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Surveiller ou faire confiance ?

Options techniques pour renforcer la surveillance pendant les évaluations à distance. Et la confiance, dans tout ça ?

Par Francine Clément , le 08 octobre 2013 | Dernière mise à jour de l'article le 06 novembre 2013

Copyright Sergey Nivens Via Shutterstock

En octobre 2012, le journaliste en éducation Sean Coughlan a publié l’article How do you stop online students cheating?  sur le site de la BBC News. Il y mentionne le problème grandissant que pose l’évaluation des étudiants dans le domaine de la formation en ligne en pleine expansion. Comment s’assurer que l’étudiant de l’autre bout du monde ne triche pas et que les certifications accordées au terme de formations suivies sur le web aient une véritable valeur ?

L’auteur donne une série de moyens que pourront prendre les maisons d’enseignement afin de prévenir la fraude au terme de ces formations en ligne toujours plus nombreuses et plus populaires.

Une façon de faire, mentionnée par le professeur Peter Taylor de l’Open University, serait, à l’aide d’un logiciel dédié à cette fin,  de verrouiller à distance l’ordinateur de l’étudiant,  de manière à ce que celui-ci ne puisse pas utiliser d’autre matériel que l’examen lui-même pendant la période allouée à l’évaluation. Couplée à une surveillance par webcam, pour éviter la consultation sur d’autres supports, cette méthode pourrait remplacer de façon efficace la passation d’examen dans une vraie salle surveillée.

Une deuxième solution technologique permet de s’assurer que c’est bien l’étudiant inscrit qui répond aux questions à distance, et non pas un « complice ».  En effet, il existe un outil numérique qui permet d'analyser la technique de frappe au clavier pour chaque individu, notamment les particularités du rythme lorsqu’il entre des données. Cette façon unique de taper représenterait la signature de l’étudiant inscrit au cours en ligne et permettrait de le reconnaître (tout comme cet autre outil biométrique qui, lui, permet de reconnaître un individu par ses iris). Le professeur Taylor, dont les propos sont repris dans l’article de Coughlan, croit que ces méthodes de surveillance et de reconnaissance à distance pourraient être en vigueur à court terme.

Sur la plateforme edX, les étudiants inscrits aux formations en ligne passeraient plutôt leurs examens en ligne sur le site web de l'organisme, mais avec une supervision plus traditionnelle dans un réseau international de salles réelles. En outre, les questions d’examen créées et combinées de manière aléatoire permettraient de faire passer des tests différents à des milliers d’étudiants à différents moments et à différents endroits dans le monde, réduisant ainsi les possibilités de fuites.  Selon le professeur Agarwal, d’edX, dont les propos sont également rapportés par le journaliste sur le site de la BBC News, la rapidité de la rétroaction lors de la passation d’examens en ligne, un élément très apprécié par les étudiants, limite cependant les sujets qui peuvent être évalués par le biais du web : a computer is going to struggle to mark an essay on irony. Un logiciel de correction ne peut pas être aussi subtil et intelligent qu’un évaluateur humain, à tout le moins dans l’état actuel des choses.

Les inscriptions de milliers d’étudiants aux formations en ligne posent le problème de l’évaluation de masse, dit Daphne Koller, cofondatrice de Coursera, citée dans l’article de Coughlan.  La rétroaction humaine est essentielle pour évaluer la qualité d’une réponse. L’évaluation par les pairs est une solution possible, mais soulève, par ailleurs, la question de la fiabilité des étudiants qui évaluent.

Une autre solution, low tech celle-là, s’offre aux institutions d’enseignement : il s’agit de se doter d’un code d’éthique clair en matière d’évaluation, endossé par les étudiants ; il semble que cette façon de faire contribuerait à diminuer les taux de tricherie là où elle est appliquée.

Denny Carter a aussi écrit, en août 2013, sur les possibilités de solutions pour enrayer la triche en ce qui a trait aux évaluations des formations en ligne. Son article est publié sur eCampus News (Technology News for Today’s Higeher-Ed Learner) et s’intitule Top 3 solutions to cheating in online education. Le keystroke monitoring software, décrit plus haut, y est mentionné mais on précise ici qu’il deviendrait plus efficace en y couplant la stylométrie, c'est-à-dire l’authentification d’un auteur par son style linguistique. Cette technique permettrait d’éviter que, par exemple, un étudiant tape ce qu’une autre personne lui dicte, ce qui déjouerait assez facilement le logiciel de surveillance par la touche au clavier.

Carter souligne lui aussi la possibilité de multiplier le contenu et la forme d’un même examen, mais un lecteur fait remarquer, dans la zone des commentaires, que cette méthode n’empêcherait pas un tricheur de chercher des réponses, sur Google par exemple, pour chacune des questions individuelles. Le commentateur fait plutôt la suggestion de faire de la prévention en rappelant aux étudiants l’importance de l’intégrité et de l’accomplissement personnel dans la réussite d’un cours.

Ressources 

Sean Coughlan How do you stop online students cheating? BBC News http://www.bbc.co.uk/news/business-19661899 [consulté le 7 octobre 2013]

Denny Carter Top 3 solutions to cheating in online education, eCampus News (Technology News for Today’s Higher-Ed Learner) : http://www.ecampusnews.com/technologies/solutions-cheating-online-001/ [consulté le 7 octobre 2013]

Image d'en-tête : copyright Sergey Nivens via Shutterstock

 


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