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Formules éducatives

Pas compliqué les formules

Par Denys Lamontagne , le 18 octobre 2016 | Dernière mise à jour de l'article le 31 octobre 2016

Dans toute formule, on trouve des paramètres et des ingrédients; ensuite les opérateurs et l’ordre des opérations, ensuite le résultat attendu.

Si on dispose des ingrédients et que l’on respecte les opérations, on obtient normalement le résultat attendu. Si on dévie, on obtient autre chose.

Les ingrédients

En éducation beaucoup de paramètres sont à considérer; heureusement, la liste n’en est pas infinie. On peut les regrouper en quelques classes : individu, environnement et communication.

Les paramètres liés à l’individu

  • Disposition biologique : santé, alimentation, sommeil, etc. ce genre d’éléments essentiellement biologiques.

    Enseigner à quelqu’un de malade, d’épuisé ou de drogué n’est pas efficace. On s’assure que l'étudiant soit en forme.

  • Disposition mentale : une humeur réceptive, une absence de préoccupations ou de problèmes relationnels comme du harcèlement, des menaces, des problèmes d’argent ou de comportement éthique.

    Ces éléments peuvent entraver complètement la réceptivité d’un étudiant. On résout ce genre de problèmes en priorité sinon rien ne se passe. Une fois que l’élève est présent mentalement, on peut obtenir son attention et entretenir son intérêt. Sans intérêt auto-entretenu, l’étudiant abandonne à la première difficulté.


Les paramètres liés à l’environnement

  • Environnement physique : froid, chaleur, bruit, perturbations, etc. 

    On s’arrange pour que l’environnement ne perturbe pas l’étude.
     
  • Environnement technologique : que l’on utilise des livres, un crayon et du papier ou les toutes dernières technologies, le seul point à considérer est que leur fonctionnement soit opérationnel. 

    Il ne manque pas de pages dans le livre, on a de la craie, de l’électricité, du réseau, une ampoule au plafond, etc. Si on compte dessus, il faut que ce soit fonctionnel.
     
  • Paramètres pédagogiques : il existe des dizaines d’approches pédagogiques, certaines plus ouvertes et participatives, d’autres plus rigides et passives mais quasi toutes obtiennent des résultats si elles sont appliquées rigoureusement ou systématiquement. Normal, ce sont des formules !

    Le paramètre essentiel n‘est pas tant la méthode que la rigueur de son application.  Bien sur l’ambiance et le plaisir pourront être ou non présents, bien sur il pourra y avoir plus ou moins de «laissés pour compte» mais les résultats eux seront ce qui est attendu si on s'assure que ce qui est supposé être fait l'est réellement. Y compris 40 % de décrocheurs si c'est le taux habituel de la méthode.


Les paramètres de la communication

  • Paramètres physiques : communication perceptible et complète.

    Une communication inaudible, hachurée ou partielle ne pourra être reçue physiquement par l’étudiant ou l’enseignant. Si l'étudiant a des handicaps sensoriels, on les supplée ou les contourne.
     
  • Paramètres conventionnels : communication interprétable, compréhensible et organisée. Le code utilisé (langue, alphabet, notation, etc.), le niveau de vocabulaire (jargon), les références convenues (principes acceptés et connus, préalables, contexte) et son organisation (navigation, fil conducteur) sont à la base de la compréhension d’une communication. 

    Une communication mal encodée, codée avec les mauvaises conventions, décousue, ou proposant des références inappropriées au contexte sera tout simplement refusée par l’étudiant. La communication au niveau des références de l'étudiant, de ce qu'il sait déjà, est essentielle.
     
  • Paramètres sémantiques : véracité et réalité de la communication, scénarisation de la communication, logique et cohérence (pertinence).

    Apprendre quelque chose de faux finit habituellement assez mal; apprendre quelque chose de plus ou moins réel comme le Klingon ou les énergies astrales du VII ième niveau, s’avère habituellement stérile. On préfère un cours portant sur quelque chose de réel et de cohérent ou respectant une certaine logique utilisable. Quand la finalité est perçue, l'étudiant peut juger de sa compréhension.

 

Les formules

La première formule concerne l’étudiant

Un individu dispos et présent mentalement,
dans un environnement adéquat, sans perturbations,
avec son attention portée sur le sujet et de l’intérêt pour le sujet
plus la réception claire de la communication
avec la compréhension des termes utilisés
et une perception de la réalité de ce qui est présenté

égale

l’intérêt entretenu de l’étudiant
avec une vitesse soutenue dans son étude
et une compréhension complète du sujet jusqu’à la fin de l’étude.

Si on obtient pas le résultat c’est qu’un ou plusieurs des éléments de la formule ne sont pas respectés.

La seconde formule concerne la médiation

Une communication claire, respectueuse des conventions attendues et complète
avec des références acceptables, vérifiables et faisant référence à une réalité concevable
dans une présentation cohérente et opérationnelle en pratique

égale

une acceptabilité élevée du contenu.

Certains cours sont absorbés par les étudiants comme de l’eau par une éponge alors que d’autres soulèvent des résistances pour la plupart. Quand les préalables sont respectés, que les définitions sont présentes et précises, que les sources ne soulèvent pas de doutes ou dont la réalité est concevable, alors on a des étudiants qui peuvent envisager comprendre le cours en l’étudiant.

La troisième formule concerne la supervision

Un flux qui circule entre l’étudiant et le sujet

égale

un apprentissage qui se produit. Des liens se font.


Tout ce qui n’est pas un étudiant alerte, actif dans son apprentissage et confiant dans ses aptitudes est un signe que le flux est ou a été perturbé ou diminué. Souvent le prof lui-même introduit des perturbations. Quand le flux circule, il le laisse aller; s'il y a des entraves il aide à les enlever, c'est entre le sujet et l'étudiant que se transmet le flux.

La vitesse de l’apprentissage peut varier d’un individu à l’autre, mais la compréhension n’est rien d’autre que des connexions entre des éléments.   

On s’assure que les connexions se fassent, c’est le rôle du prof. Quand un terme n’est pas compris, l’étudiant essaie de connecter tout ce qui suit à un vide. C'est comme poser un lien HTML sur rien. Pas de connexion. Désespérant, tuant, démotivant.


La compréhension est faite de relations entre des données. Si les données sont vraies, qu’elles parviennent à l’étudiant, qu’elles sont comprises et mises en relation, alors l’apprentissage se produit, l’intérêt est auto-entretenu et la confiance, qui est une longue chaîne de certitudes dans ce que l’on a appris, se développe.

Voilà les formules de l’enseignement.


Illustration : Unsplash - Pixabay

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