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Le parcours ambitieux d'une «makeuse» de matériaux

Un témoignage fort instructif pour tous les jeunes hommes et femmes qui travailleront à implanter des initiatives d'économie circulaire

Par Alexandre Roberge , le 24 mai 2015 | Dernière mise à jour de l'article le 25 mai 2016

À une époque où le discours du développement durable devient la norme, il semble presque évident de prendre le virage recyclage. Sauf que cela est plus facile à dire qu'à faire.

En effet, le tournant écologique ne trouve pas toujours écho dans l'économie traditionnelle. Ceux qui se tournent vers l'économie du recyclage savent qu'ils devront batailler dur pour faire leur place et mettre en valeur leurs idées.

Parlez-en à Caroline Grellier, une designeure diplômée en 2013, qui a décidé d'être « makeuse de matériaux ». Son désir ? Récupérer les tonnes de sous-produits de l'activité vinicole pour créer de nouveaux matériaux recyclés. Depuis le début de l'année 2015, périodiquement, elle écrit un article sur le site Makery qui se spécialise dans le mouvement « Do it yourself ». Jusqu'à maintenant, cinq textes ont été publiés. Ils démontrent bien toutes les étapes à parcourir pour développer un nouveau marché.

D'une idée à sa réalisation

Tout a commencé avec une idée de recherche sur les tonnes de rebuts produits par l'industrie du vin en France, qui finissient souvent brûlés par les agriculteurs, Caroline Grellier s'est demandé s'il n'était pas possible – dans une idée d'économie circulaire – de concevoir des matières à partir de ces déchets. Les premiers résultats ayant été encourageants, la jeune femme met en place une microentreprise, une coopérative, pour développer des partenariats avec des laboratoires et les producteurs vinicoles.

Inspirée par son stage de neuf mois au Togo et par la vitalité des fablabs en Afrique, elle revient en France diplômée et retourne dans un processus de recherche pour créer de nouveaux matériaux intéressants et qui auront une réelle utilité. Une procédure stimulante, mais qui demande beaucoup de temps. D'autant plus qu'il faut tenir à bout de bras une petite entreprise et espérer qu'elle grandisse. Et puis des questions se posent comme celle du modèle économique ou le choix de breveter ou non ses créations. La rencontre d'autres cerveaux peuvent aider à se donner des idées pour la suite.

C'est ce qui arrivé durant le Salon de l'Agriculture 2015. Un concours organisé appelé « La Start-up est dans le pré » offrait l'opportunité à des créateurs de développeur une petite entreprise innovante l'espace d'un week-end. Des personnes se rassemblaient et pondaient un pitch pour vendre le projet au jury. Ceux-ci attribuaient par la suite des prix à ce qui semblaient être les meilleurs projets. Après un week-end emballant où l'entreprise a pris le nom « La Termitière » et la troisième place du concours, venait le moment de rencontrer les scientifiques de l'INRA (Institut National de Recherche Agronomique) pour partager les découvertes et les façons de valoriser les rebuts de la production de vin et, bien sûr, pour développer un partenariat entre elle et des chercheurs.

Dernièrement, elle est retournée au Togo pour voir comment fonctionnaient des entreprises similaires qui doivent aussi gérer des budgets faméliques et produire des matériaux en demande pour la construction de maisons. Toujours dans une idée, bien sûr, d'économie circulaire et de proposer aux habitants des matières à bas prix, mais solides pour pouvoir se loger. Et la suite? À suivre…

Une chose est sûre, l'aventure de La Termitière se poursuit. Il est possible de surveiller les actualités de l'entreprise sur Facebook et Twitter. Cette série d'article démontre toutefois toute l'inventivité et la détermination que demande la création d'une gazelle dans le domaine de la réutilisation et du recyclage. Il faut savoir s'entourer, trouver des contacts et faire passer le mot pour que l'intérêt grandisse. Des qualités bonnes à tout entrepreneur, mais qui prennent particulièrement du sens quand il s'agit de vendre de toutes nouvelles façons de faire.

Illustration : YSK1, shutterstock

Références

Grellier, Caroline. "Chronique D’une Makeuse En Matériaux #1." Makery. Dernière mise à jour : 5 janvier 2015. http://www.makery.info/2015/01/05/chronique-dune-makeuse-en-materiaux-1/.

Grellier, Caroline. "Chronique D’une Makeuse En Matériaux #2." Makery. Dernière mise à jour: 2 février 2015. http://www.makery.info/2015/02/02/chronique-dune-makeuse-en-materiaux-2/.

Grellier, Caroline. "Chronique D’une Makeuse En Matériaux #3." Makery. Dernière mise à jour : 2 mars 2015. http://www.makery.info/2015/03/02/chronique-dune-makeuse-en-materiaux-3/.

Grellier, Caroline. "Chronique D’une Makeuse En Matériaux #4." Makery. Dernière mise à jour : 6 avril 2015. http://www.makery.info/2015/04/06/chronique-dune-makeuse-en-materiaux-4/.

Grellier, Caroline. "Chronique D’une Makeuse En Matériaux #5." Makery. Dernière mise à jour : 5 mai 2015. http://www.makery.info/2015/05/05/chronique-dune-makeuse-en-materiaux-5/.

La Start-Up Est Dans Le Pré. Consulté le 18 mai 2015. http://lastartupestdanslepre.fr/.

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