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L'impact des tablettes et smartphones sur notre santé

Ténosynovite De Quervain... c'est grave docteur ?

Par Élodie Lestonat , le 20 avril 2013 | Dernière mise à jour de l'article le 22 avril 2014

Le dictionnaire médical va-t-il accueillir une nouvelle terminologie pour désigner les douleurs liées à un usage immodéré des smartphones et des tablettes ?

Les Anglais ont déjà trouvé un nom spécifique pour les douleurs de cou liées aux textos à savoir "text neck » et pour celles du pouce nées de la rédaction forcenée de massages, celui de "text thumb injury". Faut-il en rire, s’en préoccuper ou continuer à développer l'usage des teminaux mobiles comme si de rien n'était ?

 La tablette, acteur de santé publique ?

Les hôpitaux s’équipent massivement de tablettes et d’applications. Les équipes médicales les ont d’ores et déjà intégrés dans leurs pratiques : mise à jour des dossiers des patients, autorisations de signature des soins, ordonnance et posologie des médicaments,….

Ce qui est innovant, ce n’est pas tant l’usage des tablettes à des fins de suivi thérapeutique mais bien leur intégration dans le processus de soins. Ainsi l’utilisation de cet objet est un nouveau moyen d’agir sur la douleur, de la stabiliser voire de la réduire et par conséquent de limiter les doses de sédatifs. Destinée à un public d’enfants, la tablette réduit favorablement les situations de stress puisqu’elle favorise les connexions avec les proches et avec l’école. L’unité enfants malades de l’hôpital Necker de Paris  et l’hôpital mère-enfant de Lyon (France) s’en sont déjà pourvues. Nous vous conseillons de découvrir en vidéo comment la tablette participe au processus opératoire, lors d’intervention chirurgicale à l’hôpital de Lyon.

Il existe d’autres avantages offerts par les terminaux mobiles, notamment auprès des enfants autistes qui trouvent plus facilement leurs repères dans l’environnement intuitif de la tablette. Mais les enfants ne sont pas les seuls à profiter des innovations technologiques de la tablette. Ainsi, les personnes âgées souffrant de troubles visuels et les mal voyants pourraient trouver dans cet outil un moyen de renouer avec une lecture prolongée.

Au-delà de ces usages médicaux, on ne peut éluder le fait que ces supports numériques mobiles affectent notre santé et ont des répercutions problématiques sur notre corps.

 Ce que le corps nous dit !

Torticolis, tendinites, douleurs au cou et aux épaule, inflammations des articulations de la main, mal de dos, troubles visuels, maux de tête, … sont les pathologies les plus visibles et fréquentes. Ces troubles sont appelés TMS ou troubles musculo-squelettiques et se répandent à la vitesse d’une épidémie en France. Leur impact financier en terme de journée de travail, perdues pour causes de maladie professionnelle, est tel (9,7 millions de journées de travail perdues en 2010) qu’études et campagne de prévention devraient se multiplier pour modifier nos mauvaises habitudes.

 L’utilisation abusive des teminaux mobiles, cause n°1 des pathologies.

5 heures devant un ordinateur, 3 heures une tablette ou même 2 heures sur un smartphone : tout ceci n’est pas souhaitable pour notre corps. Pourquoi ? Plusieurs études en France (ANSES - Agence Nationale de sécurité Sanitaire) et aux USA démontrent que le rayonnement émis par les LED qui sont utilisées pour le rétro éclairage des tablettes agit de façon significative sur notre production de mélatonine (appelée communément hormone du sommeil) et provoque des troubles du sommeil. Une autre étude menée par Jack Dennerlein, chirurgien orthopédique et spécialiste en santé publique à Harvard (USA) indique que la position qu’implique l’usage de la tablette ne peut que provoquer des douleurs au cou et aux épaules.

Tim Hutchful, de l’Association britannique des chiropracteurs, indique que « le poids moyen de la tête est de 4,5 à 5,5 kg. Dans la posture idéale, où on peut tracer une ligne droite entre l'oreille, l'épaule, la hanche, le genou et la cheville, ce poids est réparti sur l'ensemble du corps. Mais lorsque nous regardons un écran, notre tête se désaxe vers l'avant et "nous ressentons son poids jusqu'à quatre fois plus que ce qu'il est réellement".

 Changer, oui... Mais comment ?

L’environnement de travail, l’hyper connectivité, les addictions aux smartphones rendent difficiles un changement radical de nos pratiques sauf à limiter l’usage intempestif des terminaux mobiles.

Si moins de 40 minutes de smartphone (recommandé par Tim Hutchful) sont intenables dans le contexte actuel tant professionnel que privé, faire des pauses et tenter d’aligner la tête sur les épaules le plus souvent possible semblent envisageables.

Emmanuelle Rivoal, ostéopathe, conseille « de porter le regard au loin à intervalles réguliers, de bailler, ce qui relâche les muscles, de s'étirer comme un chat. "De cette manière, on fait un 'reset' des cellules, qui retrouvent leur vigilance", explique-t-elle. "Sinon les capteurs de vigilance s'endorment et les muscles commencent à se crisper".

Des habitudes toutes simples à redécouvrir rapidement pour votre plus grand bien.

Illustration : Yeko Photo Studio, Shutterstock.com

Références

LExpansion.com. "La "maladie du texto" fait de plus en plus de victimes - L'Express avec L'Expansion." Date de publication 21 novembre 2011. http://lexpansion.lexpress.fr/high-tech/la-maladie-du-texto-fait-de-plus-en-plus-de-victimes_1434229.html.

Vezin, Fabrice. "Les tablettes tactiles montrées du doigt ! | Club Digital Santé." Club Digital Santé. Date de publication 30 janvier 2014. http://club-digital-sante.fr/2014/01/30/les-tablettes-tactiles-montrees-du-doigt/.

"la tablette numérique, un calmant nouvelle génération." France5.fr. Date de publication 29 mars 2013. http://www.allodocteurs.fr/actualite-sante-la-tablette-numerique-un-calmant-nouvelle-generation-9935.asp?1=1.

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