Articles

«TIC et appropriation des savoirs» : mode d’emploi - Entretien avec Didier Oillo de l’AUF

Par Thot , le 25 avril 2004 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

L’Agence universitaire de la francophonie, c’est un réseau mondial de 500 établissements d’enseignement supérieur et de recherche. Son programme transversal "Technologies de l’information et de la communication et appropriation des savoirs" est lié aux NTIC pour l’éducation et développe des actions au service des établissements membres. Didier Oillo, responsable du programme, a la gentillesse de répondre à nos questions afin de nous présenter les derniers développements liés à la FOAD :

Thot : Une série d’appels à candidatures pour des formations à distance a été lancé par le biais du nouveau portail Internet www.auf.org/formation-distance. A qui s’adressent les appels du dispositif ?

Didier Oillo : Ces formations s’adressent prioritairement aux étudiants francophones du Sud et de l’Est qui pour diverses raisons ne peuvent suivre des formations équivalente en présentiel.

La formation à distance est particulièrement intéressante pour pouvoir proposer dans certains pays, d’Afrique notamment, des diplômes qui n’existent pas localement et qui pourtant sont indispensables pour former la jeunesse au développement des technologies de l’information et de leurs usages.

Quels usages concrets permet le dispositif pour les individus demandeurs d’une part, et pour les institutions offrant les formations d’autres part ?

L’AUF joue plusieurs rôles,

  • le premier est de mettre en relation une offre et une demande. L’offre doit être srtructurée et correspondre aux réalités économiques des pays les plus pauvres. Les consotium d’universités promoteurs de ces formations ont fait de gros efforts pour adapter leur offre, à la fois en termes financiers mais aussi en privilégiant un tutorat adapté ;

  • le second rôle consiste à former, au Sud et à l’Est, les tuteurs qui auront à prendre en charge partiellement ces formations. A titre d’exemple, plus de la moitié des tuteurs du DESS UTICEF sont originaires de pays francophones hors Europe (France, Belgique, Suisse) ;

  • le troisième rôle de l’AUF fut de construire au Sud un dispositif d’accueil adapté à la fois aux besoins des universités du Nord mais aussi aux universitaires du Sud. Ce sont aujourd’hui 40 structures (Campus numériques francophones et centres d’accès à l’information) qui offrent un plateau technique de qualité aux enseignants et chercheurs mais aussi aux étudiants leur donnant ainsi les mêmes chances que dans une université européenne ou américaine ;

  • le quatrième apport de l’AUF concerne l’aide financière apportée aux étudiants sélectionnés. Après examen des dossiers, l’AUF prend en charge la majeure partie des frais de formation. Ce sont 550 allocations d’apprentissage qui seront ainsi versées en 2004.

  • enfin et ce n’est pas ce qui est le moins important, l’AUF à travers ce dispositf de FOAD, participe à la modernisation des enseignements des universités de certains pays du Sud et de l’Est.

Les formations proposées sont donc dispensées par le biais des campus numériques francophones et des plates-formes des institutions participantes. Qui peut devenir partenaire ? En quoi consistent les appels à tuteurs destinés aux enseignants ?

Toute université membre de l’Agence peut-être partenaire. Lorsqu’elle ne l’est pas elle peut faire acte de candidature et ce, même si elle n’appartient pas à un Etat membre de la Francophonie.

Les appels à tuteurs sont destinés à des enseignants de l’enseignement supérieur ou à des chercheurs qui désirent s’investir concrêtement dans la formation ouverte. L’objectif de l’Agence est d’intégrer, après une phase de formation de formateurs, des enseignants du Sud et de l’Est dans les équipes pédagogiques des diplômes proposés. Les tuteurs sont ensuite validés par les établissements coordonnateurs de ces diplômes. Il s’agit d’arriver progressivement à l’autonomie des pays du Sud et de l’Est dans ce domaine particulier. Pour déployer de façon pérenne dans les établissements du Sud des dispositifs de formations à distance il faut pouvoir compter sur des enseignants locaux formés à ces nouvelles méthodes pédagogiques. C’est l’objectif de cet appel à tuteurs.

Les diplômes dispensés à l’issue de ces formations à distance entrent-ils dans le cadre des équivalences universitaires européennes/internationales ?

Quasiment tous ces diplômes sont délivrés sous forme de certifications de type ECTS (European credits transfer system), les crédits européens transférables ( voir le dossier LMD ). Tout en préservant le système universitaire propre à chaque pays, la démarche choisie vise à faciliter une adaptation progressive de ces systèmes. De ce fait un étudiant peut construire son parcours de formation allant même jusqu’à mixer la formation à distance et une bourse de mobilité lui permettant de suivre un complément dans une université européenne.

Le dispositif propose-t-il des perspectives de stages/placement après l’obtention d’un diplôme ?

Les formations professionnalisantes (licences ou masters professionnels) imposent que l’étudiant fasse un stage pratique en entreprise. A l’issue de la formation, lorsque l’étudiant est diplômé et en fonction de son profil, l’AUF peut lui proposer un stage international court d’une durée de 4 mois ou bien un stage rémunéré long d’une durée de un à deux ans dans le cadre d’un contrat de volontaire international francophone. Dans la mesure du possible, l’AUF rapprochera les offres d’emploi disponibles et les étudiants diplômés.

Avez-vous apprécié cette page?

Voir plus d'articles de cet auteur

Accédez à des services exclusifs gratuitement

Inscrivez-vous et recevez des infolettres sur :

De plus, indexez vos ressources préférées dans vos propres dossiers et retrouvez votre historique de consultation.

M’abonner
Je suis déja abonné