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Burkin Faso : nouveau souffle pour l’enseignement universitaire à distance

Par Louis-Martin Essono , le 03 avril 2003 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

Le Burkina Faso s’était illustré en formation à distance par la présence, au sein de l’Université de Ouagadougou, du projet initié et impulsé par la Coopération française par le biais du Resafad. L’ Université de Ouagadougou , par ce modèle, a ainsi formé des générations de maîtres et de directeurs d’école en utilisant le multimédia et en démultipliant la formation par la formation des formateurs. En 1997, le très regretté Ciffad, structure d’appui technique de formation à distance relevant de l’ Intif avait apporté à ce pays une dotation en matériel informatique devant améliorer les enseignements par le mode distance.

On sait aujourd’hui quel travail s’abat dans ce pays qui a établi des liens de coopération universitaires à distance avec l’ Université du Maine. Le Burkina Faso se présente ainsi comme le bébé chéri qui applique et exploite à la lettre les avantages qu’apporte la coopération universitaire. Mais, l’arête en travers de la gorge est que ces opérations et toutes ces actions relève des initiatives étrangères. Voici sans doute venu le temps de l’émergence endogène. En collaboration avec les organismes… étrangers.

En effet, grâce à la politique dite de

refondation

qui fait florès dans l’ensemble des universités africaines, probablement sous l’inspiration des termes qu’utilise l’ AUF depuis près de 5 ans, l’Université de Ouaga bénéficie depuis la semaine dernière, d’un important lot de matériel informatique qui devra servir à la concrétisation d’un projet du système d’enseignement à distance.

Ce matériel a été offert par l’Institut international pour la communication et le développement (IICD) en collaboration avec la Délégation générale à l’informatique du Burkina (DELGI). Il permettra aux universités locales de trouver une solution performante et peu coûteuse, adaptée aux réalités du pays et pouvant contribuer à corriger les insuffisances actuelles du système éducatif national : incapacité à répondre efficacement à la demande éducative, inadéquation des formations par rapport aux besoins du marché...

Selon Sidwaya, l’expérimentation effectuée déjà entre la DELGI et le premier ministère s’est avérée concluante, ce qui donnera, en grandeur-nature et en temps réel, la possibilité aux étudiants de Ouagadougou et de Bobo de suivre de façon simultanée, un cours dispensé dans l’une ou l’autre des deux villes par le même professeur. Ils pourront poser leurs questions, écouter les réponses comme si physiquement, ils étaient dans la même salle de cours. Du même coup, les problèmes dus à l’éloignement du tableau et du professeur ainsi que les difficultés d’audition (taille des amphithéâtres) seront résolus.

Observons que c’est, presque point par point, l’objectif que vise l’université camerounaise dont on annonce pour bientôt l’interconnexion satellitaire. Un forum international sur la fàd est prévu en septembre prochain pour clarifier ces différents aspects.

Les formations à distance du Burkina se dérouleront dans les locaux de l’Université de Bobo. Une salle sera équipée d’un ordinateur connecté aux RENER, d’un projecteur, d’un système audio et d’une caméra fixe. Chaque salle, équipée d’un vidéo projecteur, d’un système audio, d’une caméra de document et d’un tableau électronique, accueillera des groupes de 20 à 30 personnes. Une caméra spéciale sera présente pour transférer des images à l’enseignant et à l’auditoire situé dans la salle où se trouve l’enseignant. L’ensemble de la session sera enregistré et inclus dans la plate-forme de télé-éducation pour des séances asynchrones.

Deux enseignants ont déjà été formés, qui dirigeront les sessions. Celles-ci, prévues spécialement entre les deux principales universités de Ouga et de Bobo, pourront prendre des enseignements issus des universités étrangères, notamment françaises et hollandaises. Les autorités universitaires ont même l’ambition d’étendre l’expérience aux autres grandes villes du Burkina dès qu’elles disposeront de centres universitaires comme le prévoit la politique de décentralisation du pays. Les objectifs sont entre autres, de permettre dans l’immédiat aux enseignants des deux universités d’assurer à distance des enseignements au profit des étudiants. Une économie d’énergie en déplacement et en frais, une amélioration de la qualité des enseignements et le développement des systèmes d’enseignements peu coûteux expliquent l’origine de ces mesures. En effet, l’étude financière de ce projet, élaborée en collaboration avec le ministère en charge des Enseignements, ses partenaires nationaux et étrangers et les deux universités, démontre que le système permettra aux Universités de Ouaga et de Bobo, d’économiser la bagatelle de trente cinq mille cinq cents (35 500) euros soient plus de 30 000 000 de francs CFA par an contre seulement 5 000 000 de francs d’investissement au démarrage.

Voici des premières mesures concrètes qui contribueront à réduire la pauvreté, à massifier l’enseignement et à améliorer les conditions de cet enseignement. La formation de tous les enseignants est un autre impératif pour que l’initiative soit vulgarisée, non élitiste et applicable à toutes les disciplines. Ce sera le plus difficile.

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