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Favoriser l'éclosion des consciences et de la créativité

Sir Ken Robinson très en forme nous apprend comment échapper à la vallée de la mort de l'éducation

Par Om El Khir Missaoui , le 12 novembre 2013

Le décrochage scolaire est le signe évident de l'échec d'un système d'enseignement. Les raisons invoquées sont toutes plus plausibles les unes que les autres mais la faute ne peut en être imputée aux apprenants. L'image même du cancre a été magnifiée par Prévert car l'enfant porte sans conteste en lui-même les graines de son génie que le milieu conformiste de l'école étouffe. La dernière intervention de Sir Ken Robinson aux conférences TED, qui s'intitule "Comment "échapper à la vallée de la mort de l'éducation", développe l'image de la graine enfouie sous une terre aride et qui n'attend que la pluie pour revivre et germer en couleurs, tel l'esprit d'un enfant que la curiosité nourricière bien accompagnée et sauvegardée amène à l'épanousissement personnel.


Les enfants ne souffrent que de leur enfance...

Le conférencier part d'un constat : le décrochage scolaire qui s'élève dans certains endroits des Etats-Unis à 60, voire 80%, ne serait pas du à un manque d'investissements ou de tentatives de récupération mais à l'absence de choix favorisant la motivation et l'implication des enseignants et des apprenants. La réflexion du conférencier se développe sur 3 axes :

1. La primauté du principe de conformité dans nos systèmes éducatifs malgré la diversité originelle de tout être humain qui doit naturellement être respectée au lieu d'être coulée dans les moules préfabriqués de la standardisation de l'éducation. De plus, les disciplines scientifiques sont l'enseigne de la bonne éducation et cette omniprésence relègue aux derniers rangs les arts, les sciences humaines et l'éducation physique. Et l'on s'étonne après ça que les enfants soient atteints de troubles de l'attention (TDHA). Disons plutôt qu'ils souffrent de leur enfance dont les multiples dimensions sont étouffées au profit du "scolairement correct".

2. Le dédain de la curiosité qui pousse à l'investigation et l'action sans préjuger du résultat, l'essentiel étant de garder l'esprit éveillé. L'enseignement est un métier créatif par essence. Or par excès de méthodologies et de consignes, conçues plutôt par les idéologues de l'éducation que par les praticiens, on en arrive à focaliser sur le résultat, à savoir l'évaluation  et non sur le processus de l'apprentissage, au risque d'endormir ou étouffer la créativité. En lieu et place de curiosité, on a la culture de la conformité. 

3. La privation du libre arbitre qui consiste, comme il le faudrait pour l'éclosion des consciences, à opérer des choix et les assumer au lieu d'agir en mouton de Panurge. Souvent, dans les actions de remédiation pour repêcher les apprenants défaillants, on imagine des alternatives qui privilégient l'individualisation et l'accompagnement pesonnalisé et c'est justement ces alternatives ou les démarches qui les inspirent qui devraient être généralisées car elles émanent des besoins mêmes des apprenants.

Au vu du nombre de commentaires (501) au sujet de la conférence, on comprend aisément que le thème est d'actualité et prête aussi à controverse car il nous interpelle en tant qu'éducateurs au niveau systémique et à tout autre niveau dans les établissements scolaires. Sommes-nous en train de faire éclore ou d'étouffer l'intelligence de nos enfants?

Retrouvez la conférence de Ken Robinson sous-titrée en français ici : 

 

 

"Ken Robinson: How to escape education's death valley | Video on TED.com." TED: Ideas worth spreading. n.d. Avril 2013. http://www.ted.com/talks/ken_robinson_how_to_escape_education_s_death_valley.html?embed=true.

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