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La «réussite pour tous» au primaire, à notre portée - Expérience vécue.

Avantages et satisfactions du travail réussi.

Par Denys Lamontagne , le 14 septembre 2015 | Dernière mise à jour de l'article le 14 octobre 2015

Pendant plus de trois ans, de mai 2011 à l’automne 2014, dans une école primaire défavorisée de la région de Québec, une équipe de 16 professeurs, 2 orthopédagogues et une directrice d’école se sont investis pour apprendre à fonctionner comme une communauté d’apprentissage professionnelle (CAP).

Communauté d’apprentissage professionnelle

On en parle, on lit sur les bienfaits de telles communautés d’apprentissage, mais quand vient le temps de passer aux actes, le confort du statu quo l’emporte souvent sauf que, dans cette école, on n’avait plus envie du statu quo : on voulait des enfants qui partiraient d’un meilleur pied dans la vie, malgré des conditions de départ défavorables. 

Avec le support de la direction, des moyens pour favoriser à la fois la communication et la collaboration entre les enseignants et aussi la formation continue des enseignants, la CAP a pris racine et fait maintenant partie du fonctionnement habituel de l’école.

Avec pour résultat que non seulement le sentiment de compétence a augmenté chez les professeurs, que la rigueur et l’efficacité des interventions s’est améliorée et qu’une culture organisationnelle de qualité s’est développée, mais aussi, et surtout, que les élèves en ont profité avec, bien sur, de meilleurs résultats en lecture, écriture et compréhension mais aussi que leur motivation à lire et leur confiance en leurs moyens a augmenté, que les comportements dérangeants ont diminué tout comme les interventions disciplinaires, au profit d’interventions pédagogiques adaptées à chacun.

Si autrefois les professeurs remarquaient surtout les meilleurs et les pires élèves, ignorant la plupart du temps la masse au centre, maintenant tous bénéficient de l’attention et du soutien du professeur.

Mais comment ? Par les données !

Tout d’abord, l’encadrement de cette expérimentation était assuré par deux professeures-chercheuses et deux professionnels de recherche de l’Université du Québec en Outaouais qui ont fourni la formation et le soutien pour que l’école progresse comme CAP.

Ce qu’ils ont fait est d’amener l’ensemble des professeurs à fonctionner comme une équipe qui peut s’entraider et qui se pose systématiquement ce genre de questions :

  • Quelles connaissances ou habiletés essentielles les élèves doivent-ils acquérir?

  • Quelles stratégies d’enseignement seraient les plus efficaces pour amener les élèves à acquérir ces connaissances ou à développer ces habiletés?
     
  • Comment organiser la séquence des interventions pour optimiser l’apprentissage?
     
  • Quelles données permettraient de juger de l’acquisition des connaissances et des habiletés essentielles?


Le dernier point étant à la base d’un changement de fonctionnement. Maintenant on s’appuie sur des données, ces données qui seront au coeur des rencontres collaboratives.

Par exemple. en réponse à la question «Comment fait-on pour savoir si nos élèves progressent ? A-t-on des preuves (données) ?» il faudra obtenir des données pertinentes.  À partir de là on pourra savoir quels sont les élèves qui nous préoccupent et commencer à chercher comment améliorer les interventions ou trouver l’expertise pour surmonter le défi identifié.

L’utilisation des outils de collecte de données est devenu à la fois une compétence à maîtriser et la clé pour l’établissement des priorités d’intervention et des interventions correctement ciblées. Le changement de culture organisationnelle s’est opéré sur ces bases. Il semble que désormais, une majorité d’interventions s’appuient sur des données et non seulement sur l’instinct des enseignants.

Les données supportent les pratiques de différenciation et d’inclusion (on n’oublie plus personne) et elles facilitent l’esprit de collaboration et de concertation entre différents professionnels (orhopédagoque, professeurs, direction) car tous ont développé un langage et des références communes.

Ça vous tente ?

Les défis de ce mode de fonctionnement se résument à quatre catégories soit :

  • l’adoption d’une gestion de classe nécessaire à une collecte plus fréquente de données;
  • l’utilisation des outils d’observation;
  • la préoccupation d'avoir à couvrir le programme officiel;
  • des rencontres plus efficaces pour mieux répondre aux besoins individualisés des élèves.


«Le contexte d’une amélioration continue suppose que les écoles ne doivent jamais être satisfaites.» C’est ainsi que la « réussite pour tous » prend tout son sens !


À lire

Primaire La réussite pour tous, une utopie? Expérience vécue d'une communauté d'apprentissage professionnelle visant cette réussite
Martine Leclerc, Madeleine Piché, Roger Prud'homme, Catherine Dumouchel
https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01182840/document

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