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Le partage des cours, késako ?

Découverte de cette notion avec Bruno Devauchelle qui encourage les enseignants à ne pas être seulement des consommateurs mais aussi des "partageurs" de cours.

Par Tété Enyon Guemadji-Gbedemah , le 18 mai 2014 | Dernière mise à jour de l'article le 18 juin 2014

D'après une culture professionnelle bien établie, l'enseignant est l'auteur de son cours qu'il prépare chaque année même si le programme scolaire ne connaît pas de variations annuelles. A l'évidence, il n'y a pas véritablement de valeur ajoutée à ce travail qui consiste dans la plupart des cas à modifier légèrement les fiches de cours de l'année précédente.

Perte de temps ? Oui, et ce temps peut être économisé pour l'enseignant ou investi dans sa classe dans l'accompagnement et le suivi des apprenants. C'est ce que défend Bruno Devauchelle, qu'on ne présente plus ici, qui théorise dans une vidéo la notion de partage de cours :

 

Une notion bidimensionnelle

Le partage de cours consiste déjà à envisager de se servir d'un support de cours dont on n'est pas le producteur ou le seul producteur. Il comporte donc deux aspects : de la récupération des cours existants à la production collective et la diffusion de supports.

En partant du principe que pour une discipline et un niveau donnés, les cours ne diffèrent pas radicalement les uns des autres, les enseignants peuvent utiliser dans leur classe des cours déjà préparés par leurs collègues. Ils peuvent aussi dans cette dynamique mettre les leur à disposition d'autres collègues dans un esprit de partage.

Une seconde possibilité de partage de cours consistera pour les enseignants d'une même discipline à se mettre ensemble pour produire un cours. La tâche de production étant collectivisée, le cours gagne en qualité du fait de l'investissement de plusieurs enseignants qui font office de comité pédagogique. L'exemple est donné par l'enseignement professionnel, selon Bruno Devauchelle, où les cours de certaines disciplines à forte technicité sont toujours conçus à plusieurs mains.

Dans tous les cas, les enseignants sont incités à ne pas vouloir réinventer la roue et à tirer profit des bénéfices de la mutualisation.

La mutualisation des cours

En effet, il ne peut avoir de partage si les cours ne font pas l'objet d'une diffusion systématique. De nos jours, les supports de cours fourmillent sur Internet. Ils sont publiés dans les blogues d'enseignant, sur les sites scolaires, sur les sites des Académies et placés dans ce cas sous la responsabilité d'un inspecteur de l'enseignement.

Ils sont aussi diffusés via les Espaces numériques de travail ou dans les espaces des communautés de pratiques et autres réseaux d'enseignants. Dans la lettre hebdomadaire Cursus, on trouvera chaque semaine des indications de ressources de cours sur des thématiques particulières.

En matière de partage, l'excuse de l'indisponibilité n'est pas valable. Il reste à tordre le cou aux préjugés et aux tabous qui freinent le mouvement. Bruno Devauchelle évoque l'existence d'une "loi du silence" sur le partage de sorte que les enseignants évitent d'affirmer ouvertement qu'ils empruntent des ressources de cours à leurs collègues. Et pourtant, ceci est bien légitime. D'autant plus que rien n'oblige l'enseignant à reprendre tel quel le cours de son collègue... 

Voir :

Julien, Aurélie. "Des enseignants consommateurs mais encore peu "partageurs"" Ludovia Magazine. Consulté le 19 mai 2014. http://www.ludovia.com/2014/04/des-enseignants-consommateurs-encore-peu-partageurs/.

Illustration : capture d'écran de la page d'accueil du site Edulibre, espace de partage de ressources pédagogiques pour le primaire, sous licence libre. 

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