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Le B2i vu par un expert de l'intégration des TIC en éducation

Par Tété Enyon Guemadji-Gbedemah , le 04 avril 2011 | Dernière mise à jour de l'article le 07 novembre 2011

Bruno Devauchelle, que l'on ne présente plus aux lecteurs de Thot, publie sur son blog un billet critique du Brevet informatique et Internet (B2i). La publication de ce billet est intervenue à l'occasion du dixième anniversaire de la mise en place de cette attestation de compétences numériques dans le monde scolaire. Le verdict de l'expert en intégration des technologies de l'information et de la communication (TIC) dans l'enseignement est sans appel. "Le B2i n’a pas atteint son objectif d’acculturation du monde enseignant aux TIC et c'est regrettable" écrit-il.

Un cadre d'application défavorable du B2i

La raison de ce qu'il qualifie d' "échec relatif" est due selon lui au peu d'intérêt accordé au cadre d'action concret des enseignants, le fonctionnement réel et l'organisation des TIC dans les établissements scolaires en l'occurrence. Et de décrire ce cadre qui a compromis l'application du B2i en onze points que nous vous recommandons de lire avec attention.

On apprend que dans certains cas, les enseignants se sont opposés à l'application de la loi sur le B2i. A cause de la méfiance à l'égard des technologies ou par manque d'accompagnement "constructif et prescriptif" de la part des autorités ministérielles. Dans d'autres cas, les responsables scolaires ont fait preuve de laxisme dans l'application de cette loi, délivrant sans discernement ce Brevet en l'absence de toute vérification des compétences acquises réellement par les élèves.

Au-delà du facteur humain, il y a aussi des raisons d'ordre structurel, notamment le manque d'équipements informatiques dans les écoles, du moins leur inadéquation avec le dispositif du B2i. Parfois, on assiste à un détournement de ces équipements à d'autres fins.

L'entrée en scène du socle commun

C'est dans ce contexte peu reluisant qu'a vu le jour en 2005 le socle commun de connaissances et de compétences comme référentiel de "l'ensemble des connaissances, compétences, valeurs et attitudes nécessaires pour réussir sa scolarité, sa vie d'individu et de futur citoyen". Ce référentiel beaucoup plus large que le B2i couvre sept grandes compétences, la quatrième étant la maîtrise des techniques usuelles de l’information et de la communication.

A la question, le socle commun a-t-il dévoré le B2i ? L'auteur ne se prononce mais se contente d'annoncer "le début d’une nouvelle façon d’aborder la place des TIC dans le monde scolaire". Pour Bruno Devauchelle, l'objectif d'une acculturation du monde enseignant aux TIC se réalisera tant bien que mal par la mise en oeuvre de ce socle commun. Il regrette l'approche scolarisante de ce référentiel qui tranche avec celle du B2i qui prenait en compte les réalités sociales des élèves et témoignait ainsi d'une ouverture de l'école sur son environnement.

Finalement le plus grand regret dans la mise en place des référentiels TIC et, plus globalement dans les processus d'intégration des TIC en éducation, est le manque de vision d'ensemble qui caractérise le processus. Lequel est souvent compensé par le bricolage des acteurs. Qu'on ne s'étonne pas dans cette situation que les objectifs soient rarement atteints.

Article original : Le B2i a 10 ans ce 23 novembre, qu'est-il devenu ? - Bruno Devauchelle

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