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Le téléphone intelligent, couteau suisse numérique... et pédagogique

Retour d'expérience de classes de SVT qui ont usé avec pertinence d'applications sur des téléphones intelligents

Par Alexandre Roberge , le 22 septembre 2013 | Dernière mise à jour de l'article le 23 octobre 2013

Ce n'est plus un secret, les téléphones cellulaires sont désormais de véritables petits "couteaux suisses numériques" qui peuvent accomplir une bonne partie de nos actions habituellement réalisées sur un ordinateur. 

Depuis quelques années, des pédagogues s'efforcent de trouver des applications pédagogiques à ces appareils. Le problème est que si le potentiel est reconnu, de nombreux acteurs du milieu éducatif craignent encore de les utiliser. Soit ils ne sont pas conscients de tout ce qu'il est possible de faire avec les « smartphones », soit ils ont peur des dérapages. Le dossier de l'académie de Créteil arrive donc à point.

En effet, le célèbre établissement d'enseignement a développé un travail académique mutualisé (TraAM) durant l'année scolaire 2012-2013, année où les téléphones intelligents furent utilisés dans le cadre du cours des sciences de la vie et de la terre (SVT).

Le téléphone à toutes les sauces

À quoi peut servir le téléphone intelligent en classe ? À de multiples choses grâce aux différentes applications disponibles, souvent gratuitement. L'élève peut facilement prendre des notes soit manuellement sur son appareil, soit en photographiant le tableau ou simplement en enregistrant le cours et en le réécoutant quand il lui plaît.

L'élève peut aussi y faire des travaux. Par exemple, dans certains établissements de l'académie de Créteil, les élèves étaient invités à prendre des photos lors de la dissection d'un cœur, à en annoter les différentes parties et à envoyer le résultat à leur professeur.

Les téléphones intelligents ont permis aux élèves de l'académie d'accéder à une foule de ressources pédagogiques sélectionnées par le corps enseignant. Ils faisaient aussi de la veille scientifique afin de discuter avec les professeurs des actualités en lien avec le cours de SVT.

L'appareil devient même une trousse d'outils dans les phases d'expérimentation : on y trouve en effet des applications pour chronométrer les étapes d'une expérience, pour prendre le pouls, pour mesurer la luminosité, pour dénombrer les éléments sur une image, etc. Et avec l'irruption de la réalité augmentée, des objets photographiés peuvent révéler bien plus d'informations qu'il n'y paraît au premier coup d'oeil. D'ailleurs, un établissement scolaire a travaillé avec une application gratuite qui crée facilement des filtres de réalité augmentée.

Les téléphones s'avèrent également utiles aux enseignants, notamment pour accompagner les élèves permettent d'accompagner les élèves dans l'enseignement. Il existe par exemple des applications de coaching. On peut bien sûr concevoir des questionnaires à choix multiples pour tester périodiquement les connaissances des élèves. Les appareils peuvent même, dans certains cas, devenir des télévoteurs qu'il est possible d'utiliser pour ajouter de l'interactivité dans les cours magistraux.

Le problème des disparités

Évidemment, la mise en place de l'usage de téléphones intelligents à l'école n'est pas simple. L'écueil le plus important est la grande disparité d'équipement entre les apprenants. Certains ne possèdent pas de smartphone. Ils doivent donc ne pas être pénalisés face à ceux qui en ont un. De plus, les deux principaux systèmes d'exploitation (IOS et Android) ne bénéficient pas nécessairement des mêmes applications. Il faut aussi tenir compte de l'âge de l'appareil. Une application conçue pour la 5e génération de iPhone ne fonctionne pas nécessairement sur un appareil de version antérieure. 

Enfin, nombre d'enseignants expriment des craintes face à l'usage du téléphone en classe. Après tout, il est très facile d'être déconcentré par les jeux sur l'appareil ou simplement d'avoir des comportements inappropriés avec la caméra, par exemple. Pour éviter ces dérapages, l'académie a établi une charte de bonne conduite. C'était d'ailleurs, selon le corps professoral, une belle occasion d'enseigner aux enfants comment se servir intelligemment d'un ordiphone et de protéger leur identité.

Le compte-rendu de l'académie Créteil va s'étoffer dans les prochains mois, notamment avec l'analyse de l'impact de l'expérimentation, qui permettra de dire s'il faut l'étendre à de nouveaux établissements ou pas. Les premiers échos disponibles depuis l'été 2013 semblent encourageants.

Références :

Nadam, Patrice, Nathalie Lepouder, Vincent Audebert, Anne-Cécile Martin, and David Bosdure. "Dossier : TRAAM MOBILITÉ dans l'académie de Créteil." Académie de Créteil. Dernière mise à jour : Septembre 2013. http://svt.ac-creteil.fr/?TRAAM-MOBILITE-dans-l-academie-de.

Nadam, Patrice. "Augmenter la réalité avec Aurasma." Service web S.V.T. de l'Académie de Créteil. Dernière mise à jour : 12 juin 2013. http://svt.ac-creteil.fr/?aurasma.

Nadam, Patrice. "Utiliser le smartphone des élèves en SVT." Pôle Numérique. Dernière mise à jour : 5 juillet 2013. http://datice.ac-creteil.fr/Une-equipe-d-enseignants-de-SVT-a-participe.

Illustration : Syda Productions, shutterstock

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