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Développer le pouvoir d’agir

Développer le pouvoir d’agir, c’est promouvoir l’émancipation.

Par Denis Cristol , le 30 novembre -1 | Dernière mise à jour de l'article le 25 avril 2016

Il y a plusieurs façons d’appréhender la relation à la formation. Parfois il s’agit de « stimuler », ou bien encore de « motiver ». 

Ces deux formules renvoient à une tentative d’influer directement les comportements humains. Exciter l’imagination est une autre manière qui a fait ses preuves. Elle procède moins de l’action sur un levier comportemental que sur la révélation d’un désir déjà là.

Il est ainsi possible d’utiliser des métaphores et des formules qui accrochent. Les américains en sont friands :

« Yes we can » (Discours de Barack Obama de 2008 dans le New Hampshire)

« I have a dream » (Marthin Luther King)

« Un petit pas pour l’homme, un grand bond pour l’humanité » - Neil Armstrong

«  Ne demandez pas ce que l'Amérique peut faire pour vous, demandez plutôt ce que vous pouvez faire pour l’Amérique » (Discours d'investiture de John Fitzgerald Kennedy).

Toutes ses formules claquent comme autant de défis et de promesses. Elles sont d’autant plus fortes qu’elles épousent l’air du temps et cristallisent la vision qui circule déjà au sein d’une communauté humaine. Dans une seule formule la vision devient tangible, presque palpable. S’il reste illusoire de croire que l’on peut conduire à faire agir l’autre selon sa volonté, ou son objectif propre, du moins est-il possible de réfléchir à quelques pistes pour développer le pouvoir d’agir.

Piste 1 : Offrir de la reconnaissance

L’un des moteurs les plus puissants est celui de la reconnaissance. Il passe notamment par faire confiance inconditionnellement dans le potentiel de l’autre. Il devient comme il est espéré. Reconnaître ses premiers pas, encourager ses motivations pour agir, le transforme plus surement que de lui dire quoi et comment faire.

Piste 2 : Partir du principe que l’action appelle l’action

« Il n’y a que le premier pas qui coûte" 

Et si c’était vrai ? Faire le premier pas sans attendre est générateur de mouvement, le mouvement génère un changement de sensations et d’angle de vue. Il produit  de l’énergie. Et si notre façon de voir change, alors, il est possible de chercher à agir encore plus pour éprouver le pouvoir d’agir. Dès lors accélérer les cycles essais-erreurs est une manière de se caler sur le bon geste, la bonne expérience. Mais il n’y a pas que l’initiative qui compte, faut-il encore disposer de guides d’action clairs et de donner ou de se donner des moyens d’agir.

Piste 3 : Partager la décision

Chacun adhère mieux à l’action qu’il décide lui-même qu’à celle imposée par un tiers. Donner un pouvoir de décision au-delà du périmètre habituel d’intervention à un homme et il en fera quelque chose. Il est aussi possible de faire participer autrui  à la décision qui le concerne.

Piste 4 : Agir avec et pour le collectif

Le collectif est un puissant moyen pour développer le pouvoir d’agir. S’intéresser au travail des autres, enchainer et rebondir sur les idées des autres, se réunir et partager une réussite collective sont les ressources qu’un collectif peut mobiliser. Se réunir et écouter une histoire inspirante en utilisant une méthode structurée qui pousse à l’action est une première possibilité.

Mais il est aussi possible d’enrichir les idées des autres, de mettre en place des réseaux de pairs et puis de repérer ses complémentarités avec les autres. Sous toutes ses formes, promouvoir l’intelligence collective vous embarque dans l’action, chacun est pris comme une fourmi dans un flux d’action et se sent pousser des ailes.

Piste 5 : Imiter ce qui fonctionne

Développer le pouvoir d’agir cela peut aussi commencer par prendre conscience de ce qui existe. Il est ainsi possible de s’appuyer sur des méthodes des exemples qui marchent (Benchmark ou parangonage en québecois), de s’inspirer des gestes efficients et de modéliser les bonnes pratiques. L’art de l’imitation c’est partir des leçons de l’expérience, la sienne ou bien celle des autres. Alors il est aussi possible de créer une posture positive par l’exemple et le faire vivre dans la culture.

Piste 6 : Evaluer positivement les situations

Une des approches les plus sympathiques est certainement d’adopter un regard positif, d’apprendre à célébrer les échecs, de ne pas juger et d’encourager l’action quoiqu’il puisse se passer, de considérer que tout le monde a une part de responsabilité.

Ces pistes contribuent non pas à motiver une personne ou à la stimuler mais à lui offrir les ressources matérielles et psychologiques pour passer d’une logique de compétences à une logique de capabilité. Au sens d’Amartya Sen il s’agit de l’action réelle et pas seulement le potentiel de faire. Ces ressources participent de l’effort de sortir de sa zone de confort en s’ouvrant aux autres, d’inclure ceux qui sont éloignés de l’action. 

Une telle approche passe par le renoncement d’influer sur l’autre directement mais sur ce qui l’entoure et dont il peut se saisir pour faire selon sa direction propre, car développer le pouvoir d’agir, c’est promouvoir l’émancipation.

 Illustration : pattyphotoart - ShutterStock

Références

Intelligence Collective, la révolution invisible - Jean-François Noube (.pdf)
http://testconso.typepad.com/Intelligence_Collective_Revolution_Invisible_JFNoubel.pdf

Poverty and Famines: An Essay on Entitlement and Deprivation - Amartya Sen - 1990
http://www.amazon.fr/Poverty-Famines-Essay-Entitlement-Deprivation-ebook/dp/B00JF7EEWO

Un nouveau modèle économique. Développement, justice, liberté, Amartya Sen
https://books.google.fr/books?id=8jD5oOP5ymkC

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