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Le coaching scolaire, une profession en pleine expansion

De plus en plus vogue, les coachs scolaires sont un service demandé par de nombreux parents. Mais que font-ils exactement?

Par Alexandre Roberge , le 09 novembre 2014 | Dernière mise à jour de l'article le 10 décembre 2014

Ils sont nombreux à travailler dans l'ombre des professeurs dans la formation des jeunes esprits. Ils sont des milliers d'adultes qui, sans nécessairement enseigner, aident les futures générations dans leurs études et leurs choix de carrière. Parmi tous les métiers connus (orthopédagogues, psychologues, orienteurs) s'en est glissé un plus récemment qui cherche à pallier des pénuries dans les établissements.

Depuis quelques années, le coaching scolaire devient de plus en plus populaire. L'idée n'est à proprement dit pas nouvelle. Des anciens professeurs ou des adultes qui aident et qui font du tutorat auprès des enfants n'a rien rien de neuf. Mais ce qui était, auparavant, une activité plus bénévole s'est transformée en un véritable marché. Il suffit de taper «coaching scolaire» sur des moteurs de recherche pour voir que bien des individus et des petites entreprises veulent prêter main forte aux jeunes.

Des coachs pour tous les besoins

Alors, qu'est-ce que le coaching scolaire? Selon le site Apprendre à apprendre, il s'agit de l'accompagnement d'un élève volontaire sur une période déterminée. Il y a différents types de coaching. Il peut être une simple aide aux devoirs ou à l'étude d'une matière. Il peut aussi servir à motiver l'élève dans la poursuite de ses études ou, dans certains cas, l'aider à mieux s'organiser s'il n'arrive pas à travailler convenablement à la maison.

Enfin, il y a le coaching d'orientation qui prend une place de plus en plus importante, particulièrement en France où beaucoup d'adultes sont désemparés devant l'APB (admission post-bac). Ne comprenant plus le système d'études supérieures français, nombre de parents se tournent vers des coachs qui peuvent déterminer le chemin le plus approprié pour leur enfant. Une tendance à la hausse avec une pénurie d'orienteurs scolaires qui sont souvent débordés, car trop peu nombreux pour traiter un volume de dossiers de plus en plus complexes.

Et il n'y a pas que les adolescents qui bénéficient du coaching d'orientation. En 2012, des universités comme Paris XIII ou la Sorbonne ont proposé à leurs étudiants des services du genre, voyant que de plus en plus les nouvelles cohortes de finissants avaient des difficultés à se trouver – malgré leur diplôme – une place sur le marché du travail. Ils ont donc créé des réseaux d'anciens qui permettent de donner des pistes de solution et des conseils pour éviter de longues périodes sans emploi.

Une pratique questionnée

Ainsi, il y a de quoi comprendre l'engouement. Quoi de plus noble que des femmes et des hommes prêts à aider les élèves et les étudiants, à donner de leur temps? Sauf que comme bien des professions, il peut y avoir des charlatans. Une sociologue s'est intéressée au début des années 2010 à ce phénomène en expansion et a, entre autres, analysé le parcours professionnel de ces dits spécialistes du coaching.

Pour la plupart, ils ont un parcours qu'elle qualifie de chaotique. Bien souvent, il s'agit de personnes provenant du milieu de l'entreprise et qui soit veulent se réorienter ou simplement trouver une occupation parce qu'elles ont été licenciées. Ces gens ont communément eu eux-mêmes une enfance plus difficile et se sont cherchés longuement avant de dénicher un type d'emploi qui leur plaisait. Conséquemment, tous ne sont pas nécessairement outillés pour faire face aux défis que demande le coaching scolaire. D'autant moins que la profession n'est pas vraiment encadrée. Il devient alors facile de tromper des familles crédules qui recherchent désespérément des solutions pour leurs enfants et sont prêtes à débourser des centaines d'euros pour y arriver.

Pour autant, le coach scolaire n'est pas mauvais en soi. En fait, il est même symptomatique de l'érosion des institutions scolaires dans le monde en offrant pratiquement un contre-modèle où l'enfant est au coeur des préoccupations et plus écouté que dans une salle de classe. C'est ce que cherchent les parents. Ayant peur que leur progéniture « soit échappée » par l'école, ils sont prêts à payer un montant (estimé entre 50 à 150 euros la séance) pour quelques rencontres qui déboucheront, ils l'espèrent, à des résultats positifs. La pénurie de conseillers en orientation et d'aides à l'intégration au marché du travail a aussi permis la multiplication des coachs scolaires.

Le coaching scolaire répond donc à une réelle demande des parents et des apprenants. Les institutions publiques ganeraient à prendre le phénomène au sérieux et réfléchir sur ses implications. Il est pour l'instant facile de s'affirmer coach et de ne dire que des fadaises. Une profession utile, mais qui demande de l'encadrement pour éviter les dérapages.

Illustration : cityyear via photopin cc

Références :

Bernard, Claire. "Coaching scolaire (Partie 1)." Apprendre à apprendre.com. Dernière mise à jour : 16 février 2014. http://www.apprendreaapprendre.com/reussite_scolaire/coaching-scolaire-partie-1-1542-8-29.html.

Beyer, Caroline. "Quand les «coachs» surfent sur l’angoisse des parents." Le Figaro Etudiant. Dernière mise à jour : 19 janvier 2014. http://etudiant.lefigaro.fr/les-news/actu/detail/article/quand-les-coachs-surfent-sur-l-angoisse-des-parents-4114/.

Blanc, Quentin. "Les universités se mettent au coaching." Le Figaro Etudiant. Dernière mise à jour : 3 octobre 2012. http://etudiant.lefigaro.fr/les-news/actu/detail/article/les-universites-se-mettent-au-coaching-159/.

Oller, Anne-Claudine. "Le coaching scolaire à destination des élèves du secondaire." Cahiers de la recherche sur l’éducation et les savoirs. Dernière mise à jour : Septembre 2010. http://cres.revues.org/453?lang=en.

Pesch, Marie-Estelle. "Ces « coachs » scolaires si prisés mais trop peu encadrés." Le Figaro. Dernière mise à jour : 12 juin 2013. http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/06/11/01016-20130611ARTFIG00664-ces-coachs-scolaires-si-prises-mais-trop-peu-encadres.php.

Vedrenne, Gabriel, and Fabien Cazeaux. "Le coaching s’empare de tout, même de l'école." Europe 1. Dernière mise à jour : 20 mars 2014. http://www.europe1.fr/france/le-coaching-s-empare-de-tout-meme-de-l-ecole-1919801.

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