Articles

Enquête sur l’utilisation des TICs en enseignement au Québec. Plus de 1100 enseignants consultés*

Par Denys Lamontagne , le 08 novembre 2004 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

Cette enquête sur les profils d’utilisation des TICs en enseignement au Québec a été menée de novembre 2003 à mai 2004 sur un échantillon stratifié de 1 180 enseignantes et enseignants québécois. Les données obtenues tracent un profil des pratiques réelles des enseignants québécois et de leur utilisation pédagogique de l’informatique.

Il s’agit d’une réalisation du CRIE (Centre de recherche sur l’intervention éducative), une unité constitutive du CRIFPE (Centre de recherche interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante).

Voici quelques extraits de ce rapport dont nous recommandons la lecture.

«Force nous est de constater que, mis à part au primaire, les pratiques n’ont pas tellement évoluées depuis une dizaine d’années.

Pis encore, la nature monodisciplinaire du recours aux TIC et le profil d’association entre fréquences d’utilisation de ces outils didactiques par les enseignantes et les enseignants, peu importe l’ordre auquel ils interviennent, matières scolaires ciblées et variété des outils auxquels on fait appel, réaffirment l’importance du cloisonnement hiérarchique des matières scolaires et la pauvreté des profils d’utilisation différenciés des TIC.

Là encore, la stabilité de ce que nous constatons depuis une dizaine d’années questionne fortement l’efficacité du discours réformé du Ministère, tant au regard de l’interdisciplinarité pédagogique et didactique qu’en matière de vertus de l’implantation de l’informatique scolaire»

«Les obstacles majeurs à l’utilisation de l’informatique pédagogique en classe demeurent essentiellement :

  • la qualité du matériel informatique disponible,
  • le temps requis pour sa mise en oeuvre en classe ou au laboratoire
  • le manque de formation de nature techno-instrumentale des praticiennes et praticiens.»
«La majeure partie des enseignantes et des enseignants détient un seuil minimal d’alphabétisation informatique. [...] La plupart des répondantes et des répondants manifeste une attitude relativement positive au regard du recours à l’informatique ainsi qu’à la télématique lors de la planification et de la préparation de l’intervention éducative.

Les sujets ressentent par contre un niveau de stress relativement élevé au regard de l’utilisation des outils informatiques en classe;»

«Les contextes d’apprentissages dans lesquels les élèves mettent le plus souvent les TIC à contribution sont, dans l’ordre, le soutien à l’apprentissage d’une matière scolaire, la réalisation de projets monodisciplinaires et, plus rarement, celle de projets multidisciplinaires; »

«Les principaux obstacles mentionnés par les praticiennes et les praticiens au regard de l’utilisation de l’informatique scolaire sont généralement d’ordre technique et instrumental. La faible qualité et le peu de disponibilité des locaux et équipements, l’absence ou la faiblesse du soutien technique demeurent les obstacles majeurs les plus fréquemment mentionnés. »

Bref, on a beau avoir un ratio de 6 élèves par ordinateur, les ordinateurs dont héritent les classes sont le plus souvent désuets et non reliés à Internet et ne permettent pas une réelle utilisation pédagogique.

Si on met ces données en relation avec les données de Statistiques Canada :

« Connectivité et apprentissage dans les écoles canadiennes »

ISBN: 0-662-77754-9 Septembre 2004

« 5.3 Accès aux cours en ligne par les élèves

Pourcentage des écoles ayant des élèves qui suivent des cours en ligne selon la province ou le territoire, 2003 - 2004

  • Québec 3 %
  • Ontario 8 %
  • Nouvelle-Écosse 8 %
  • Manitoba 18 %
  • Colombie-Britannique 19 %
  • Alberta 20 %
  • Nouveau-Brunswick 22 %
  • Saskatchewan 27 %
  • Terre-Neuve-et Labrador 37 %
  • Yukon 40 %
  • Territoires du N.O. 40 %
  • Moyenne Canada 14 % »

On constate que le potentiel des cours en ligne est largement sous-exploité.

On sait que, lorsque les étudiants des cours réguliers y ont accès, le contenu et les exercices des cours en ligne sont largement utilisés. On se demande si c’est par mauvaise foi ou par ignorance que rien ne bouge.

Les étudiants réguliers en classe, à l’école ou à leur domicile utilisent la grande qualité des données des cours en ligne comme ressource complémentaire, supplémentaire, palliative, communautaire, etc. Ils peuvent également agrandir leur cercle d’interactions grâce aux communautés autour de ces cours ou de ces portails éducatifs.

La force des cours en ligne tient à la mise en réseau des étudiants et des ressources. Ce sont des ordinateurs branchés et du temps pour les utiliser, intégrés dans la pédagogie de la classe qui sont la clé du changement.

Les machines sans accès aux interactions n’apportent guère plus qu’un projecteur à diapos, comme on l’observe....

Enquête sur les profils d’utilisation des TICs en enseignement au Québec

Avez-vous apprécié cette page?

Voir plus d'articles de cet auteur

Accédez à des services exclusifs gratuitement

Inscrivez-vous et recevez des infolettres sur :

De plus, indexez vos ressources préférées dans vos propres dossiers et retrouvez votre historique de consultation.

M’abonner
Je suis déja abonné