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Un dossier incontournable sur l'AVAN (BYOD)

Le « Apportez votre appareil numérique » demande une planification très grande et une réflexion sur les avantages et inconvénients. Un dossier éclairant a été publié à ce sujet.

Par Alexandre Roberge , le 07 juin 2015 | Dernière mise à jour de l'article le 19 juin 2015

Les technologies de l'information et de la communication font maintenant partie intégrante du quotidien des jeunes. Le constat est indéniable et l'école l'a en partie compris. Une part importante du corps professoral y voit ainsi la possibilité d'intégrer les téléphones et tablettes que possèdent les apprenants comme des «ardoises» 2.0 avec leurs diverses applications.

Ainsi, ils sont de plus en plus à choisir d'aller dans le « BYOD » (Bring your own device), connu également sous le nom « BYOT » (Bring your own technology), ou en français le AVAN (Apportez votre appareil numérique). La logique : puisque les familles sont de plus en plus nombreuses à posséder un appareil intelligent ou un ordinateur portable, il suffit de demander aux élèves d'apporter celui-ci afin de s'en servir en classe et économiser sur l'achat de technologies. Toutefois, le processus se fait lentement parce qu'il n'est pas si simple de mettre en place le AVAN. Ce dossier publié au début de l'année 2015 par L’École branchée en collaboration avec le Carrefour éducation, le rappelle bien.

Réfléchir sur la mise en oeuvre

Après une explication sommaire du BYOD, le dossier précise les différents types d'implantations possibles dans les classes et établissements scolaires. Il y est vite expliqué qu'il s'agit pour le professeur de choisir si c'est lui qui aura le plus de latitude ou l'élève qui aura plus de liberté dans les choix de machines et d'applications. Par exemple, un enseignant peut exiger un type d'appareil précis avec une configuration tout aussi explicite; à l'opposé du spectre des élèves peuvent apporter tous les appareils qu'ils désirent. Il n'y a pas de bonnes ou de mauvaises implantations, tout dépend des désirs de contrôle sur la classe ou des possibilités pédagogiques souhaitées.

La politique des technologies dans l'établissement doit être crée ou adaptée car il est évident que toutes les familles ne peuvent se permettre une tablette ou un téléphone dernier cri.  L'école doit donc s'en procurer et réfléchir à la politique de prêt. S'il est la propriété de l'école, l'enfant pourra-t-il l'amener à la maison? Sinon, il faut donc que les enseignants développent des activités où l'appareil ne sert qu'en classe pour ne pas les pénaliser.

Et puis, il est essentiel de choisir la machine. Un ordinateur sera idéal, par exemple, pour des exercices de tableur alors qu'une tablette sera plus recommandée pour des activités de géolocalisation. De plus, il est nécessaire que les établissements soient cohérents dans leurs règlements. Il semble incongru d'à la fois interdire les téléphones portables en classe ou dans l'enceinte de l'école, tout en autorisant du même souffle les usages pédagogiques.

Autres caractéristiques essentielles pour qu'une expérience de AVAN fonctionne bien. Il faut s'assurer d'avoir un accès Internet fiable et performant avec une bande passante importante afin que cela vaille la peine.

En effet, il y aura des applications et des mises à jour à télécharger et nombreux sont les logiciels qui demandent un accès permanent au Web. Il est primordial de responsabiliser les élèves à ne pas être distrait par ces machines qui, oui, peuvent être de véritables petites salles d'arcade ou de bavardage. Adopter une politique d'interdictions ne fait que susciter chez les jeunes l'envie de contourner les interdits. C'est pourquoi la plupart des établissements utilisent des chartes et codes de conduite avec des conséquences claires liées à un usage fautif d'un appareil.

Une lecture incontournable

Le dossier n'est donc pas là pour faire que les éloges du AVAN. Tous les désavantages y sont cités. D'ailleurs, dans une liste de pour et de contre, il y a 8 avantages pour 7 inconvénients. Ce n'est donc pas une solution miracle, facile à mettre en place. Il y a des coûts reliés, une préparation et un travail supplémentaire et surtout, il est tenu d'intégrer les parents dans le processus.

Tous ne sont pas des technophiles et certains ont une vision plutôt carrée du rapport technologie-enfant. C'est donc aux enseignants de leur expliquer les futurs usages, leur montrer s'il est possible et en discuter pour voir les points qui achoppent.

En fin de dossier, sont présentés une dizaine de vidéos et articles qui expliquent davantage le phénomène. C'est sans compter une bibliographie touffue qui permet de lire des dizaines d'études menées sur le sujet au Canada. Un dossier à la fois exhaustif, mais facile à lire qui est incontournable à consulter avant l'implantation d'un projet AVAN.

Illustration : Matthew Cole, shutterstock

Référence :

Fiévez, Aurélien en collaboration avec Gabriel Dumouchel. "Le BYOD : Entre Perspectives Et Réalités Pédagogiques." L'École Branchée. Dernière mise à jour : 27 février 2015.
http://www.ecolebranchee.com/2015/02/27/dossier-le-byod-entre-perspectives-et-realites-pedagogiques/.

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