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L’Unesco suggère vivement la formation à distance à l’université (octobre 2000)

Par Louis-Martin Essono , le 13 octobre 2000 | Dernière mise à jour de l'article le 06 décembre 2017

Le rapport Sanyal, ainsi qu’on appelle, au Cameroun, le document rédigé par le directeur de IIPE (Institut International de Planification de l’Éducation), résume les grands problèmes recensés et les termes possibles de leurs solutions. Ce document conclut qu’un enseignement supérieur à distance est souhaitable au Cameroun.

Ce souhait s’appuie sur deux raisons fondamentales qu’expose ainsi le rapport :

  • contribuer à la formation des personnes déjà engagées dans la vie active mais qui souhaitent acquérir des niveaux de qualification supérieurs,
  • répondre aux demandes des jeunes, isolés ou obligés de travailler, ou qui n’ont donc pu accéder aux formations universitaires de leur choix.


Un type particulier d’enseignement à distance?

Le rapport signale, entre autres raisons, le faible nombre d’enseignants, notamment, qui, dans des matières nécessairement spécialisées, conduit à envisager la démultiplication de leurs enseignements au profit d’autres publics que ceux de leur propre université.

Il s’agit donc là véritablement d’un enseignement à distance présenciel par opposition au précédent où l’enseignement à distance n’est pas présenciel mis à part quelques périodes de regroupement pédagogique et d’examen.

Les raisons d’un tel enseignement sont donc multiples. Elles conjuguent par ailleurs les contraintes de l’EAD traditionnel, qui vise à atteindre le plus grand nombre possible d’étudiants en dehors des universités, avec celles d’un EAD d’un autre genre. Ainsi, il est urgent d’optimiser l’usage des ressources universitaires disponibles pour augmenter la variété des services rendus sur les sites universitaires.

Les incontournables difficultés

Évaluant la FAD à l’Université de Dschang (que nous avons déjà présentée dans Thot), le rapport relève une série de difficultés : le système lent et coûteux du courrier, l’organisation imprévisible des regroupements, le faible taux de participation des femmes et les mauvais rendements économiques, l’insuffisance des honoraires accordés aux formateurs. On y soulève aussi le refus des apprenants dans les facultés de type traditionnel et leur rejet par d’éventuels employeurs.

Les experts préviennent que le problème n’est pas d’affirmer la nécessité de l’existence d’un enseignement à distance, mais de le construire au vu des difficultés aujourd’hui rencontrées par cette expérience.

On est heureux de constater que certaines des suggestions de ce rapport aient été pris en considération. Ainsi, la création à Yaoundé d’un Centre Universitaire des Nouvelles Technologies, le recrutement de plus de 500 nouveaux enseignants dans les universités d’État, l’uniformisation des programmes universitaires et la mise en ligne des bibliothèques.

Il est regrettable que le rapport n’ait pas explicitement demandé au Gouvernement camerounais de procéder à la formation des formateurs, de prévoir les infrastructures devant servir à la mise en oeuvre de l’EAD, et la reconnaissance explicite de ce mode d’enseignement salvateur mais qu’on tarde pourtant à implanter.

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