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Le pouvoir des auxiliaires personnels d’apprentissage

Ils sont partouts, tous peuvent les utiliser.

Par Denis Cristol , le 16 mai 2016 | Dernière mise à jour de l'article le 23 juin 2016

Certains évoquent les BYOD pour décrire la situation dans laquelle un collaborateur utilise ses équipements électroniques personnels au travail, plutôt que le matériel qu’on lui confie (ou pas).

Les chiffres (par exemple ceux du CREDOC (Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie)) indiquent que les individus sont mieux équipés à titre personnel qu’à titre professionnel.

Les individus sont aussi plus souvent familiers avec des logiciels qu’ils ont choisis qu’avec ceux que leur impose leur entreprise. Équipement personnel et choix de logiciels participent de l’apprentissage.  Il est possible de distinguer le BYOD et le BIOS.

  • BYOD Bring your own device
  • BIOS Bring your own software

Les usages du BYOD/BIOS se font sentir en formation comme au travail et s’immiscent partout et en tout temps. En voici des exemples du point de vue des apprenants et des formateurs.

Les auxiliaires d’apprentissages pour apprendre

Les stagiaires, apprenants ou élèves, utilisent leur dispositif (tablette, téléphone) pour enregistrer un cours en audio puis pour se le repasser ou le transmettre à des collègues absents. Il leur arrive aussi de prendre des photos de présentation PREZI ou Power Point pour garder une trace d’un schéma complexe ou d’une image forte.

Pendant un exposé, les auditeurs complètent les informations données par des recherches en ligne à partir de moteurs de recherche, quand ils ne tchatent pas entre eux pour s’échanger des commentaires sur ce qu’ils entendent et voient.  Ils créent fréquemment leurs notes de cours ou fiches techniques sur leur ordinateur, seul ou à plusieurs. Ils organisent leurs idées avec des schémas heuristiques, soit sur du papier (qu’ils prennent parfois en photo quand le dessin est réussi), soit avec un outil en ligne permettant de réaliser un mindmapping.

Quand les apprenants parviennent à devenir des partenaires d’apprentissage, ils prennent des notes de façon collaborative en temps réel et en réseau. Ils peuvent aussi localiser d’autres stagiaires, repérer dans quelles localités ils se situent, ce qui est fort utile lors de voyages d’étude. Ils  ont aussi l’opportunité de capter des gestes ou des situations professionnelles avec  des outils vidéos, largement disponibles et gratuits sur tablette ou téléphone, voire même de fabriquer des mini MOOC sur ces situations (Skill catch).

Parfois ils animent un blog de groupe ce qui émule leur motivation collective, ou bien ils font une veille sur les sujets qui les concernent (Scoop It, Diigo). Ils sont capables de faire circuler des films, des photos, des notes via des clés USB ou des logiciels utilisant le cloud (Wetransfer). En quelque sorte tous ces usages contribuent à l’émergence de pratiques et d’environnement personnel d’apprentissage (EPA)

Les auxiliaires d’apprentissage pour enseigner

Les professeurs, enseignants, maîtres, tous ceux qui font profession de savoir utilisent aussi leur propre matériels et logiciel. Ils peuvent développer des liens directs avec leurs stagiaires avec leurs ordinateurs personnels et établir des contacts à toute heure.

À partir de leur téléphone portable, ils peuvent utiliser les mailing-lists pour relancer les élèves ou les alerter d’une échéance, ou leur adresser des consignes, photos, vidéos ou questionnaire. Ils utilisent le plus souvent d’autres plateformes que celles fournies par leurs institutions. Ils échappent ainsi  aux règles d’administration imposées et utilisent leur créativité pour relier et mettre en forme.

Ils peuvent aussi créer une webradio et fédérer des passionnés. Après quoi ils peuvent adresser des podcast de contenus à des listes d’abonnés. Ils peuvent échanger et capitaliser plus largement avec wikipédia, contribuant au-delà de leur propre institution d’appartenance à une œuvre commune.

Ils utilisent aussi des logiciels pour adresser des questionnaires via des outils libres (Askabox/Zequestionnaire). Ils peuvent utiliser des logiciels pour coordonner des séquences pédagogiques avec TRELLO. A l’occasion d’activités variées, et à l’aide leur téléphone portable  ils peuvent créer un fil  twitter pour rendre compte ou faire vivre une activité pédagogique.

Dans un temps ramassé, ils peuvent utiliser PLICKER ou VOTAR et réaliser un vote en réalité augmenté. Enfin, plutôt que de donner des informations et des savoirs tout fait, ils peuvent aider à la fabrication de ressources pédagogiques collectives. Tout cela participe à la création d’un apprentissage collaboratif d’apprentissage (ECA).

Ces auxiliaires d’apprentissage sont aussi utiles pour apprendre que pour enseigner et dépendent plus de l’investissement matériel et de temps d’apprentissage des élèves et des professeurs que de celui des institutions, dont le département TI ne considére le plus souvent que les failles en matière de sécurité.

Il s’agirait peut être à ces institutions de donner des conseils d’usages plutôt que d’interdire ces nouvelles possibilités et de s'isoler ainsi des pratiques réelles de ses membres.

Illustration : Libre innovation.org

Références

Credoc - http://www.credoc.fr/publications/pressroom.php

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