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Cartographiez votre région, comme des milliers de bénévoles le font déjà

Par Tété Enyon Guemadji-Gbedemah , le 11 mai 2010 | Dernière mise à jour de l'article le 11 juin 2011

L’une des success-stories de la collaboration de masse est sans nul doute le projet de cartographie libre dénommé OpenStreetMap (OSM). Cet outil a été créé au Royaume Uni en juillet 2004, le projet massivement collaboratif a été lancé deux ans après.
Steve Coast, son initiateur, est parti du constat que « la plupart des cartes qui semblent libres ont en fait des restrictions d’utilisation légales ou techniques, empêchant de les utiliser de manière créative, productive ou tout simplement selon vos souhaits ».

OSM est un projet exécuté à l’échelle mondiale et il mobilise selon les statistiques environ 240.000 contributeurs à la date du 12 avril 2010. Pour la plupart, ce sont des étudiants, des informaticiens et des militants pour des logiciels libres.

Bref, une communauté active répartie dans le monde et qui travaille sur une base coopérative comme dans le cas du projet d’encyclopédie libre Wikipédia. OSM est un grand projet qui englobe des projets de cartographie de pays ou de région pas des moindres.

Comme dans tout projet collaboratif, les contributions sont révisables à tout moment par n’importe quel contributeur ; la finalité étant de parvenir à des données actualisées et correctes. Elles peuvent même faire l'objet de discussions. Dans l'esprit de la culture libre, les cartes réalisées sont libres de tous droits.

La collaboration dans OSM

Pour participer au projet OSM, il faut préalablement s'inscrire sur le site et dans le wiki, deux plates-formes différentes. Ensuite, il faut se munir d'un appareil GPS, collecter les données géographiques, les téléverser sur le plate-forme OSM et enfin les éditer. Un processus en cinq étapes, expliqué dans un didacticiel conçu spécialement pour guider le cartographe contributeur d'OSM dans ses premiers pas. Un autre guide aussi succinct est mis en ligne par la communauté francophone d'OSM.

On lira utilement le dossier OpenStreetMap, les routards du web du site Ecrans.fr et principalement les cinq derniers épisodes, pour une explication plus vivante de ce processus. L'auteur dudit dossier y raconte sa première expérience de contributeur d'OSM.

Depuis 2007, OSM organise la conférence mondiale State of the Map. Celle de cette année va se dérouler en juillet prochain à Girona en Espagne. Ce rendez-vous de la communauté des "mappeurs" permet d'impulser une dynamique à la collaboration et offre l'opportunité de discuter des défis du mouvement dont l'objectif ambitieux est la cartographie libre du monde.

Les clés de la popularité

De toute évidence, on est loin d'atteindre aujourd'hui cet objectif. Mais on peut déjà tirer quelques enseignements de la popularité de ce projet de collaboration de masse. Trois enseignements mis au jour dans un article intéressant publié par le webzine Baliz-media.com.

Un besoin général

La plupart des cartes connues sont soumises à des conditions d'utilisation sévères. Sur ces cartes, par exemple, il est impossible de changer même la couleur d’un élément ou d'y corriger quelque chose. Or des erreurs sont apparemment insérées délibérément par les producteurs, justement pour piéger quiconque ferait un usage non convenu des données.

OSM cible cette limitation de la cartographie classique et propose une solution au besoin des utilisateurs désireux de modifier ou de mettre à jour les cartes existantes. « Ainsi, les individus ou entreprises qui le veulent peuvent donc utiliser les données OSM sans frais, et les traiter selon leurs besoins, les plus divers, inattendus et créatifs soient-ils (...) ».

Une meilleure accessibilité

Le projet OSM n'aurait pas connu sa renommée actuelle si les outils de GPS n'étaient accessibles financièrement. Autrefois réservée aux professionnels, la géolocalisation est devenue une activité ludique. La cartographie quant à elle est simplifiée de jour en jour par les outils en ligne.

En résumé, une meilleure accessibilité des outils induit un accroissement des utilisateurs, partant une mobilisation considérable en ce qui concerne les projets collaboratifs.

Un service à la communauté

Finalement, la participation des contributeurs pourrait bien s'expliquer par leur engagement en faveur de leur communauté d'appartenance et de la communauté mondiale. Ce que résume bien cette boutade : "OSM donne donc la possibilité à toute personne de devenir le cartographe de sa région".

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