une définition assez simple, présentant un CLAC comme une sorte de « petit centre culturel en milieu rural… un bâtiment abritant une bibliothèque et une salle d’animation, implanté au cœur d’une agglomération rurale de 5000 à 20000 habitants ».  Une idée que vient compléter L’encyclopédie de l’Agora qui, dans un article sur la genèse des CLACs, va plus loin en les présentant comme étant à la fois des « milieux de vie », des espaces qui « sont devenus non seulement des bibliothèques mais de véritables petits centres culturels et sociaux ». Ce sont en même temps des véritables espaces de réflexion, prolongement de l’école pour certains, et cadre d’expression pour d’autres. Car, autant les publics cibles sont variés (élèves, étudiants, enseignants, artistes, journalistes, etc.), autant les intervenants le sont aussi. La fonction primaire d’un CLAC étant pédagogique, la diversité des activités proposées ici, des ateliers thématiques aux jeux de société en passant par des séances de dédicaces d’ouvrages parfois, ne saurait surprendre. De véritable lieux de convivialité et d’expression dont la variété des activités a une influence certaine sur l’évolution de la communauté toute entière.

Un impact considérable sur l’éducation et le développement dans les pays en développement

D’après le romancier italien Umberto Eco, « la fonction essentielle d'une bibliothèque est de favoriser la découverte de livres dont le lecteur ne soupçonnait pas l'existence et qui s'avèrent d'une importance capitale pour lui. ». Capitale pour lui et peut-être également pour le reste de la société. Les CLAC peuvent indéniablement être perçus comme étant de véritables facteurs de développement des communautés dans lesquelles ils sont implantés. Car, « La lecture publique – c’est-à-dire l’accès aux ouvrages, aux journaux et à l’information en général – représente donc un enjeu majeur dans les pays en développement» et « l’accès à l’écrit et la maîtrise de la lecture ont un impact essentiel sur l’éducation, le développement social et l’exercice de la démocratie»,  comme souligne l’OIF dans son rapport d’évaluation des CLACs intitulé Centres de lecture et d’animation culturelle : 20 ans d’expérience dans les pays francophones,publié en 2006.

Cependant, même si cela n’est pas toujours facile à mesurer, tous les indicateurs donnent à croire qu’en facilitant l’accès aux savoirs et donc à l’émancipation des populations rurales à travers leur ouverture sur le monde extérieur, les CLAC, comme le mentionne ce même rapport  ont un impact social et économique décisif sur plusieurs des Objectifs du millénaire pour le développement des Nations unies. Dans des pays comme le Burundi par exemple, 78% des 100 000 visiteurs annuels des CLAC ont moins de 18 ans. Et si l’on s’accorde tous sur le fait que la jeunesse est l’avenir d’une nation, il apparait dès lors très clair que les CLAC constituent des facteurs de développements des régions concernées.

Voyez ici un reportage de la RTBF sur un CLAC au Niger :

 

 

Des initiatives louables certes, mais qui parfois se sont heurtées à des difficultés dans certains pays comme la Côte d’ivoire où pendant les troubles graves qui ont récemment secoué le pays, les livres et les équipements ont été pilés et nombre de CLAC ont dû être fermés. Une situation face à laquelle l’OIF n’a pas tardé à réagir et a envisagé de nouvelles solutions

Le CLAC est donc une bibliothèque, un centre culturel, un lieu de discussion. On suppose que très prochainement, les CLACs deviendront aussi des espaces publics numériques. 

Voir : 

Organisation internationale de la Francophonie. "Dans la lecture publique." Accès le 16 avril 2013. http://www.francophonie.org/-Dans-la-lecture-publique-.html.

Illustration : La salle de lecture du CLAC de Butembo dans le Kivu. OIF.

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