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Stratégie d’appropriation et usages de la réalité augmentée

Enrichir l'ambiance ou disperser l'attention ?

Par Denis Cristol , le 15 février 2016 | Dernière mise à jour de l'article le 16 mars 2016

Vous souvenez vous de ce film de science-fiction au sein duquel des caméras balayaient la rue, croisaient la rétine d’un passant et lui projetaient sous la forme d‘un hologramme, en fonction de ses goûts, la vidéo publicitaire ciblée pour l’inciter à acheter ?

On n’en est peut-être pas tout à fait là, mais la réalité augmentée se développe. Elle est en mesure d’enrichir significativement les environnements d’apprentissage, d’informations numériques, qui peuvent venir s’incruster dans un objet ou un paysage.

La réalité augmentée permet de disposer de deux natures d’information sur le même plan visuel. Des informations issues de capteurs électroniques (smartphone, google-glass) viennent se surexposer sur la rétine de l’œil de l’observateur. Elle produit un effet d’enrichissement du réel, par l‘apport d’images ou de sons complémentaires. Elle fonctionne par le moyen d’un repère visuel déclencheur auquel a été préalablement associée une information.

Par le moyen d’un capteur, actuellement notre téléphone portable plutôt que notre rétine, l’élément déclencheur est repéré. En scannant le paysage préalablement repéré, avec une application dédiée, le téléphone l’associe à l’hyper-lien créé et à partir de lui déclenche le lancement d’une séquence vidéo, d’un son, d’un apport numérique qui vient se superposer au réel. L’adjonction d’informations  augmente le réel et permet de se projeter dans des perspectives imaginaires. Pour rendre concret cette description, on va développer un exemple dans la situation de découverte de nouveaux espaces d’apprentissage.

Actuellement de nouveaux espaces éducatifs se mettent en place, sous forme de salles équipées de hautes technologies, mobilisant des formats pédagogiques différents de ceux auxquels les dirigeants ou les formateurs ont été habitués pendant leurs cursus scolaires ou leur formation continue.

S'approprier les technologies avant les clients !

L’enjeu d’appropriation actuel est donc de leur donner à voir, par des situations proches du réel, le potentiel de ces nouveaux espaces. Ces salles de formation intégrant du mobilier, des équipements électroniques sophistiqués, du matériau de co-design, des postures de facilitateurs différentes des usages actuels sont porteuses de nouvelles pratiques, qu’il n’est pas si facile de se représenter tant qu’on ne les a pas vécues.

L’usage de la réalité augmentée est un bon moyen de visualiser les interactions nouvelles qui se mettent en place dans ces espaces. Il est ainsi possible d’associer des séquences vidéos, à des points de repères dans la salle pour aider chaque utilisateur : architecte, gestionnaire, formateur, logisticien, informaticien à saisir les usages en cours d’invention et comprendre l’évolution de son rôle. Six déclencheurs peuvent ainsi être créés.

  • Déclencheur 1 : Les nouvelles salles qui se créent actuellement mobilisent des matériaux inhabituels pour créer des connaissances plutôt que de seulement les recevoir. Le matériaux de co-design fait de feuilles colorées, de carton, d’objet en 3D, de lego, de pâte à modeler, de pistolet à colle ou autre feutres peut déboussoler et tranche avec le paper-board classique, il est possible de mettre en scène ces matériaux par la création de photos repères qui déclencheront des accélérés (times-lapses) et permettront de visualiser à grande vitesse  toute une activité pédagogique en train de se dérouler.
     
  • Déclencheur 2 : les nouveaux équipements électroniques sous forme de tableaux blanc ou vidéo-projecteur interactifs recèlent également de nombreuses possibilités. Là encore, il est possible de préparer le film d’une démonstration qui témoigne in situ d’usages possibles.
     
  • Déclencheurs 3 : La mobilité au sein des salles de formation est privilégiée. Mais de la représentation générale de chaises montées sur roulettes qui peuvent être déplacées à la vision de scénario-spatiaux des usages, la distance est grande qu’un déclenchement attaché à une chaise peut permettre de combler.
     
  • Déclencheur 4 : les nouvelles salles mobilisant, force d’écran, de chaises mobiles, de fonctions spatiales  de maquettage, d’exposition peuvent également être illustrées par l’ajout d’image de déplacement. Des pictogrammes placés dans la salle peuvent permettre une visualisation selon divers point de vue de ce qui se passe en salle.
     
  • Déclencheur 5 : Dans ce nouveau type d’environnement au rôle de formateur peut s’ajouter celui  de facilitateur. Le message oral du formateur peut être capté et déclenché en scannant une photo du formateur en action, ou un objet le représentant qu’il active en formation (pointeur laser, tablette).
     
  • Déclencheur 6 : une partie des nouvelles formes d’interaction découle de l’usage de logiciels, dont il est possible de dynamiser la présentation par des turoriels réalisés en réalité augmenté.
     

L’exemple ici proposé vise l’appropriation d’un nouvel espace éducatif, de type laboratoire d’apprentissage ou salles de co-conception. L’usage de la réalité augmenté est à la fois un mode de présentation des différents usages, que de projection dans des scènes souhaitables, c’est enfin une aide à la décision pour un dirigeant ou des utilisateurs qui percevraient mal le sens d’ensemble.

Ah au fait ! Cela ne gâte rien à l’affaire, un logiciel facile à prendre en main et gratuit Aurasma, existe pour la réalisation technique de la réalité augmentée.

 

Illustration : Steelcase Node Animation Classroom - YouTube

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