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La grenouille digitale : l’enseignement d’une science de manière plus éthique -

Par Denys Lamontagne , le 07 février 2000 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

Nous avons presque tous expérimenté ce laboratoire de dissection d’une grenouille au cours de nos études :

«Faites plier le cou de la grenouille entre vos doigts, insérez le pic entre ces deux vertèbres cervicales, décérébrez la grenouille de façon à la garder vivante pour pouvoir l’opérer...»

Ces «laboratoires» sont habituellement chargés de diverses impressions qui interpellent notre perception de la vie.

Plusieurs démonstrations permettent de conclure à une corrélation claire entre le fait de faire souffrir des animaux, d’être violent avec eux et le fait d’avoir un comportement semblable avec les humains. En effet, les gens violents, en général, n’hésitent pas à faire souffrir des animaux. Et cela s’apprend jeune.

Il y a bien des choses qui étaient enseignées dans ce genre de laboratoire sans être au programme!

Et si les animaux étaient, eux aussi, dignes de qualité de vie? Et si ces animaux avaient leur importance dans notre propre qualité de vie? S’il y avait des liens écologiques, organiques, esthétiques, symboliques et autres entres les animaux et nous? Animaux comme humains sont liés; c’est un fait.

L’histoire des grenouilles et des crapauds est évocatrice à cet égard.

La pratique de vivisection de millions de grenouilles à travers l’Amérique à des fins éducatives a eu un fort impact écologique sur les populations de grenouilles. Dans plusieurs régions, certaines populations étaient même menacées de disparition; dans d’autres, l’équilibre entre les populations d’insectes, de grenouilles, de poissons et d’autres bestioles a été rompu.

Chaque année, des millions de grenouilles étaient utilisées aux fins de ce laboratoire pour un prétexte pour le moins discutable : l’organisme d’une grenouille étant tout à fait semblable à celui d’une autre grenouille, il n’y a donc pas nécessité d’en tuer des milliers pour refaire la même expérience. Pourquoi ne pas se limiter à disséquer convenablement quelques grenouilles pour en fournir ensuite les données à l’intérieur d’une simulation informatisée? Plusieurs problèmes seraient alors réglés d’un coup.

C’est ce qu’a fait l’équipe de la « Digital Frog». Depuis 1998, ce logiciel de simulation de la dissection d’une grenouille s’est mérité près d’une cinquantaine de prix et reconnaissances de toutes sortes.

Bref, un logiciel riche, complet, performant, fonctionnel, écologique et didactiquement supérieur. Et puis, moins coûteux et plus facile à manipuler que des dizaines de grenouilles...

Digital Frog : chaudement recommandé. Boooaaarp!

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