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Moocs en Tunisie, où en est-on?

Enseigner, se former et apprendre autrement

Par Om El Khir Missaoui , le 17 mars 2015 | Dernière mise à jour de l'article le 30 mars 2015

Le phénomène des Moocs a fait son chemin en Tunisie et il s'étoffe même en initiatives structurées et diversifiées au point qu'on s'affilie dans des projets francophones ou qu'on aborde des thèmes inédits. Voir ici.

Encore faut-il que les prémisses de ces nouvelles pratiques soient consolidées par des conditions favorables au développement du travail en ligne selon des modèles adaptés aux besoins d'une société en pleine effervescence et où les études font foison sans forcément garantir l'employailité ni la compétitivité.

Le Centre pour le Développement des Compétences Professionnelles     (CDCP E-learning), en partenariat avec Orange Tunisie, a organisé une journée de rencontres ouverte au grand public dédiée à cette tendance massive de cours en ligne que sont les Moocs, et ce le jeudi 26 février 2015 à l’espace de conférences du Technopark Elgazala – Ariana – Tunisie.

Le thème : « Le BOOM des « MOOC »: enseigner, se former et apprendre autrement! » a été le fil conducteur de la journée avec au programme, expertises, témoignages et tables rondes pour comprendre un peu mieux la notion de MOOC et les opportunités qu’ils représentent pour la formation et l’enseignement. Les professionnels du domaine nationaux et internationaux ont partagé leur vision et leur expérience au cours de cet événement. Ils ont décortiqué toutes les facettes de la question des MOOC : pédagogie, recherche, modèles économiques, coopération public-privé,… Des retours d’expérience ont été aussi l’objet de débats et réflexions.

Nargès Mrimi, fondatrice du CDCP et véritable militante du E-learning en Tunisie (Voir entre autres Forum e-learning) souhaite ardemment que les instances institutionnelles s'investissent dans la révolution Mooc à l'instar du ministère de l'enseignement supérieur français qui a boosté le monde francophone avec France Université Numérique.

Enquête : Perspectives sur la pratique des MOOC en Tunisie

Le CDCP E-learning a réalisé une enquête en ligne du 6 janvier au 15 février 2015 brossant le portrait de l’utilisation des MOOC au sein des entreprises, secteurs de l’éducation et de l’enseignement supérieur et des services publics tunisiens mais aussi auprès des étudiants. L’étude est basée sur des questions issues du modèle pragmatique d’apprentissage IMAIP (Informations, Motivations, Activités, Interactions, Productions) de Marcel Lebrun reposant sur la théorie de Biggs regroupant les 5 facettes du processus d’apprentissage centré sur l’apprenant.

La synthèse de l'enquête souligne certaines tendances générales susceptibles de donner une image d’ensemble sur la pratique des MOOC en Tunisie et de dégager un certain nombre d’éléments à même d’orienter dans le futur les politiques en la matière. Si les utilisateurs sont pour la plupart des travailleurs actifs, titulaires de master, cela montre l'importance de la formation continue en autonomie comme cela nous interroge sur les autres franges de la population et sur les étudiants, quels besoins et quels modèles de Mooc leur convient-il ?

FOFLE: en matière de Mooc, il y en a pour les langues

Le Mooc FOFLE  (formation ouverte en français langue étrangère) est un projet pilote, international et interdisciplinaire, dédié à l’apprentissage en ligne du français. En phase avec le plan national stratégique "Tunisie digitale 2018", Il est en cours d’expérimentation en Tunisie depuis octobre 2014, et ce grâce à la fois à l’appui de la Fondation Orange et d’Orange Tunisie (1ère entreprise tunisienne à avoir lancé un MOOC).  Cette expérimentation tunisienne servira de pilote avant d’envisager un déploiement sur d’autres pays francophones.

FOFLE

Ce projet, destiné dans une première phase aux étudiants tunisiens à l’entrée de l’université est le fruit d'un partenariat entre le Consortium Claroline (qui fournit la plateforme), l’Université Catholique de Louvain, l’ICAP de l’Université Claude Bernard Lyon 1, le LANSAD de l’Université Stendhal (Grenoble 3), l’Université Virtuelle de Tunis et l’Université de Sfax.

L'idée a émergé à partir d'un triste constat : alors que le français est la langue d'enseignement et d'apprentissage dans le cycle d'enseignement supérieur tunisien,  la langue française est de moins en moins bien maîtrisée par les étudiants, toutes disciplines confondues, ce qui représente un double handicap pour les étudiants : dans la poursuite de leur cursus universitaire ainsi qu’en termes d’employabilité.

Le présent projet vise au final à remédier  à cette situation en proposant aux élèves terminant leur enseignement secondaire ou aux étudiants entrant à l’université de suivre des sessions d’apprentissage du français, langue étrangère de leur point de vue.

L’amorce du dispositif mis en place est de former, dans un premier temps, des tuteurs référents qui sont des enseignants tunisiens ayant une bonne connaissance de l’université ainsi qu’une expérience de l’usage des TICE, idéalement dans le cadre de formations en français langue étrangère (FLE) ou en français sur objectifs spécifiques (FOS). Ceux-ci sont appelés, dans un deuxième temps, à appuyer les tuteurs de terrain (des étudiants de Master FLE issus des universités françaises) dont la mission est l’accompagnement des apprenants tunisiens au quotidien, notamment à travers les forums d’échanges et l’évaluation des productions écrites et orales.

Scénariser un Mooc, les étudiants d'abord

La dynamique Mooc se consolide et augure une ère qui allie méthode et innovation. Christine Vaufrey, souvent sollicitée à Tunis, accompagne des porteurs de projet dans la conception de Mooc qui émergent de leurs pratiques de cours et épousent les fonctionnalités offertes par l'approche des cours massifs.

Du 11 au 13 mars, dit-elle, j’ai eu le plaisir d’animer avec Thomas Laigle un atelier de trois jours consacré à la scénarisation d’un MOOC. Cet atelier avait été commandé par l’AUF / IFIC, dans le cadre d’un programme complet de formation des enseignants à la conception et à la distribution de MOOC.

L’atelier Scénariser un MOOC constitue le premier d’une série de cinq, les suivants étant consacrés à l’animation du MOOC, la réalisation des vidéos et l’utilisation d’edX. 27 personnes y ont participé, tous enseignants universitaires ou conseillers pédagogiques.

Dans l'optique Scénariser un Mooc les étudiants d'abord, la priorité pour les enseignants c'est de faire évoluer l’enseignement à leurs propres étudiants, avant éventuellement d’ouvrir leurs cours à un public plus large. Plutôt SPOC donc avec un souci d'instaurer tutorat et regroupements présentiels afin d'optimiser les formations initiales et faciliter leur intégration aux cursus officiels. On espère ainsi que le taux de 20% de l'enseignement universitaire en ligne projeté il y a une dizaine d'années ait enfin  les moyens de l'ambition.

Références

"Le BOOM Des "MOOC": Enseigner, Se Former Et Apprendre Autrement! | Narjes Merimi." Al Huffington Post. Consulté le 16 mars 2015. http://www.huffpostmaghreb.com/narjes-merimi/le-boom-des-mooc-enseigne_b_6744192.html?utm_hp_ref=maghreb.

"Synthèse De L’enquête: Perspectives De La Pratique Des MOOC En Tunisie." CDCP E-learning. Consulté le 16 mars 2015.
http://cdcp-tn.com/synthese-de-lenquete-perspectives-de-la-pratique-des-mooc-en-tunisie/.

FOFLE. http://fofle.claroline-connect.net/

"Formation Scénariser Un MOOC à Tunis : Les étudiants D’abord." Jamais Sans Mon Laptop. Consulté le 16 mars 2015. https://christinevaufrey.wordpress.com/2015/03/17/formation-scenariser-un-mooc-a-tunis-les-etudiants-dabord/.

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