Articles

Faire disparaître le travail. La magie des robots donne t-elle un but à votre vie ?

Travailler moins, créer plus ! Nous sommes bien d'accord mais curieusement, personne ne parle de la redistribution des profits...

Par Denys Lamontagne , le 16 juillet 2014 | Dernière mise à jour de l'article le 01 octobre 2014

Les ultra riches ont un problème : leur fortune croît plus vite que ce qu’ils ne peuvent la dépenser et les mène à des situations qu’ils n’ont ni souhaitées, ni envie d’affronter. Leur bonne conscience leur dicte parfois de donner une partie de leur fortune à des oeuvres caritatives (The Giving Pledge), mais pour l’essentiel, c’est leur naturel qui prend le dessus.

Certains investissent des fortunes dans le lobbying politique (Super Pac) ou se lancent dans des campagnes en nous prodiguant leurs conseils comme "Relever le salaire minimum" (Wall Mart) ou encore diminuer les échappatoires fiscaux (Bufffet).... ce sont des gens qui ont réussi qui nous conseillent, alors on les écoute.

Travailler moins !

Le dernier en date est Larry Page de Google qui, devant les inquiétudes soulevées par les nombreuses initiatives de son entreprise au niveau de la robotisation et de l’intelligence artificielle, suggère de travailler moins et de partager les emplois; ce qui laisserait le champ libre à ses robots évidemment.

On n'a aucune opposition de principe à travailler moins d'heures, à avoir plus de loisirs, à socialiser plus, à s’orienter vers des activités plus créatives et impossibles à informatiser… mais il est curieux que ni lui ni un autre ultra riche, tel Richard Branson, de Virgin, qui propose le même genre de réflexion, ne remette en question la répartition des profits engendrés par les gains de productivité, les emplois supprimés et les améliorations technologiques.  Les robots et les systèmes organisés peuvent générer des profits, mais ils ne créent pas de buts. Nous créons les buts et facilitons leur réalisation, mais où sont passés les profits ?

Si eux avaient moins travaillé…

Ce n’est pas tant une question de travailler plus ou moins, les robots peuvent bien faire tout le travail que l’on ne tient pas à faire, il s’agit plutôt d’une question de réalisation personnelle. Progresser vers un but, un projet, une réalisation; assurer son indépendance. Si les ressources sont accaparées et orientées dans des projets et par des organisations qui occupent l’espace et en contrôlent les usages, alors la vie et les loisirs encadrés dans ce qui reste ne satisferont finalement personne.  Plus de créativité est effectivement une bonne solution à la disparition des emplois «programmables», comme le suggèrent nos conseillers, mais elle va également de pair avec le contrôle des ressources qui peuvent lui être dédiées; de cela, ils ne parlent pas.

Ceux qui possèdent les robots, les systèmes de haute productivité et les privilèges bancaires sont avantagés. L'argent va à l'argent, comme la formation va aux formés ! On peut orienter la formation et l’éducation vers la créativité, mais il faudra bien trouver des façons créatives d’orienter dans les faits les ressources gagnées vers la créativité, ne serait-ce que pour remplacer les emplois disparus et ouvrir des espaces de projets et de buts. Le financement de l’éducation ne se fait pas par des gens payés au salaire minimum ou à temps partiel, encore moins par des chômeurs. Et l’éducation n’est attirante que dans la mesure où elle permet d’améliorer son sort, ce qui comprend évidemment un emploi décent et une activité valorisée.

Un drone vient de livrer votre colis. Quelqu’un cherche le moyen de financer ses études.

Références

America works too hard - Jacob Axelrad - CSM - Juillet 2014

Nearly Half of U.S. Jobs Are Vulnerable to Computerization -
Aviva Hope Rutkin - MIT Technology Review - Septembre 2013

Amazon Surges As It Pleads With FAA To Test Drones - Brian Solomon - Forbes - Juillet 2014


Avez-vous apprécié cette page?

Voir plus d'articles de cet auteur

Accédez à des services exclusifs gratuitement

Inscrivez-vous et recevez des infolettres sur :

De plus, indexez vos ressources préférées dans vos propres dossiers et retrouvez votre historique de consultation.

M’abonner
Je suis déja abonné