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Visite du K Lab de l'ESSEC

La prestigieuse université d'Harvard vient d'ouvrir sa première classe virtuelle. De l'autre côté de l'Atlantique, il se passe aussi des choses. Visite et rencontre au K Lab de l'Essec à Cergy au nord-ouest de Paris.

Par Evelyne Jardin , le 15 septembre 2015 | Dernière mise à jour de l'article le 14 octobre 2015

K Lab, ESSEC

L'ESSEC, c'est la Poulidor des grandes écoles de commerce en France, quasiment toujours classée deuzième, derrière HEC, d'après plusieurs magazines (Le Point, L'Etudiant, Le Parisien, Le Figaro). Mais, elle vient de lui voler la vedette en ouvrant, fin 2014, le K Lab (K pour Knowledge), "équivalent d'un Fab Lab pour l'immatériel", nous explique Benjamin Six, son responsable.

Ouvert à la fin de l'année 2014, le K Lab occupe actuellement 500 m2 dans les locaux de l'ESSEC à Cergy. Il comprend 2 grandes salles modulables dont l'une munie de 4 caméras permet de filmer un cours ou des focus groupes, sous des angles différents et l'autre aménageable à l'envie avec des panneaux coulissants contenant jusqu'à 80 personnes (cf. photo). D'ici fin octobre 2015, le K Lab passera à 900 m2. Deux studios d'enregistrement vidéo dont un professionnel (pour réaliser les capsules vidéo des MOOC), un espace créatif, une salle d'immersion 3D et un laboratoire de recherche expérimentale sont encore en travaux lors que notre visite (voir le plan).

En reportage au K Lab @essec Prochain article pour @thot -> une vidéo est sur @periscopeco #learningLab #edtech — Evelyne Jardin, PhD (@EvelyneJardin) 7 Septembre 2015

Depuis l'ouverture, une trentaine d'enseignants couvrant tous les départements de l'ESSEC (management en tête) ont mené diverses expérimentations : des classes inversées, bien sûr. "C'est un dispositif qui a fait ses preuves, constate B. Six. Aussi, nous allons équiper des salles de l'école car le K Lab a pour vocation de faire éclore des projets nouveaux". Original : une start-up a monté un resto de rue pour tester quel serait l'aménagement optimal. Des élèves filmaient tous leurs faits et gestes avec des Google glasses. "La salle transformée en resto a remporté un franc succès", se souvient amusé, B. Six (photo).

Bientôt

"Avec les futurs locaux, nous allons pouvoir renforcer le versant recherche du K Lab. Par exemple, des cabines permettront de mener des expérimentations en négociation en respectant les protocoles scientifiques". Tout ceci a un coût : 800 k€ d'investissement pour la construction du K Lab et un budget annuel d'environ 500 k€. "Nous sommes quatre pour accompagner les projets d'innovation", précise B. Six. A terme, ces espaces et particulièrement le laboratoire de recherche expérimentale devrait s'ouvrir aux partenaires de la Comue Paris Seine".

L'ESSEC dispose aussi d'un Learning Lab implanté à l'antenne de Paris - La Défense (le plus grand centre d'affaires d'Europe) et un autre K Lab ouvrira ses portes fin 2015 à Singapour.

3 questions à Emmanuelle Le Nagard, Professeure de Marketing et Doyenne associée à la pédagogie à l'ESSEC.

Thot Cursus : Comment utilisez-vous le K Lab?

Emmanuelle Le Nagard : Mes étudiants en Mastère spécialisé planchent sur des projets de création d'entreprise. L'espace modulable du K Lab facilite grandement le travail de groupe et les restitutions sur les panneaux blanc à roulette permettent aux étudiants de passer d'un projet à un autre très facilement. Imaginez la même chose dans un amphi, ce serait compliqué!

Bien sûr, cette méthode de travail en petit groupe anime les échanges entre les étudiants et nous les voyons travailler en direct. Cela peut modifier notre évaluation de leur travail.

TC : Les cours ne sont pas la seule occasion d'appropriation du K Lab?

ELN : Non, bien sûr. Benjamin Six vous a raconté l'expérimentation du restaurant. Autre exemple : nous avons invité les parents des étudiants de 1re année. Accueillis dans le K Lab, nous avons pu présenter notre programme devant des groupes de parents, facilitant considérablement les interactions.

En amont, en février 2015, nous avons organisé un séminaire pour repenser entièrement nos enseignements de 1re année. Là aussi, les locaux du K Lab ont été investis par les enseignants, le staff de l'école et des anciens élèves. Des visio-conférences ont pu avoir lieu, un dessinateur croquait en direct nos idées et ses dessins étaient projetés sur un écran. En 2 jours, le dispositif nous a permis d'accélérer l'accouchement de notre nouveau programme.

Il se passe bien des choses dans notre K Lab et nous sommes actuellement plutôt victimes de notre succès. Il devient difficile de trouver des créneaux disponibles! Nos salles de cours doivent donc s'adapter à ces nouvelles pratiques pédagogiques.

TC : Comment les pratiques pédagogiques innovantes se diffusent-elles au sein de l'ESSEC?

ELN : Les échanges entre les enseignants sont très souvent informels. Nous avons aussi mis en place une procédure plus formelle : tous les enseignants qui utilisent le K Lab sont invités à remplir un questionnaire en signalant les points positifs et négatifs de leur expérience.

Et pour faciliter l'échange de bonnes pratiques, des rendez-vous sont régulièrement organisés où des enseignants viennent témoigner. Ce sont les Pédagoteas qui, comme leur nom l'indique, ont lieu à l'heure du thé.

Contact : lenagard[at]essec.edu

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Architecture des espaces physiques d’apprentissage numérique collaboratif sur l'ouvrage de Diana G. Oblinger (dir.), Learning Space, Educause (2006), en ligne [PDF]

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