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Définir le transhumanisme

Des pistes pour décrypter le « programme » transhumaniste

Par , le 04 mai 2016 | Dernière mise à jour de l'article le 08 mai 2018

Nous avons déjà évoqué le vocable « homme augmenté » qui renvoie notamment vers l'idée d'un accroissement des capacités physiques et intellectuelles de l'humain ou à l'allongement de la durée de vie. Ces diverses formes d'« augmentation » sont permises grâce aux apports des technologies (numériques), notamment dans le domaine médical.

Vivre jusqu'à 1000 ans ?

S'appuyant sur le constat du triplement de l'espérance de vie en l'espace de 250 ans (25 ans en 1750, 80 ans environ aujourd'hui), Laurent Alexandre, chirurgien et urologue de formation, diplômé de Science Po, d'HEC et de l'ENA, envisage un scenario plus optimiste encore à plus ou moins long terme. Selon l'auteur, la convergence NBIC des nanotechnologies (N), des biotechnologies (B), de l'intelligence artificielle (I) et des sciences cognitives (C) contribuent déjà à faire reculer la mort.

L'homme du futur sera, d'après le président de DNAVision, « un être perfectible, "comme un site web", une perpétuelle "version bêta", un  organisme prototype voué à se perfectionner en continu ».

Le projet transhumaniste

Cette vision s'accorde avec les thèses avancées par le transhumanisme, mouvement international contemporain promouvant la transformation et l'amélioration de l'Homme par les technologies.  Le terme en lui-même de « transhumanisme » a semble-t-il été employé pour la première fois par le biologiste Julian Huxley, frère d'Aldous Huxley, puis repris en particulier en 1989 par Fereidoun M. Esfandiary (FM-2030) dans son ouvrage Are You a Transhuman ?

Le transhumanisme désigne en outre la phase intermédiaire précédant l'utopie posthumaine, une fois accomplie la transformation de l'Homme par les technosciences.

Le « désir mortifère d'immortalité »

Le « programme » transhumaniste relayé via de nombreux sites en ligne génère un certain nombre de réactions et de commentaires. Dans le cadre d'une conférence de l'Université d'été scientifique de l'Espace éthique/Ile-de-France, organisée en juin 2013, Jean-Michel Besnier, professeur de philosophie à l'université Paris-Sorbonne (Paris IV), aborde la notion de transhumanisme par l'entrée de l'immortalité. Selon l'auteur « la glorification des technologies convergentes qu'on trouve chez les transhumanistes s'accompagne souvent d'une réactualisation de vieilles mythologies, de vieilles croyances religieuses ou animistes ». L'ambition transhumaniste vise à interférer avec la biodégradibilité naturelle du corps et à figer « la trajectoire du destin ».

Cette conception techniciste du corps pose question aux yeux du philosophe : « il manque la vision spirituelle de l’être humain. Nous ne sommes pas juste des containers à gènes »...

Sources

ALEXANDRE, Laurent. « Vade retro, thanatos ! ». We Demain. Automne 2013. N°5. p.36-37
 
BESNIER, Jean-Michel. « D’un désir mortifère d’immortalité. À propos du transhumanisme ». Cités. 3 octobre 2013. Vol. n° 55, n° 3, pp. 13‑23.
 
BESNIER, Jean-Michel. « D’un désir mortifère d’immortalité. À propos du transhumanisme, par Jean-Michel Besnier » Espace éthique [en ligne]. 10 juin 2013. [Consulté le 26 mai 2014]. Disponible à l’adresse :
http://www.espace-ethique.org/ressources/événement-complet/université-dété-éthique-sciences-et-société-2013
 
MARTIN, Bénédicte. « Le transhumanisme, "ambition mortifère" ». Libération [en ligne]. 9 novembre 2013. [Consulté le 26 mai 2014]. Disponible à l’adresse : http://www.liberation.fr/evenements-libe/2013/11/09/le-transhumanisme-ambition-mortifere_945833
 
Illustration : Shutterstock, Andrea Danti ,
Female head with cables connecting to the back of her head.

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