Articles

Les MOOC du futur : vers plus d'engagement

Des scientifiques y travaillent! Réunis en colloque à Lille début juin 2015 sous l'édige du laboratoire Cirel, ils planchent sur les comportements des participants couplant approches quantitative et qualitative.

Par Evelyne Jardin , le 09 juin 2015 | Dernière mise à jour de l'article le 15 juillet 2015

Entre l'ouverture et la clôture de ce passionnant colloque qui s'est tenu à Lille du 3 au 5 juin 2015, nous avons pu assister à des échanges nourris de spécialistes issus de plusieurs disciplines (sciences de l'éducation, sociologie, psychologie, informatique...).

Ils étaient venus du Québec ou de la Belgique voisine pour débattre des MOOC, des jeux sérieux et des apprentissages informels en ligne : "les 3 pieds du tabouret de la e-formation", selon un organisateur. Morceaux choisis sur les dernières avancées scientifiques concernant l'apprentissage par les MOOC.

Fin du symposium #eforma15 Bravo aux organisateurs -trices pic.twitter.com/e4LVww2vd2

— Evelyne Jardin, PhD (@EvelyneJardin) 5 Juin 2015

Le Graal : l'engagement

Les MOOC sont des cours en ligne, plus ou moins ouverts. Certains MOOC comptent des centaines de milliers d'inscrits. En France, le plus populaire lancé en 2012 par Rémi Bachelet (Ecole centrale de Lille) porte sur la Gestion de projet. Il est désormais certifiant : 3 certifications sont proposées. Entre 2012 et 2015, ce MOOC a permis de collecter de nombreuses données qui sont accessibles à tous a signalé R. Bachelet, présent au colloque. Il remarque que la popularité d'un MOOC (nombre croissant d'inscrits) ne signifie pas un accroissement des participants actifs.

D'où l'une des questions phare du colloque : comment engager davantage de participants? Comment mieux connaître les comportements des participants les plus actifs pour «diffuser» leurs pratiques auprès des autres?

Deux approches se sont affrontées : celle, quantitative, de l'analyse des traces numériques laissées par les participants et celle, qualitative, de l'interrogation par questionnaire et par entretien d'un groupe plus réduit de participants.

L'analyse des traces

Bruno Poellhuber (université de Montréal) a étudié les traces laissées par des étudiants ayant suivi un MOOC donné pendant 6 semaines par HEC Montréal.

Une analyse statistique a permis de répartir les actifs en 4 groupes :

  • l'évaluateur (il fait les tests sans même regarder les vidéos),
  • le lecteur curieux (il regarde les documents et les vidéos sans faire systématiquement les tests),
  • l'actif individualiste (il regarde les doc sans participer aux échanges sur le forum),
  • l'actif social (il regarde les doc et participe aux échanges).
     

B. Poellhuber montre qu'une corrélation forte existe entre les usages des participants et leur persévérance, autre point noir des MOOC où les taux d'évaporation sont énormes.

Pour rendre les participants plus actifs, il conviendrait de leur proposer des activités qu'ils délaissent. Autre résultat : attention, a-t-il dit, pour comprendre les mécanismes tapis derrière la persévérance :« Il faut regarder ce que font les participants et pas ce qu'ils disent faire ».

Une pierre lancée dans le jardin des chercheurs privilégiant une approche plus qualitative.

Colloque #eform15 sur les #Mooc #elearning #eformation pic.twitter.com/k68zTOagga

— Franck Henry (@franck_henry) 4 Juin 2015

L'étude des participants

Annie Jézégou (université de Lille 1) s'est penchée sur 38 participants à Itypa, le premier MOOC connectiviste francophone. « C'est un MOOC avec un haut degré d'ouverture (cette chercheure a construit GEODE, un outil de mesure d'ouverture), une grande liberté de choix et une forte dimension sociale des apprentissages », a-t-elle précisé.

Grâce à l'analyse des réponses des participants, elle a pu rejeter l'hypothèse d'un lien entre la persévérance et l'aisance technique. « La persévérance est liée à la disponibilité de l'apprenant », constate-t-elle.

Oui, les futurs MOOC devraient s'améliorer grâce aux études scientifiques portant les comportements des apprenants et particulièrement des « bons élèves ».

Lors du moment conclusif, A. Jézégou et France Henri (Télé-Université du Québec) ont donné à voir un programme de recherche passionnant qui placerait le projet au coeur du dispositif d'apprentissage. « Il faut renverser la posture pédagogique a affirmé A. Jézégou, ce qui est important, ce n'est pas ce que j'enseigne, c'est ce que vont apprendre les participants ».

En attendant des applications concrètes, les MOOC sont dors et déjà un objet de recherche et les chercheurs qui s'y intéressent ont démontré dans ce colloque qu'ils peuvent dépasser leurs querelles méthodologiques et leur découpage disciplinaire. Chapeau!
 

Informations complémentaires

 

MOOC, un objet scientifiquement identifié

Avez-vous apprécié cette page?

Voir plus d'articles de cet auteur

Accédez à des services exclusifs gratuitement

Inscrivez-vous et recevez des infolettres sur :

De plus, indexez vos ressources préférées dans vos propres dossiers et retrouvez votre historique de consultation.

M’abonner
Je suis déja abonné