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L'agilité au service de l'école

Comment les nouvelles formes de management aident les enseignants à préparer les professionnels de demain.

Par Nicolas Le Luherne , le 29 septembre 2015 | Dernière mise à jour de l'article le 28 octobre 2015

Le management agile au service de l’école :

Avec l’introduction du numérique les frontières spatiales et temporelles de la classe ont changé. Faire le choix du numérique, c’est entrer dans un écosystème d’apprentissage qui demande une forme de lâché-prise pour l’enseignant. Une autorité descendante ne fonctionne plus dans la mesure où le processus pédagogique ne s’arrête plus quand la cloche sonne.

Comme professeur, il me fallait trouver une autre technique de gestion de la classe qui puisse engager l’élève dans le changement. J’ai eu la chance de tomber sur l’excellent blog : pédagogie agile. La capacité d'adaptation constitue la force du travail de son auteur Christian den Hartigh. Cette technique de ressources humaines est faite de bricolage, de responsabilisation des acteurs et de simplicité. Le choix du management agile peut surprendre mais il correspondait à ce que j’attendais pour les élèves de ma classe : souplesse et bienveillance.

Favoriser la simplicité :

J’ai souvent été bluffé par des applications. Il est vrai que ma culture geek m'incite à utiliser les outils "de dernier cri".  Pourtant, les résultats étaient décevants parce que l’usage ne correspondait pas aux besoins des élèves ou étaient trop complexes. J’avais cédé « au bling bling » en oubliant le principal : l’élève. Le numérique est un outil très séduisant qui offre des possibilités pédagogiques et techniques infinies. Le risque de perdre l’élève dans un processus d’apprentissage trop complexe est bien réel.

L’enseignant agile s’appuie sur deux principes pour penser son scénario pédagogique : une complexité à taille humaine et la culture client. L’agilité est l’éloge de la simplicité pour la réussite des élèves. Une fois la démarche et l’objectif adoptés, une sélection des outils s’opère non pas en fonction des possibilités qu’ils offrent mais de leur utilisabilité pour les élèves.

Savoir bricoler

Parfois, le numérique nous joue des tours et la classe peut rester bloquée pour des raisons techniques. Au départ, je perdais mon temps et celui des élèves à vouloir résoudre un problème technique en cours. J’oubliais que le numérique est un moyen et pas une fin. Il me fallait lâcher prise pour être agile, un des premiers conseils : contourner un problème pour gagner du temps.

L’agilité c’est le mouvement et le bricolage. Un peu comme un musicien de Jazz qui suit la partition et improvise pour favoriser le plaisir du public. L’adaptation aux conditions est devenue une force pour la classe. Elle a adopté une culture de la solution plutôt que du problème. C’est une force pour ces futurs professionnels.

Je dois le dire, j’admire la patience dont les élèves font parfois preuve face à un obstacle et la capacité créative à contourner l’obstacle.

Aider à devenir autonome :

L’introduction du numérique dans ma pédagogie a favorisé l’émergence de la classe inversée. Elle demande un degré très fort d’autonomie et de responsabilité. La finalité est de construire l’indépendance du futur adulte devant nous.

Comme un enfant à qui l’on apprend à nager, l’autonomie se construit. Le maître-nageur guide avec une perche puis confie des brassières. L’objectif est qu’il soit indépendant et pour cela il fait le choix de la progressivité. Un enseignant agile va déléguer la responsabilité de la gestion du travail de groupe aux élèves. L’idée n’est pas de se soulager de ce poids sur eux mais d’être plus disponible et de mieux analyser les réussites et les échecs éventuels pendant et une fois l’activité finie.

L’élève fait l’expérience de la responsabilité et délègue le travail collaboratif. Il guide et rassure. La posture est plus celle du mentor qui conseille et partage son expérience avec chaque individu de la classe. Le résultat n’est plus simplement la note mais le processus d’apprentissage lui-même.

Apprendre ce n’est pas simplement produire, c’est interagir, questionner, négocier, aider et donc coopérer.

Favoriser l’épanouissement :

L’épanouissement de l’élève en classe est un facteur clef de la réussite. Pour que le jeune puisse éclore : il faut respecter le rythme de l’élève. Le professeur adapte ce qu’il ne voit pas à ce qu’il a pensé voir dans la construction de son scénario.

Après une longue journée de travail, il est difficile parfois pour l’élève d’entrer dans une activité. C’est parfois l’occasion de détourner cette lassitude en force. Le travail de groupe peut céder la place à une petite écriture pour faire un bilan de la journée. C’est une bonne occasion lors de la remédiation d’échanger ensemble et de réguler.  

Le manageur agile communique en permanence et pense avant tout au sens que prend l’apprentissage pour l’élève. La pédagogie de projet est, aussi, une voie pertinente dans ce cas. Elle s'appuie sur l’environnement de l’élève et rend l’enseignement cohérent avec le monde dans lequel il vit. Il est alors plus facile d’amener l’élève à une complexité à sa taille.

Au final, L’enseignant agile anticipe les besoins, les difficultés et l’intérêt des élèves pour favoriser sa réussite.

Illustration : Kindergarten class at Vincent Massey Public School,
auteur inconnu, 1958,
Department of Manpower and Immigration.
Library and Archives Canada.

Sources

Pédagogie agile, http://pedagogieagile.com/

Le manager agile, Jérôme Barrand, Dunod, 2012.

 

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