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La classe inversée : paroles d’…apprenants

La classe inversée vue par les apprenants

Par Élodie Lestonat , le 07 juillet 2015 | Dernière mise à jour de l'article le 24 septembre 2015

La classe inversée met l’apprenant au centre de la démarche d’apprentissage. Cependant l’apprenant n’est pas seul dans cet tâche. Son autonomie n’est souvent que ponctuelle car l’apprentissage collaboratif n’est pas très loin.

Ainsi, passé le temps de l’acquisition nécessaire des pré requis, selon un mode d’apprentissage individuel, le réinvestissement des connaissances et leur prolongement se fait souvent autour de projets ou d’activités mobilisant un groupe d’élèves ou tout au moins un binôme.

Plus encore, ce n’est pas seulement l’espace personnel qui se modifie mais aussi l’organisation temporelle, car si l’autonomie permet à l’apprenant d’appréhender le visionnage de capsules selon son rythme, le travail en temps de classe présuppose une adaptation à celui du groupe que l’on peut certes influencer mais pas contraindre.

Se frotter au travail de groupe

Cette bascule entre travail individuel et travail en groupe n’est pas nouvelle mais elle est constante dans la démarche de classe inversée. Or les élèves n’apprécient pas toujours de se plier au rythme d’un groupe.

Dans une démarche plus traditionnelle, les élèves critiquent souvent le travail de groupe qu’ils vivent parfois comme un frein et comme peu porteur en terme d’acquisition de savoirs. Ils oublient alors que certaines compétences comportementales ne peuvent s’acquérir qu’au travers de l’exercice difficile de la communication et que chercher à l'éviter ne met qu’un obstacle supplémentaire à leur insertion professionnelle.

Il est donc profitable d’expliquer cette démarche de classe inversée au public impliqué. Au-delà des aspects généraux, il est nécessaire d’expliciter l’organisation et le cadre d’apprentissage. Plus encore il convient de présenter de façon claire les objectifs visés pour que l’apprenant décèle dans le travail demandé ce qu’il sera en mesure d’acquérir et la cohérence de l’articulation maison-classe. L’accent sera mis sur les objectifs visés au travers du travail en présentiel afin que cet environnement soit compris comme le lieu favorisant l’intégration et l’assimilation tant des connaissances que des méthodologies.

Voici 3 questions que se posent souvent les apprenants qui expérimentent la classe inversée et les constats qu’ils peuvent faire sur cette démarche. Les réponses de ces élèves offrent l’intérêt d’une approche très pragmatique.

 1.    Quelle est l’utilité d’une capsule visionnée avant le cours en classe ?

Le site espe-formation.unistra.fr propose l’interview d’élèves de première S qui expliquent en quoi la vidéo portant sur l’intervention d’un conférencier a pu être bénéfique tant en terme de compréhension du cours de SVT qui a suivi que de la mémorisation des savoirs abordés (épisode 2 du côté des élèves).

Cependant ce témoignage est contrebalancé par celui d’élèves qui indiquent que le visionnage de capsules est parfois un exercice difficile en termes de compréhension des notions et présentées (épisode 1 du côté des élèves). Il est parfois nécessaire à nombres d’élèves de revoir la capsule. Certains mêmes indiquent qu’il leur est nécessaire que le professeur explique à nouveau. Le bilan est que l’enseignant explique mieux que la capsule qu’il a choisie…

Remarque :

Le site espe-formation.unistra.fr propose une série de témoignages des différents acteurs impliqués dans cette démarche de classe inversée. Les avantages tout comme les limites vécues par les apprenants sont présentées.

En ce qui concerne les critiques liés à la compréhension des capsules, on souligne le choix difficile et périlleux des supports vidéos pour les enseignants. Certains d’ailleurs peinent à trouver une capsule déjà réalisée qui soit adaptée à leur public ou à leurs objectifs. Entre une capsule trop lacunaire et une autre trop ambitieuse, la solution pour l’enseignant est de créer sa propre capsule. A condition d’avoir anticipé et s’être formé à la conception de ces capsules qui nécessitent des compétences techniques et scénaristique...

2.    Le travail en groupe est-il utile ?

Il semblerait que ceci ne soit plus à prouver. Les élèves retirent une grande satisfaction à apprendre grâce à la constitution de groupe au sein desquels ils peuvent interagir.

La remarque d’une élève de primaire dans cette toute nouvelle vidéo est éloquente : « dans les binômes on peut s’aider à deux et comprendre à deux »

Remarque :

On s’interroge sur le rôle du groupe dans l’interaction et dans la dynamique qu’il impulse aux apprentissages. Le groupe est appelé à évoluer selon les membres qui le compose. Il peut parfois s’avérer utile que l’enseignant observe le fonctionnement du groupe et qu’il décide de les modifier au cours de l’année. Le groupe n’est pas seulement l’agrégation d’individus mais un ensemble de personnalités différentes qui s’enrichissent au contact des unes des autres.

3.    L’utilisation des technologies numériques vous permet-elle d’être plus impliqués dans votre formation ?

En enseignement professionnel, citons l’exemple de l'Ecole Boulle qui utlise différents types de supports pour mobiliser les élèves : SMS pour rappel du travail à effectuer à la maison, capsules disponibles en lignes et sur plateformes Moodle, exercices et autoévaluation en ligne. L’élève qui introduit cette vidéo y indique clairement que cette démarche lui « permet de rentrer en classe en sachant déjà ce que l’on a à faire».

De la même manière les élèves de série STMG apprécient « d’avoir les cours sur internet et ne pas s’embêter à comprendre de longues longues pages, de les perdre et de devoir les chercher pour les contrôles. » Cette interface disponible permet de rattraper les cours et de combler les lacunes. On est donc bien dans l’objectif initial de Aaron Sams et Jonathan Bergmann en 2007 (voir l’épisode 1 du storify sur la classe inversée).

De plus, les élèves s’accordent à considérer qu’il y a «plus de temps passé à travailler à la maison, ce qui n’est pas mal .. » et qu'ils ont pu gagner en autonomie.

 Remarque :

Les outils, les supports et les ressources numériques mises à disposition des apprenants sont facilement intégrés dans leurs pratiques d’apprentissages. Les « multitaskers » s’accommodent plutôt facilement du passage de l’un à l’autre.

D'autres témoignages d'élèves devraient compléter prochainement ces quelques retours d'expérience et faire évoluer tant les scénarios pédagogiques construits dans le cadre de classes inversée que la diversité des pratiques numériques existantes.

Illustration : www.BillionPhotos.co, ShutterStock

Références

https://storify.com/thot/la-classe-inversee

Académie de Paris. "Académie De Paris - La Classe Inversée En Enseignement Professionnel." Académie De Paris - Rectorat De Paris - Accueil. date de consultation 7 juillet 2015. http://www.ac-paris.fr/portail/jcms/p2_1073062/la-classe-inversee-en-enseignement-professionnel.

"La Classe Inversée." La Fabrique De L'ESPE. Date de consultation 7 juillet 2015. http://espe-formation.unistra.fr/webdocs/ci/.

Lestonat, Elodie. "La Classe Inversée. Episode 1 – Pourquoi Faut-il S’y Intéresser ?" Thot Cursus. Date de publication 22 février 2015. http://cursus.edu/article/25007/classe-inversee-episode-1-pourquoi-faut

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