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Soutenir le jeu !

Le jeu n’est-il pas un des meilleurs moyens d’apprentissage ? En tout cas c’est assurément l’un des premiers utilisés par les enfants.

Par Denys Lamontagne , le 22 avril 2013 | Dernière mise à jour de l'article le 21 mai 2013

Le jeu n’est-il pas un des meilleurs moyens d’apprentissage ? En tout cas c’est assurément l’un des premiers utilisés par les enfants.

La question que s’est posée l’équipe de recherche «Qualité éducative des services de garde et petite enfance» de l’UQAM dirigée par Gilles Cantin, était de trouver comment soutenir le jeu et améliorer les interventions des éducatrices en service de garde en rapport avec le jeu.

Car si on peut proposer des occasions de jeu, il y a bien des nuances à apporter autour de ce qui fait un jeu «intéressant» pour un enfant, et que cet intérêt varie selon les âges et leur niveau de développement.

Un enfant unique qui a déjà 2000 heures de télé dans la tête mais qui n’est jamais allé jouer au parc et ne s’est jamais roulé dans l’herbe avec les bibites, ne réagira assurément pas de la même façon d’un autre qui a trois frères et soeurs aînés, un terrain vague derrière la maison et pas de télé dans le salon.

Un document synthèse pratique

Le document .pdf qu’ils ont produit «Comment soutenir le jeu ?» synthétise l’essentiel des éléments théoriques autour du jeu des enfants et surtout donne des exemples et des scénarios centrés sur l’identification et le soutien à «l’activité maîtresse» des enfants, celle «qui donne lieu à des gains développementaux majeurs».

D'abord on place les éléments de référence; le jeu est :

  • motivé intrinsèquement;
  • contrôlé par les joueurs;
  • non littéral (pas «pour vrai»);
  • libre de règles imposées de l’extérieur;
  • caractérisé par l’engagement actif des joueurs.


Les enfants s’adonnent à différents types de jeux:

  • Jeu d’exercice fonctionnel
  • Jeu d’assemblage
  • Jeu symbolique
  • Jeu de règles


Et montrent différents comportements (les adultes aussi)

  • Ni jeu, ni interaction (observation des autres plus ou moins soutenue)
  • Jeu solitaire
  • Jeu parallèle
  • Jeu collectif
  • Début du jeu compétitif


Observer et étayer le jeu des enfants, c’est se poser la question : Quels types de jeux et quel types d’interactions soutenir?  Car tous les enfants n’ont pas les mêmes besoins ni au même moment. On conçoit très bien que les jeux et les interactions soient différents et graduellement plus complexes à mesure que les enfants grandissent.

Soutenir l'activité maîtresse

Le jeu symbolique (jouer au conducteur, au docteur...)  est souvent offert dans les services de garde et les classes de maternelle, mais s’agit-il vraiment du jeu symbolique mature?  Pourtant, les effets du jeu symbolique mature sont de plus en plus reconnus (habiletés sociales, habiletés émergentes en littératie, en mathématiques, autorégulation...) 

Des travaux font clairement ressortir que sans l'aide de l'adulte ou d’un pair plus âgé, plusieurs enfants ne parviendront pas au niveau de jeu mature.

Dans une expérimentation effectuée en classe maternelle au Québec, une démarche d’étayage du jeu symbolique s’est traduite par :

  • une augmentation significative du nombre de stratégies de résolution de problèmes énoncées;
  • plus de stratégies pro-sociales.


L’étayage est un «processus d’offre et de retrait graduel d’un soutien externe à l’apprentissage.» Pour soutenir le jeu, il faut savoir observer, offrir le soutien requis, mais aussi, penser à les retirer au bon moment.

Et c’est là toute la merveille de cette approche, quand l’animateur même retrouve le réel esprit de jeu et disparaît.

Télécharger  «Comment soutenir le jeu ?»

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