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Mieux enseigner avec les tablettes

Erreurs classiques et approches gagnantes

Par Denys Lamontagne , le 10 octobre 2015 | Dernière mise à jour de l'article le 17 mai 2016

Tenter d’introduire l’usage des tablettes dans une école n’est pas gagné d’avance. L’idée peut paraître excellente pour certains et une aberration pour d’autres, qu’ils soient professeurs, administrateurs, parents et même élèves.

Les écoles où l’usage des tablettes est un succès ont toutes procédé systématiquement, avec une bonne préparation et une attention continue. Mais beaucoup d’autres ont connu des difficultés et essuyé des critiques à différents niveaux.

Voici les principales erreurs à ne pas faire.

1- Laisser les professeurs se faire leur propre idée sans les accompagner.

Beaucoup de professeurs chercheront essentiellement des applications de contenu dans leur domaine et seront probablement très déçus de celles qu’ils trouveront. Ils passeront à coté des applications génériques et ouvertes, celles qui offrent le plus de potentiel pédagogique, que ce soit au niveau technique (enregistrement, base de données, communication) qu’au niveau des apprentissages (création de contenu, curation, exercices, quizz, enquêtes, évaluation, animation, etc.)

2- Laisser les professeurs se débrouiller en classe sans les préparer ni les accompagner

Travailler avec une tablette s’apprend assez intuitivement, mais travailler avec 25 à la fois n’a rien à voir avec la gestion traditionnelle d’une classe. Le flux des interactions (partage, collecte, activité, commentaires, évaluation, rétroaction) ne se découvre pas spontanément.

Les professeurs tenteront d’adapter leur enseignement habituel alors que le potentiel de ces appareils permet de toutes autres approches et organisations, approches qui commencent à être très bien documentées ( 1 - 2 ). Une période de formation et de transition sera nécessaire avant et pendant la période d’introduction, qui peut s’étirer sur plusieurs mois. 

L’idée est d’éviter aux professeurs de réinventer la roue à chaque fois.

3- Considérer la tablette comme un ordinateur portable

Les tablettes accompagnent et enrichissent l’action. C’est ce qu’elles font de mieux. Ce ne sont pas des ordinateurs fixes et ne soutiennent pas la comparaison.  Elles supportent plutôt la créativité et l’apprentissage actif. Si on s’en sert uniquement pour transmettre de l’information on n’apportera pas grand chose de plus. Elles permettent plus de participation : enregistrer, partager, essayer, pratiquer, démontrer, etc.  On s’organise pour en profiter.

4- Considérer les tablettes comme un appareil multi-utilisateurs

Les tablettes sont des objects attribués, comme les téléphones.  Les partager entre plusieurs utilisateurs complique singulièrement leur gestion et limite leur utilisation. Il est préférable d’avoir des classes pilotes ou une politique BYOD (Apportez votre appareil) plutôt que de faire circuler les appareils d’une classe à l’autre.

5- Ne pas réellement comprendre ni expliquer «Pourquoi des tablettes ? »

Un tel investissement ne se justifie pas par lui-même.  Il faut l’expliquer à tout le monde, aux payeurs de taxes, aux parents, aux journalistes, aux élus, aux professeurs et même aux étudiants qui devront troquer leur confortable passivité et leurs habitudes.

Les tablettes sont avant tout des outils facilitant la participation, au service de l’apprentissage. Si on ne le dit pas et ne l’explique pas, ce n’est pas ce que les gens verront.  Au lieu de se concentrer, par exemple, sur les aspects fonctionnels des manuels électroniques, on est plus avisé de montrer l’apprentissage immersif et actif permis par ces appareils, de montrer que plus de personnalisation est possible. que beaucoup de possibilités auparavant inaccessibles s’ouvrent et que les étudiants deviennent plus autonomes dans leurs apprentissages.

Les administrateurs peuvent aussi montrer comment la gestion de classe est facilitée et permet un meilleur suivi des étudiants, qu’une plus grande offre d’activités est possible et que ces outils donnent accès au monde entier, où que les étudiants soient, et que la principale limitation des tablettes est la vision qu’on peut en avoir.  Avec une vision ouverte, on en profite plus.


En somme, l’accompagnement des professeurs et une vision ouverte mais centrée sur les apprentissages permettent de réellement profiter des capacités d’immersion de ces appareils, capacités qui sont souvent sous-estimées et sous-utilisées.

Illustration : amisb - ShutterStock

Références

5 Critical Mistakes Schools Make With iPads (And How To Correct Them) - Tom Daccord - Edudemic
http://www.edudemic.com/5-critical-mistakes-schools-ipads-and-correct-them/

Tablettes tactiles - Réseau Canopé
http://www.cndp.fr/crdp-dijon/-Tablettes-tactiles-.html

(Usage pédagogique des tablettes) La gestion de classe - L’École branchée
http://www.ecolebranchee.com/2014/05/01/usage-pedagogique-des-tablettes-la-gestion-de-classe/

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