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Un cabinet de curiosités devient un passionnant exercice d'écriture

Une professeure de cinquième en lettres modernes a proposé tout un défi à ses élèves : concevoir un cabinet des curiosités

Par Alexandre Roberge , le 01 juin 2014 | Dernière mise à jour de l'article le 17 juillet 2014

Bien avant les musées, les êtres humains avaient déjà le réflexe de collectionner des objets bizarres ou des vestiges de civilisations anciennes. Ces collections bigarrées qui fascinaient les gens de la Renaissance s'appelaient des cabinets de curiosités. Souvent aux accents ésotériques, ces inventaires fournissaient tout de même une foule de renseignements à tous ceux qui les observaient.

Bien des siècles plus tard, ces étranges collections n'existent plus, les musées ayant pris la relève de façon plus professionnelle. Toutefois cette tradition renaissante a été une inspiration pour une professeure de lettres modernes de Suresnes, en France. Avec sa classe de cinquième, durant l'année scolaire 2012-2013, elle a décidé de concevoir un cabinet de curiosités à partir d'objets du 15e et 16e siècle présentés sur un site Internet universitaire abordant les collections de la Renaissance. Une façon d'aborder la culture humaniste et les discours ésotérique et religieux de ces siècles précédant celui des Lumières (qu'ils apprendraient à connaître l'année suivante).

Susciter la création littéraire

Dans le cadre des Travaux Académiques Mutualisés, Marie-Sophie Ludwig a donc demandé à ses élèves de visiter des sites Web spécialisés sur ces curiosités de la Renaissance. Ensuite, les apprenants devaient choisir parmi tous les objets croisés ceux qui seraient le plus intéressants d'ajouter à leur cabinet de classe. Ils étaient conviés à sélectionner des choses en lien avec leurs lectures durant le cours comme, par exemple, la bague à la pierre verte du roman Tristan et Iseult.

Mais avant de rédiger les textes descriptifs des curiosités du cabinet, ils ont dû faire des recherches seuls ou en binôme sur la symbolique des items pour alimenter leur travail d'écriture subséquent. Cela leur a permis, comme le confirme l'enseignante dans son compte-rendu, d'apprendre à discerner la bonne information de la mauvaise dans cette immense mer de données qu'est le Web.

Après avoir effectué différents exercices de style, ils ont fini par en adopter un pour décrire leur objet. Certains y sont allés avec une description presque encyclopédique, alors que d'autres se sont lancés dans la rédaction d'un court récit le mettant en vedette. Ce qui fait du Cabinet des curiosités une intéressante expérience où des écrits de tout acabit se mêlent.

Évidemment, étant donné que les élèves ont pu écrire et réécrire de multiples versions de leur texte afin qu'il soit irréprochable grammaticalement, difficile de les évaluer là-dessus. C'est donc une évaluation par compétences qui a été privilégiée, comprenant, entre autres, l'auto-évaluation des apprenants.

L'activité a, en tout cas, suscité l'adhésion de tous les élèves qui ont tous participé à l'écriture des textes qui forment le cabinet des curiosités. La plupart ont, grâce à cet exercice, développé une aisance dans la rédaction de styles littéraires différents. Une expérience réussie qui devrait piquer la curiosité des enseignants en France et ailleurs.

Références :

Ludwig, Marie-Sophie. "Un cabinet de curiosités en classe de 5ème." La Page des Lettres. Dernière mise à jour : 21 juin 2013. http://www.lettres.ac-versailles.fr/spip.php?article1276.

Marie-Sophie.me. "Un théâtre du monde en miniature : le cabinet de curiosités d'une classe de 5ème." Consulté le 27 mai 2014. http://marie-sophie.me/cabinet/#.

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