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Formation professionnelle des professeurs : facile à améliorer

De la formation mieux ciblée, plus indivudualisée et participative

Par Denys Lamontagne , le 28 février 2014 | Dernière mise à jour de l'article le 02 avril 2014

Où en sommes-nous ?

Dans plusieurs milieux éducatifs la formation professionnelle des professeurs s’apparente à un certain nombre d’heures qu’il faut occuper au cours de l’année et auxquelles ceux-ci sont tenus d’assister.  

Les formations sont déterminées suite à des consultations sommaires, des urgences identifiées, en réponse à l’implantation de nouveaux programmes ou technologies ou simplement à partir d’offres de fournisseurs externes correspondant au budget disponible. La plupart du temps il s’agit d’une formation commune à tous, donnée par une formateur que personne ne reverra par la suite et dont l’intervention ne sera pas répétée ou poursuivie.

Entre ce que les professeurs veulent et ce que les responsables administratifs pensent qu’ils veulent, le fossé est souvent immense. Avec un taux de satisfaction dérisoire, certaines administrations se posent des questions.
Bien des formations professionnelles sont un gaspillage de fonds et d’énergies.  La bonne nouvelle est que ce n’est pas difficile à améliorer.

Voici 8 points qu’il est facile d’améliorer

1- Définir clairement la vision et l’articuler

La première étape consiste généralement à demander anonymement aux professeurs ce qu’ils pensent de la formation professionnelle qui leur est offerte.  À partir de là, il conviendra à l’administration de préciser :

  • Ce qu'elle aimerait voir de ses professeurs;
  • Comment elle voit le programme de formation professionnel dans 3 ans, dans 5 ans;
  • Quelles sont les étapes vers ce but;
  • De s’assurer que les professeurs connaissent ces étapes;
  • Que les professeurs enrichissent cette vision.


2- Donner soi-même l’exemple d’une formation professionnelle

Affirmer «Voici ce que vous avez besoin de faire» n’est pas efficace.  Essayez plutôt «Voici ce que j’apprends, voici comment je change». Vous aussi vous suivez des formations. Partagez votre propre apprentissage et aussi vos erreurs.  Non seulement ça humanise et encourage, mais en étant transparent, vous stimulez une culture de l’apprentissage.

3- Reconnaître les enseignants comme des apprenants

Tous les enseignants ne sont pas au même niveau et n’ont pas les mêmes compétences ni les mêmes intérêts. Une formation unique pour tout le monde est aussi peu efficace qu’elle l’est pour les étudiants.

4- Équilibrer la différentiation avec les besoins d’uniformisation

Quand tout est différentié, il n’y a plus de vision commune. Quand des initiatives régionales ou nationales sont implantées, une certaine uniformisation est quand même nécessaire. Le compromis est nécessaire des deux cotés : administration et professeurs.

5- Utiliser la rétroaction des professeurs

Nous faisons confiance aux professeurs pour modeler la vie et les esprits des jeunes, mais on ne les considère pas assez pour leur demander ce qu’ils pensent.  Demander une rétroaction aux professeurs et, de là, agir en partant de leurs besoins et idées démontre vous les considérez en tant que professionnels. La meilleure information proviendra des professeurs, pas des consultants externes.

6- Favoriser l’initiative des professeurs et encourager le personnel à concevoir leur propre apprentissage

Quels sujets, comment ce serait abordé, quel horaire, sont tous des éléments que les professeurs peuvent suggérer. Ainsi on peut se sortir d’une culture «d’heures de présence» et passer à une formation plus participative, mieux adaptée aux besoins de chacun. Un jeune professeur n’a certainement pas les mêmes besoins qu’un autre avec 20 ans d'expérience d’enseignement. Si vous faites confiance aux professeurs, ça paraîtra.

7- Passer d’un contrôle par «heures de formation» à celui par «résultats de formation»

Si ce sont les heures qui comptent, l’apprentissage sera secondaire. Si au contraire la question est «Où en es-tu dans ton parcours de formation ?» l’attitude sera immédiatement différente.

8- Connecter le personnel

Faire en sorte que le temps passé sur les groupes professionnels de l’institution ou d’ailleurs sur Twitter, Facebook ou sur les réseaux personnels d’apprentissage et autres, soit considéré comme du temps de formation professionnelle.  Une heure de chat Twitter ou sur une application Google ?  Pourquoi pas ?  L'acconpagnement et l'expérimentation sont nécessaires au départ, mais l'effort rapporte assez rapidement.

On cherche à passer de «J’ai assisté et j’ai complété tant d’heures» à «Voici ce que j’ai appris et comment ça a transformé mon enseignement».

Suggestions


Source :

8 incredibly easy steps to a professional development makeover - Meris Stansbury - eSchool News - Janvier 2014
http://www.eschoolnews.com/2014/01/22/schooll-professional-development-543/2/

Image : Business Training Monkik - Shutterstock

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