Articles

Sage comme une image d'Epinal

Musée et Imagerie populaire, ou lorsque le banal se transforme en patrimoine

Par Francine Clément , le 17 décembre 2013 | Dernière mise à jour de l'article le 05 février 2014

Planche à Découper D'après Le Petit Chaperon Rouge (détail) Bibliothèque Nationale De France, Estampes Et Photographie (Tc Mat 2 Contes Folio 3) © Bibliothèque Nationale De France

Lieux communs, gravures bon marché, figures au style stéréotypé et naïf, estampes aux sujets populaires, ce sont les images d'Épinal, décrites dans un article du blog de Gallica, la bibliothèque numérique de la BnF dont l'une des belles expositions virtuelles sur les contes de fées comporte d'ailleurs une section sur l'illustration populaire (choisir l'onglet approprié dans le menu de gauche). On y donne des explications accompagnées de quelques images d'Épinal en rapport avec le conte, suivies de pistes pédagogiques sous forme de questions. On y retrouve, en bref, l'histoire de l'imagerie populaire et de ses techniques et on peut y visionner en détails quelques reproductions numérisées (qu'on invite à partager sur les réseaux sociaux), des gravures sur bois et des lithographies -plus récentes- de l'Imagerie fondée par Pellerin à la fin du XVIIIe siècle.

Dernière imagerie de France

Cette ville d'Épinal associée à l'imagerie populaire se situe près de Nancy, dans les Vosges. L'Imagerie Pellerin (d'Épinal), la dernière de France, y a été fondée. C'est maintenant un écomusée où on peut se renseigner sur les anciennes techniques de production d'images lors de visites guidées et où l'on peut toujours se procurer les images, anciennes ou contemporaines, qu'on y reproduit encore aujourd'hui. On peut visionner une courte vidéo de présentation de L'Imagerie d'Épinal (ci-contre) sur Dailymotion et voir en visite virtuelle (un diaporama) les salles de l'imagerie sur le site web de l'organisation. Le Musée de l'image, consacré à l'image d'Épinal, se trouve dans la même Cité de l'image que l'Imagerie Pellerin. Ce musée, qui fête ses 10 ans en 2013, conserve un fonds de 110 000 images dans la volonté permanente et intelligente de confronter images traditionnelles et œuvres contemporaines. Un document illustré relate sa jeune histoire avec humour et invention.

Musée de l'image

Les ressources en ligne de ce Musée de l'image sont nombreuses. Il faut apprivoiser la navigation un peu laborieuse par endroits et ne pas se fier à l'apparence low tech et modeste du site web, au graphisme très soigné par ailleurs, métier oblige. Le contenu y est abondant. On présente notamment la vie des collections, les dernières acquisitions, la numérisation des oeuvres, etc. Il y a un accès à plus de 2000 notices documentaires et images de la banque de données où on peut effectuer des recherches simples et multicritères ou suivre des "Parcours choisis" comme les Degrés des âges ou Querelle de ménage. Fait très intéressant, on peut passer les images numériques à la loupe virtuelle et en découvrir ainsi tous les menus détails.  

Le site donne accès aux expositions passées : visites virtuelles en textes et en images, par exemple, et pour rester de saison,  Les Neiges, Jours de fête et la contemporaine Cher Papa Noël.  Quant à Mythiques Amériques, aux images éloquentes, on y décortique la construction d'un stéréotype. La visite-souvenir de l'exposition "Les rois et les reines" comporte un texte d'introduction et de très nombreuses photographies des oeuvres et des salles d'exposition. On arrive à lire certaines des informations apposées sur les murs des salles. Les textes d'informations et les images des expositions où les artistes s'inspirent des images d'Épinal pour créer une conversation avec l'art contemporain sont également archivés sur le site web, disponibles à l'onglet Expositions/Hors les murs.

Il y a des conférences audio et une dizaine de courtes vidéos sur des thèmes particuliers comme les représentations de pantins, d'animaux étranges,  etc. Les Fiches en+ sont des dossiers bien étoffés autour des expositions (celui sur l'expo Les Neiges fait plus de 30 pages) qui comportent, outre des activités de préparation à la visite, des propositions d'activités pédagogiques, des textes de mise en contexte, sur la lecture d'images, etc. D'abord destinés à la visite in situ, on pourra certainement les réutiliser dans d'autres contextes.

Sources

Images d'Épinal, article de Muriel Amar sur Gallica, le blog (BnF) : http://blog.bnf.fr/gallica/index.php/2011/10/18/les-images-depinal/ [consulté le 16 décembre 2014]

Il était une fois... Les contes de fées (Illustration populaire), BnF : http://expositions.bnf.fr/contes/pedago/illustra/index.htm

Imagerie Pellerin d'Épinal : http://www.imagerie-epinal.com [consulté le 16 décembre 2014]

Musée de l'image :  http://www.museedelimage.fr/ [consulté le 16 décembre 2014]

Image d'en-tête : Planche à découper d'après le Petit Chaperon rouge (détail) Bibliothèque nationale de France, Estampes et photographie (Tc Mat 2 Contes folio 3) © Bibliothèque nationale de France

Image dans le corps du texte : Captures d'écran des sites web de l'Imagerie et du Musée de l'image d'Épinal

Avez-vous apprécié cette page?

Voir plus d'articles de cet auteur

Accédez à des services exclusifs gratuitement

Inscrivez-vous et recevez des infolettres sur :

De plus, indexez vos ressources préférées dans vos propres dossiers et retrouvez votre historique de consultation.

M’abonner
Je suis déja abonné