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TIC et FAD en Afrique : l’apport des Nations Unies

Par Louis-Martin Essono , le 03 août 2001 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

Tic en Afrique : le rôle des bailleurs

Voici deux semaines, Thot livrait une réflexion courte sur l’évolution et l’évaluation de projets et d’actions sur l’enseignement à distance à la suite de la nomination de deux Africains à la tête de l’ ADEA, l’Association pour le Développement de l’Éducation en Afrique. Au sein de cette association avait vu le jour un groupe de travail exclusivement réservé au développement de la formation à distance et financé par la Banque Mondiale. L’ Unesco, à travers des programmes divers, contribue elle aussi, au développement de l’enseignement à distance par les TIC. La rencontre qu’elle prépare pour septembre, à Genève, y est totalement consacrée.

Depuis une dizaine d’années, le Pnud opère, en Afrique, une véritable razzia pour y installer les points cisco et les points de rencontre dans lesquels l’utilisation des NTIC et/ou de l’Internet s’offre à des coûts modiques. AIF, pour sa part, participe à la réorganisation, dans les institutions de formation à distance (les ENS, les Instituts pédagogiques, les centres nationaux ou régionaux d’alphabétisation, etc.) des dispositifs pour la mise en réseau de ces établissements. En 1998, l’Institut francophone des nouvelles technologies de l’information et de la formation intif a pu ainsi doter Yaoundé, Niamey, Bamako, Dakar, etc. de postes d’accès à l’Internet pour aider ces établissements dans leurs missions de formation en EAD. Sont également apparus des programmes PAJE animés à l’ intif et dirigés auprès des jeunes de nombreuses villes africaines.

Les Nations Unies s’en mêlent

L’année dernière, sur l’initiative de Koffi Anan, le Secrétaire Général de l’ Onu, une cellule chargée des Tic a été créée pour renforcer et coordonner la coopération internationale pour le développement des Tic. Sous l’ombrelle du Conseil Economique et Social, l’ ecosoc , cette cellule, qui s’est réunie en mars dernier, redonne espoir à l’humanité et à l’Afrique entière pour réduire -on l’espère- la pauvreté et assoir l’éducation de base. C’est du moins l’une des missions contenues dans le rapportE/2001/7 qui détermine les orientations et définit les objectifs de Koffi Anan.

Il s’agira d’oeuvrer en sorte que l’éducation de base devienne la priorité à travers des actions concrètes dont, justement, l’intégration effective des NTIC dans les programmes de développement. En s’organisant pour conduire ces actions, l’ ecosoc, qui a élu le Camerounais Martin Belinga Eboutou comme président, s’est réuni en juillet dernier pour analyser

le rôle du système des Nations Unies en ce qui concerne l’appui aux efforts des pays africains pour parvenir au développement durable.

Une fleur et un défi supplémentaires à l’Afrique

Après l’Adea, voici maintenant l’ Onu qui convoque, à de hautes charges, un autre Africain pour gérer le sort de l’humanité et de l’Afrique. Son défi est de

donner aux quatre milliards d’êtres humains qui en sont exclus, la possibilité de participer à la révolution de l’information et d’en tirer profit.

Ces exclus sont précisément les analphabètes. Dépourvus d’instruction et de livres ; d’esprit critique et de toute idée de globalisation ; d’électricité, d’eau, de téléphone et du minimum pour (sur)vivre. Ces exclus vivent aux fins fonds des villages, loin des villes et de la vue des experts qui séjournent dans les grands hôtels et qui roulent dans des voitures luxueuses, ou qui ignorent les très longues et pénibles distances à parcourir entre deux cantons ou deux écoles, au moyen de routes impraticables en saisons de pluie et en saisons sèches. Ces exclus sont les plus nombreux de nos concitoyens. L’éducation qu’ils attendent des nations Unies se perçoit non plus comme un droit qui aurait été le leur, mais comme une faveur que le silence de l’ignorance clame et réclame.

La réduction de

leur

pauvreté passe par la massification de l’éducation et de l’enseignement. A moindre coût, donc par la formation à distance. Sous toutes ses formes : la radio de proximité ou la radio rurale, l’utilisations des langues dans les documents d’apprentissage, par la correspondance et l’imprimé, les NTIC qui les fascineront en 2015 peut-être. Cette formation à distance dont on loue partout les mérites, en Afrique est comme une mode . Mais que l’on ignore superbement. C’est elle que le Président nouvellement élu devra aussi utiliser pour permettre aux enfants et aux adultes exclus du vrai monde de lire. De juger et d’analyser. De choisir. De participer à leur (propre) liberté.

Les Nations Unies se sont lancé un heureux et dangereux défi. Trop ambitieux et altruiste. Gare à l’échec. Il sera impardonnable.

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