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Côté usages de l’enseignement avec les technologies aux Journées GreCO 2005

Par Martine Jaudeau , le 07 juin 2005 | Dernière mise à jour de l'article le 31 décembre 2010

L’Institut d’études politiques de Grenoble accueillaient la 6ème édition des Journées GreCO des jeudi 2 et vendredi 3 juin sur le thème « Enseigner avec les technologies : côté usages ». Avoir l’occasion d’apercevoir le Vercors et d’admirer les montagnes qui entourent la ville laisse deviner que leur relief inspire et invite à la résistance et au dépassement de soi : nous sommes en effet en pays de pionniers des technologies.

Ces deux journées riches d’échanges d’expérience - conférences et débats, ateliers forums, ateliers découverte et galerie des réalisations de projets Tice en Rhônes Alpes - ont rassemblé plus de 300 personnes impliquées de près ou de loin dans l’intégration des technologies éducatives et des systèmes d’information dans l’enseignement supérieur et enclines à ce que «les technologies ne décident pas à leur place» mais plutôt à ce que leurs usages aident à mieux pratiquer et valoriser la pédagogie dans la transmission des connaissances.

C’était la gageure de Pascal Clouaire et de la dynamique équipe du GreCO, organisatrice de la conférence au sein de Grenoble Universités, que de provoquer les discussions pour favoriser et encourager la participation de tous les acteurs de la communauté éducative à l’intégration réussie des Tice dans leurs pratiques enseignantes et administratives.

Les nombreuses conférences d’experts en la matière ont contribué ainsi à mieux définir «les jeux et les enjeux» dans l’enseignement supérieur du côté des usages. Celles-ci permettaient de mieux comprendre les changements de paradigmes et les approches intéressantes d’un domaine lié au durable, à l’économie, la sociologie et l’organisation; le passage d’un modèle transmissif à un modèle appropriatif, de la linéarité à la modularité, d’une approche mécanique à une approche électronique, du discours magistral au dialogue, pour aboutir à la personnalisation.

Ainsi l’approche communicationnelle est attentive à l’innovation pédagogique et au changement durable. Elle relègue la technologie au rang d’outil et non pas de moteur. Elle insiste sur les relations production / consommation et émission / réception et souligne les usages sociaux. Les enjeux se situent alors en rapport avec de nouvelles normes et compétences, la formation aux nouveaux médias, la médiatisation de la communication, le recours à d’autres façons de penser et l’accompagnement au changement.

Également, les avantages des logiciels libres en éducation pointent vers la reprise de contrôle sur la technologie par la liberté d’utiliser, d’étudier, d’adapter et de distribuer les solutions logicielles ouvertes dans une optique de meilleur acccès au réseau, de formation, de culture de partage et de philosophie citoyenne. Et l’économie, pour preuve les 70 pour cent de parts du marché des serveurs ouverts Apache... acquis sans aucune publicité.

Les théories parfois complexes étaient heureusement ponctuées de dessins humoristiques inspirés des propos et d’une intéressante fiction sur la journée type d’un utilisateur «technico-maniaco-dépressif» de services proactifs mobiles. Un cocktail des problèmes possibles destiné à faire avancer la conception assistée par l’usage qui n’a pas manqué de provoquer réactions et débats.

Sur le terrain et côté des ateliers, nous aurons l’occasion d’en reparler, le tableau était plutôt sombre au niveau reconnaissance et postes pourvus, cahier de doléances sans appel contre un système éducatif français centralisé à l’extrême où les seuls postes Tic existants sont précaires et mal reconnus par les autres. Les professeurs sont en fait promus pour leurs publications de recherche mais certainement pas pour leur pédagogie ou leur potentiel d’innovation. Alors certains résistent au changement. Ils ont tout à perdre : leur statut, leurs privilèges et leur lourde charge; et ils ont tout à gagner : plus de plaisir, de liberté, d’intérêt et des rapports plus riches avec leurs étudiants.

La galerie des projets Tice en Rhônes-Alpes donnait à voir une cinquantaine de réalisations et leurs animateurs. Ambiance chaleureuse et bavarde où les idées porteuses s’appliquaient à la réalité des enseignements et des activités universitaires : mieux accompagner les étudiants et enseignants en pratique, prévenir l’échec aux études, préparer aux ajustements de l’apprentissage, du Bureau Virtuel et de l’Espace Numérique de Travail.

Des obstacles restent à dépasser pour relier la stratégie d’ensemble à l’appropriation des technologies éducatives sur le terrain. Ce sont les personnes actives, impliquées, ouvertes et communicatives qui font avancer la progression des Tice, par conviction et passion et sans la moindre reconnaissance institutionnelle. Il devient donc indispensable que les responsables de l’éducation des ministères et administrations reconnaissent ce travail et ces contributions dans les tâches officielles des professeurs dans le supérieur comme dans le primaire et le secondaire, en France et ailleurs.

Les Journées GreCO 2005

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