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Le facteur humain dans les environnements d’apprentissage à distance*

Par Martine Jaudeau , le 17 octobre 2004 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

Sur les forums de Thot, on découvre des discussions éclairantes et utiles. Nous nous proposons de présenter les fils de discussion les plus actuels ou en accord avec le thème du moment.

Dans le Forum Thot Chercheurs en FAD , Michel Boustani a lancé ce débat : inviter des personnes qui auraient trouvé des plates-formes, des programmes, des concepts "humanisés" de bien vouloir en parler, en faire part car la majorité des sites visités se retrouvent être en priorité des "Vitrines de marketing et/ou de ventes" :

Depuis que j’essaie de développer des concepts et du contenu de formation, je me rends compte combien une fois après avoir terminé et livré, mon client ou les gens des TI "adaptaient.. ajustaient.." voire même "modifiaient et changaient" idées, concepts, contenu, etc.

Voici quelques réponses postées sur le sujet :

  • Selon Dominique Chantrel , expert en formation à distance au CNUCED, les concepts "humanisés" peuvent être vus de différentes façons :

    Pour ma part j’essaie de prévoir dans mes formations à distance, des exercices ou des activités qui impliquent que les participants (étudiants) échangent entre eux. Une des premières solutions, est de faire en sorte que les participants se rencontrent dans une même salle ou plusieurs salles (Si la répartition des participants est sur plusieurs villes ou pays). Une autre solution (qui peut être complémentaire) est d’avoir un espace pour que les participants mettent leurs photos, ou créent leur page personnelle voire un espace d’échange du type chat ou forum. Une dernière solution, c’est de faire de temps en temps des rendez-vous en face-à-face.

    En ce qui concerne la conception, je dirais que la meilleure solution c’est de faire en sorte que le développement du cours inclue les spécialistes en TI aux spécialistes du contenu + les pédagogues. C’est ce que je fais dans mon cas. Et cela évite de laisser les concepteurs du contenu définir des exercices ou des documents qui ne sont pas compatibles avec les technologies disponibles chez les participants. Pour faciliter le travail des experts contenus, je les fais travailler avec les outils qu’ils connaissent word + powerpoint. Les conversions sont faites par mon équipe IT. Nous avons pour cela développé quelques petits programmes pour faciliter cette conversion.

  • Selon JF Auvergne de la Délégation aux NTE de Nice Sophia Antipolis :

    Si l’environnement technique répond à un cahier des charges établi par des pédagogues, à partir des besoins des publics visés, Si la conception pédagogique s’appuie sur des approches constructivistes et socio-constructivistes, au lieu de se borner à la présentation de textes et schémas dans le meilleur cas accompagnés de QCM, Si un véritable travail d’équipe entre experts disciplinaires et ingénieurs pédagogiques,

    Bref si la conception obéit à une logique simplement professionnelle mixant l’approche par la Pédagogie et celle par la Qualité, il y a alors quelques chances d’arriver à un environnement d’apprentissage virtuel sinon "humanisé", au moins qui considère que ses apprenants ne sont pas de simples appareils de lecture et de travaux personnels. C’est une logique d’interactions complexes qui est à penser, à organiser et à mettre sous contrôle entre des contenus en-ligne, des apprenants, un groupe d’apprenants, un/des tuteurs et les ressources d’Internet.

  • Philippe Ramette suggère fortement de jeter un coup d’oeil sur la plate-forme virtuelle Moodle qui est fondée sur l’approche socio-contructiviste :

    Cette approche vise à briser la solitude de l’apprenant et à aider les apprenant à travailler en groupe dans l’acquisition de connaissances.

  • Hubert Javaux, responsable EAD de l’HEMES en Belgique recommande :

    vous pouvez aller voir la plate-forme Acolad qui est construite autour d’une dynamique d’échange (socio-constructiviste) et d’interaction entre les apprenants. De plus son "layout" se rapproche au mieux de l’environnement habituel de travail des apprenants (bureau, salles de séminaire,...)

  • Bruno Guillet rejoint JF Auvergne dans son approche :

    Il s’agit bien de définir des intentions préalables, faire le choix d’un modèle d’apprentissage majeur, déterminer des approches et des activités pédagogiques. Ce n’est qu’après cela que rentre en ligne de compte la technologie. Mais qui peut penser encore aujourd’hui que l’enseignement à distance est viable sans dispositifs réels d’échanges humains ; il s’agit bien de former des hommes et non des robots ! Pour avoir pratiqué pendant 15 mois la plate-forme Acolad en tant qu’étudiant et pour la pratiquer aujourd’hui en tant que tuteur, je confirme comme Hubert Javaux qu’il s’agit d’une plate-forme très performante en la matière. J’ai vécu une expérience humaine inoubliable tout en me formant. C’est à dessein que je mets les mots dans cet ordre. Acolad mérite vraiment un coup d’oeil !

  • Enfin (pour l’instant), Brigitte Cord-Maunoury conseille de

    contacter [email protected] qui a conçu la plate-forme de travail collaborative netBC qu’il est venu présenter à l’Université Pierre et Marie Curie (Paris 6) et qui me semble intéressante.

"L’humain dans l’enseignement en ligne" sera le thème du deuxième Colloque TICE méditérranée des 26 et 27 novembre 2004 à Nice, France. On trouvera dans les cybercarnets de Mario Asselin un billet du même nom L’humain dans l’enseignement en ligne qui discute la problématique au Québec autour notamment du projet Prof en Ligne de Réal Gingras.

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