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Que faire d'un parasite dans son environnement ?

Utiliser le parasite à son avantage... parfois

Par Julie Trevily , le 10 mai 2016 | Dernière mise à jour de l'article le 16 mai 2016

Les parasites ne sont certainement pas une nouveauté dans notre environnement : insectes, mousses, plantes, virus… il en existe de toutes sortes, pour tout ce qui est vivant. Le véritable parasite fait en sorte de vivre aux dépens de son hôte, mais il doit faire attention à ne pas tuer ce dernier en l’exténuant, sous peine de trépasser lui aussi.

Ce qui existe à l’échelle des plantes se retrouve également dans le comportement de certains collègues ou élèves, et il est nécessaire d’établir un juste diagnostic avant de pouvoir espérer en limiter les dégâts, voire à en tirer parti !

Lutter contre le parasite au travail

Qu’il s’agisse d’élèves ou de collègues,, le souci est double : d’une part c’est très limitant de ne rien faire, aussi bien du point de vue personnel que de celui du groupe, ensuite et pire encore, cela peut se propager et conduire à une démotivation globale complexe à inverser. Evidemment, cette situation n’est pas nouvelle, et de nombreuses personnes, confrontées à cela, ont mis en place des stratégies pour limiter les problèmes.

Dans une classe, il peut être intéressant de valoriser le travail de chacun, afin notamment d’éviter la contagion en mettant en exergue le fait que c’est une occasion de briller, qu’on travaille pour soi, que tout travail aura forcément des retombées positives ensuite et qu’il n’est pas utile de comptabiliser l’absence de travail du parasite, qui se punit tout seul.

Les risques de la présence d’un parasite

Ce qui s’avère souvent compliqué pour l’enseignant qui a des parasites dans sa classe, c’est de réussir à les prendre en défaut.  Car le parasite scolaire, au même titre que le parasite naturel, veille à ne pas trop fatiguer son hôte (ici le groupe) et développe par ailleurs de très grandes qualités.

Pour survivre sans trop se fatiguer, ces personnes futées sont généralement d’un abord extrêmement sympathique, ouvert, et sont capables de mettre en œuvre des techniques de communication rodées pour pouvoir se valoriser dans le travail du groupe ou encore plus vicieux de s’en attribuer tous les mérites, de manière fort habile pour ne pas s’attirer la colère des membres du groupe qui ont fourni le travail. Si ce n’était pas le cas, le parasite, mis au ban de la classe, se verrait obligé de travailler ce qui n’est pas du tout dans ses plans. 

Pourtant, on constate comme dans la nature, que certains s’avèrent très toxiques, et dont la mauvaise intention, pas du tout contrebalancée par des aspects positifs, a un impact fort sur le groupe et sa cohésion, son efficacité. Là encore, il peut s’avérer nécessaire de faire de la prévention pour que chacun se rende compte du comportement de l’autre, s’il est toxique ou non et comment réagir. Certains cas extrêmes peuvent se transformer en harcèlements divers, insupportables pour les autres, avec les conséquences variables selon l’aspect psychologique des actes et des personnes que cela peut avoir.

Avoir des résultats avec les parasites ?

Le principal défaut du parasite scolaire est qu’il peut faire fuir dans certains milieux, comme celui de la recherche. Personne ne désire travailler pendant dix ans d’arrache-pied pour se faire déposséder au dernier moment de ses résultats par un parasite mieux inspiré rédactionnellement parlant. Aussi, le côté secret et précautionneux des chercheurs qui se protègent des affreux n’est pas sans conséquences négatives sur la recherche au sens global. Au lieu de partager et d’enrichir les travaux des uns et des autres comme ce fut le cas au début de l'électronique.

Pourtant, il n’y a pas que des désavantages à avoir des parasites dans son environnement : leur faculté naturelle à en faire le moins possible les oblige à trouver des stratégies pour passer inaperçus tout en en recueillant les fruits. En utilisant cette aptitude, on peut développer d’autres compétences et pratiques chez les uns et les autres, comme la communication publique, et établir les bons équilibres. 

Dans le cas de la sangsue par exemple, qui pompe le sang de ses victimes pour se nourrir., la médecine a su étudier le phénomène pour en définir les avantages nombreux : anticoagulation, anti-inflammatoire, vasodilatatoire ou anesthésique… La victime ne devant rien sentir et pour extraire le maximum de sang sans rouvrir la blessure, le parasite qu’est la hirudo medicalis a développé des propriétés qui peuvent à l’inverse être utilisées pour soigner.

On voit donc bien qu’il est possible de tirer parti du parasite avec beaucoup d’imagination et un sens de la communication/manipulation équivalent à l’énergumène visé. 

Photo credit: Gilles San Martin Foter.com

Références

Jobat.be - 9 conseils pour gérer la paresse des autres?
http://www.jobat.be/fr/articles/10-conseils-pour-gerer-la-paresse-des-autres/

Comment gérer un collègue fainéant? - BFM business - 18/09/2015
http://bfmbusiness.bfmtv.com/emploi/comment-gerer-un-collegue-faineant-915785.html

La lettre du cadre - Management : gérons nos collègues toxiques -Maurice Thévenet - janvier 2016
http://www.lettreducadre.fr/451/gerons-nos-collegues-toxiques/

Travailler plus pour... faire comme son collègue - Robin Vernier - 1/06/2015
http://www.slate.fr/story/102365/travailler-plus-ostensible-collegue

Agoravox - le parasite au travail - Simple citoyenne 
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/le-parasite-au-travail-132103

La presse - L'accès libre, la peur des parasites- Jean-François Cliche - 25/01/2016
http://blogues.lapresse.ca/sciences/2016/01/25/libre-acces%C2%A0-la-peur-des-%C2%ABparasites%C2%BB/

Les sangsues au service la médecine - rédaction allodocteur.fr, mis à jour le 5 janvier 2015
http://www.allodocteurs.fr/actualite-sante-les-sangsues-au-service-de-la-medecine_117.html

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