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La formation en ligne dans les institutions d'éducation supérieure en Europe

Un portrait positif des institutions européennes, par la European University Association

Par Denys Lamontagne , le 05 mai 2015 | Dernière mise à jour de l'article le 03 juin 2015

La popularité des Moocs a franchi les limites classiques de la formation à distance et s'est répandue comme une lente vague de tsunami qui aurait pénétré tous les temples de la connaissance, mouillant au passage livres et documents pourtant soigneusement entreposés.

La numérisation avancée de la plupart des institutions d'enseignement supérieur avaient déjà bien ouvert les portes. Devant ce phénomène, la European University Association a voulu savoir ce qui en était, question de départager les prédictions les plus fantaisistes quant à l'avenir des universités de celles plus probables. 249 réponses d'institutions supérieures européennes ont été reçues, de 38 systèmes éducatifs.

Des données surprenantes et positives

L'étude «E-learning in European Higher Education Institutions» (.pdf) est plutôt surprenante : presque toutes les institutions sont impliquées dans le e-learning : 91 % font de l'enseignement hybride (blended learning), 82 % offrent des cours en ligne. La collaboration entre institutions est en hausse, tout comme les diplômes en ligne et les examens en ligne sont de plus en plus fréquent, même pour les cours traditionnels !

Au delà des motivations économiques et pédagogiques, les institutions justifient leurs choix par un besoin grandissant de flexibilité dans le temps et dans l'espace et par un meilleur usage des ressources.

Plus précisément, la moitié des institutions ont implanté le e-learning dans toute l'institution, les mêmes qui ont une stratégie au niveau institutionnel. Mais moins du tiers impliquent tous ou la plupart de leurs étudiants. La plupart des facultés l'utilisent mais beaucoup moins dans les arts et le droit. Dans les faits, seules 20 % des institutions déclarent utiliser le e-learning dans toutes les disciplines. Il y a donc bien des possibilités de progrès et cet état reflète la prudence institutionnelle.

Le rapport fournit aussi des données intéressantes sur les services et équipements numériques impliqués, en corrélation assez directe avec les utilisations et utilisateurs.  Quant à savoir si c'est la capacité de livraison qui détermine les services que l'on peut offrir, la question est posée. Probablement que la décision initiale est avant tout politique, administrative et budgétaire, le tout s'inscrivant dans le courant plus général de la numérisation globale de toutes les activités.

Les chercheurs ont été surpris de constater que ce ne sont pas les institutions techniques ou spécialisées à distance qui sont les plus avancées. Dans le même pays et dans le même type d'institution, de très grandes différences ont été constatées, démontrant à quel point le leadership local est une donnée clé.

Il semble n'y avoir aucun changement soudain et brutal mais plutôt une adaptation graduelle, à différents rythmes et échelles à travers l'Europe en une réponse rapide aux défis stratégiques.

Ce rapport dense et touffu tente de comprendre les dynamiques en jeu pour finalement définir des recommandations politiques et de gouvernance universitaire.


Télécharger : E-learning in European Higher Education Institutions
Novembre 2014 .pdf
Results of a mapping survey conducted in October-December 2013
Michael Gaebel, Veronika Kupriyanova, Rita Morais, Elizabeth Colucci
http://www.eua.be/Libraries/Publication/e-learning_survey.sflb.ashx

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