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La classe de rêve, celle des élèves passionnés !

Juste une classe de rêve normale, dans laquelle se manifeste l'intérêt des élèves

Par Denys Lamontagne , le 23 juin 2014 | Dernière mise à jour de l'article le 24 juin 2014

Classe

Elle porte toutes sortes de noms, CE, CP, première, douzième, terminale, secondaire V, et les qualificatifs qu'on lui attribue changent selon les points de vue, classe difficile, classe enrichie, ma classe... mais est-ce que cette «classe» représente le meilleur de l’organisation de l’apprentissage ?

 

L'âge et le niveau

Au départ, une classe regroupe les enfants du même âge, en principe tous au même niveau : débutant. Puis, à mesure que les années avancent, les âges des étudiants dans la même classe peuvent varier un peu, mais le niveau de connaissance se maintient autour d’une norme qui évolue d’une année à l’autre.  Fondamentalement, la classe c’est le niveau.

Pratique pour un professeur, pratique pour l’administration, mais pour l’élève, quel avantage y a t-il à être entouré de gens qui n’en savent pas plus que lui ? Le groupe devient ainsi dépendant d’une seule source de connaissances, le professeur. Vraiment pratique.

Quel avantage y a t-il à être entouré de gens peu ou pas intéressés par un sujet particulier ou d’écouter la même explication répétée encore ou au contraire de devoir suivre alors qu’on n'a pas saisi la partie précédente ? On aura besoin de discipline. Mais si le niveau de la classe est élevé, comme dans les classes sélectives, on aura statistiquement des gens plus intéressés. Formidable. Les autres iront dans les limbes.

 

Les classes de rêve

Dans une classe de rêve, ce n’est pas le niveau qui détermine la classe mais l’intérêt. Dans ce groupe de gens intéressés, les étudiants échangent autour du sujet, se l’enseignent entre eux et le développent de mille-et-une manières. Le professeur propose des ressources et apporte son expérience de l’apprentissage, mais c’est l’intérêt du groupe qui crée l’environnement, l’ambiance et prend la responsabilité du sujet et de son apprentissage. Les débutants sont accueillis comme un enrichissement et une relève et les seniors sont considérés avec respect. Même ceux qui n’y ont pas de talent s’y sentent acceptés et trouvent leur place. Certaines écoles thématiques (théâtre, informatique, sciences,...) ressemblent à ça.

Cette classe de rêve n’est pas limitée à un seul ensemble, chacun peut faire partie de 10 classes différentes, les amoureux des nombres creusant l'arithmétique, les poètes se retrouvant en français; il y a des classes pour les amoureux de l’environnement, de l’histoire, du théâtre, du badminton et on trouve même celle des «retardataires qui doivent se forcer dans les domaines qui ne les intéressent pas vraiment pour atteindre les normes». Finalement, il s’agit de ceux qui apprennent ce qui les intéresse, ce qui les amuse ou ce qu’il faut simplement savoir, sans autre conditions.

 

Une autre organisation de l’apprentissage

Du rêve, nous n’en sommes pas si éloignés. Bien des classes explosent d’activité pour peu que le sujet intéresse une majorité des étudiants ou qu'il y ait quelque accès à des connaissances par Internet. Mais voilà, quand l’intérêt de la majorité est absent, que personne n’est là pour exprimer sa passion, que les étudiants ne peuvent prendre d’initiative, que le «programme» et l’horaire priment, que les enjeux d’examens sont tout ce qui compte et que ce genre de considérations fait régner silence et ennui, les interactions se réduisent à un enregistrement automatique dont la source tient avant tout dans la définition de la classe : uniforme, tous au même niveau, sans considération de l’affinité pour le sujet.

Il y aura vraisemblablement toujours des sujets «nécessaires» générant peu d'intérêt pour certains. Au lieu de perdre notre temps et leur faire perdre le leur, on a la possibilité d’organiser les choses autour de l’intérêt dans la plupart des cas. Le résultat ne peut pas être moindre que dans une classe désintéressée.  Comme l’intérêt est quelque chose qui se suscite et s’entretient constamment, un groupe d'intérêt est dix fois mieux placé pour définir les objectifs que ses membres veulent atteindre et pour supporter un professeur dans leur atteinte, qu’un professeur isolé ne peut le faire.

Quand on ne sait pas quelque chose, on s’arrange avec d’autres que ça intéresse pour le découvrir et le connaître, et ça peut ressembler à une classe. Une classe pas si extraordinaire après tout, juste une classe de rêve normale. Je ne l'ai encore jamais rencontrée, mais je l'espère pour ma prochaine visite dans les établissements scolaires.

Références

L’accessible rêve : transformer sa classe - Jacques Cool - L'espace à Ze Cool - Juillet 2012
http://zecool.com/2012/07/25/laccessible-reve-transformer-sa-classe/

L’homogénéité du groupe classe : un rêve absurde et dangereux
Eveline Charmeux - Cahiers pédagogiques no. 454 (Surtout les commentaires)
http://www.cahiers-pedagogiques.com/L-homogeneite-du-groupe-classe-un-reve-absurde-et-dangereux

Brilliance in a Box - What do the best classrooms in the world look like?
Amanda Ripley- Slate - 2010
http://www.slate.com/articles/news_and_politics/the_hive/2010/10/brilliance_in_a_box.html

La salle de classe idéale existe: elle est équipée de rocking chairs - Elodie Palasse-Leroux - Juin 2014
http://www.slate.fr/story/88293/salle-de-classe-ideale-rocking-chairs

Appel pour pouvoir choisir une alternative à l'école traditionnelle dans l'école publique - http://appelecolesdifferentes.blogspot.fr/p/actualites-de-lappel.html


Image : bondstreetkinder.com

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