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Publié le 07 mars 2016 Mis à jour le 07 avril 2016

Les sciences participatives : un super levier pour apprendre

La vitalité du phénomène est bien réelle.

Dans une galaxie lointaine, très lointaine, les sciences participatives, aussi nommées sciences citoyennes, se déployaient avec ardeur. Elles formaient une des principales dynamiques d’apprentissage offrant à chacun une opportunité de s’investir à la hauteur de sa motivation.

Si l’idée que la masse de citoyens contribuent à l’avancement de la science par la démultiplication de questions, d’actions, ou d’observations minuscules mais répétées, paraît de la science-fiction, la vitalité du phénomène est bien réelle.

Non content de faire du co-voiturage, de créer des banques collaboratives, de monter et financer  des projets de façon directe et collective, voici que le «monde du co» s’attaque désormais au bastion de la science. Voilà que s’inventent depuis le début des années 2010 les sciences participatives.

C’est ainsi par exemple qu’en Allemagne 5 000 amateurs ont pu capturer 17 000 moustiques et identifier une nouvelle espèce invasive, ou bien encore  qu’en 2014 en Angleterre 66 000 volontaires ont mis à disposition la force de calcul de leur ordinateur pour aider au test de 33 000 modèles de prévision d’inondation liés aux changements climatiques.

Si la participation de non scientifiques à des recherches n’est pas nouvelle, elle connaît une nouvelle ampleur avec la performance des technologies de l’information et de la communication. Les sciences participatives rassemblent deux mots.

  • La science requiert une validation par les pairs, et des conditions de réfutabilité et de reproductibilité.
     
  • La participation est définie comme la compétence des citoyens à être concernés et mobilisés par un problème et d’agir pour le comprendre.
     

Les objets et méthodes de recherche varient de même que le niveau de participation. C’est ainsi que les citoyens peuvent être de simples capteurs de données (crowdsourcing), ils peuvent contribuer à l’interprétation des données (intelligence distribuée), ils peuvent s’engager dans la définition du problème et la collecte de données (science participative), ou bien encore être associés à toutes les phases de la recherche (collaboration complète).

La posture des acteurs varie en passant du simple bénévole, au citoyen initié jusqu’au collaborateur informé de la recherche.

Recherche-action

La recherche-action date du début du XXème siècle, avec la progression des sociétés savantes elle a certainement contribué à un terreau favorable à l’engagement citoyen. La scientométrie montre un accroissement exponentiel du nombre de publications depuis le début des années 2 000. Le phénomène non seulement croit et se répand dans divers secteurs d’activité, mais fait aussi l’objet d’analyse et de recherche.

Par exemple les motivations exprimées sont scrutées et révèlent des intérêts pour la production de connaissance,  des intérêts professionnels, de la passion, des intérêts sociaux, de la curiosité ou la réponse à des engagements écologiques.  En résumé, les sciences participatives sont un phénomène mondial, en augmentation, très fédérateur, avec des finalités diverses et contrastées.

Un impact social en développement

Les bénéfices se situent au niveau de la production de connaissances et d’impact sociétal, sur une variété de sujets. Les risques existent aussi. Ils peuvent être technique (animation du projet, interprétation des données, essoufflement des projets), mais ils sont souvent exprimés par des scientifiques eux-mêmes : désillusion quant aux résultats, piètre qualité des données, risques sur l’autonomie des chercheurs, manque de rigueur ou bien manipulation des citoyens.

En résumé ce que nous apportent les sciences participatives c’est le chaînon manquant pour contribuer à donner le goût d’apprendre à une masse d’individus éventuellement passionnés mais n’ayant pas toujours accès à un support, un levier ou un projet suffisamment stimulant pour entamer un travail en profondeur sur le sujet.

Illustration : Bruce Rolff - ShutterStock

Aller plus loin 

En prenant connaissance du rapport sur « Les sciences participatives en France »  
http://www.sciences-participatives.com/Rapport


Mots-clés: Animation Participation   galaxie sciences participatives Sciences citoyennes Ardeur

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