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La formation du patient : une partie de la solution aux crises budgétaires en santé

Par Denys Lamontagne , le 19 janvier 2010 | Dernière mise à jour de l'article le 20 janvier 2010

Le nombre de sites sur la santé à l'affût de la moindre inquiétude ou douleur physique est tout simplement ahurissant;  sites généraux grand public, sites spécialisés dans l’accompagnement de pathologies exotiques, sites de professionnels, sites marchands, sites vulgarisés de qualité, sites improvisés... on trouve de tout.

Hôpitaux, fondations, compagnies pharmaceutiques, associations de malades, associations de professionnels, instituts de formation, médias et individus, chacun tente d’apporter les réponses ou, à défaut, un peu de savoir et de soutien.

Comme le professeur dans une classe branchée, le médecin a de plus en plus souvent devant lui un patient branché qui a lu ou qui lira des informations sur son problème, qui analysera son diagnostic et en discutera dans les forums, qui consultera des bases de données en sémiologie (à partir des signes et symptômes) et qui s’intéressera parfois à son problème de manière plus intéressée et approfondie que quiconque.

Comme le professeur, le médecin à deux choix devant lui : soit se rebiffer et considérer l’action du patient comme une insulte à sa compétence et son savoir, soit collaborer avec son patient et le considérer comme participant, comme un associé dans la recherche de la solution.

Un nouveau marché pour les institutions d’enseignement

Les institutions médicales font face à des charges de travail en augmentation, à l'escalade des coûts et à l’insuffisance des ressources, sans compter les gouvernements dont une part grandissante des budgets va à la «santé», sans limite politiquement viable en vue. De leur coté, les universités ont le mandat de former médecins et spécialistes de la santé pour un système toujours plus exigeant. Se pourrait-il que la formation et l’information du patient puisse être une partie de la solution à la fois du côté préventif et du côté du suivi ?

Il semble possible que la formation du patient puisse être prescrite comme faisant partie du traitement.  Un cours comme «Introduction à la médecine humaine» (Université du Québec à Trois-Rivières) vise en partie ce but, sans toutefois aller jusqu'à l'objectif d’habilitation du patient.

Un suivi que les institutions à distance offrent déjà à leurs étudiants

Justement, il semble que ce soit l’aspect officiel, prescrit, qui fasse défaut aux cours en santé à destination du public.  Rendre le patient actif, entraîné et lui offrir un suivi où il peut à la fois vérifier ses compétences et être équipé pour mesurer les changements ou suivre son état devrait plaire au médecin comme au patient.  De plus, les universités et collèges sont équipés pour effectuer le suivi à distance de leurs étudiants et monitorer leurs progrès ou leurs activités.  Il n’y a qu’un mot à changer pour assurer la formation et le suivi des patients.

Pour que ce marché des cours à distance puisse se développer, il faudra précisément travailler avec les professionnels de la santé pour qu’ils prescrivent aussi bien des pilules et des examens que les formations appropriées à l'état de leurs patients.

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