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Femmes en Tic : femmes antiques

Par Louis-Martin Essono , le 31 juillet 2005 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

Un nouvel ouvrage vient de paraître sur les nouvelles technologies. Il concerne la fréquence et la qualité de la manipulation de ces outils par la gent féminine dans quelques pays de l’Afrique comme le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, le Mali, la Mauritanie et le Sénégal. L’auteure est également une femme, une Camerounaise qui recense les inévitables obstacles qui empêche la femme africaine d’accéder aux outils numériques.

Bien que les femmes et les filles aient récemment fait les choux gras de la presse qui observait que les mariages numériques connaissaient un certain succès, on constatera que le nouvel ouvrage,

Fracture numérique et genre en Afrique francophone

, qui porte un sous-titre très éloquent,

une inquiétante réalité

, que les femmes africaines actuelles demeurent outrageusement antiques quant aux relations qu’elles entretiennent avec les NTIC.

Publiée par Famafrique, dans le cadre de la revue environnement africain 2, sa collection «Etudes et Recherches» est une série de monographies et s’édite en supplément. Cette série comporte des communications à des séminaires et sessions de formation, des travaux d’études et de recherches ainsi que d’autres documents.

Les 87 pages de ce document présentent les principaux résultats de la recherche effectuée depuis plus de 10 ans et réalisée par le Réseau genre et TIC. Une des observations majeures de cet travail atteste que les TIC ne sont pas neutres. Sans des mesures particulières, le risque est élevé de voir se reproduire, dans le processus d’appropriation des TIC, les inégalités sexospécifiques observées dans les autres domaines et secteurs ainsi que dans des processus d’introduction d’innovations, et ceci en défaveur des femmes (p.13).

Les six pays analysés sur ce plan, ne disposent que de peu de données sur la convergence entre le genre et les politiques de TIC et n’ont, jusqu’à récemment, que peu mobilisé l’intérêt de la communauté mondiale, davantage portée sur l’analyse des pays "en tête de classement" ou émergents. Ce sont aussi des pays, qui figurent au bas de l’échelle de la richesse, et pour lesquels on peut s’attendre à ce que la fracture numérique de genre soit la plus marquée (p.19-20).

Les paratextes et l’analyse font prévaloir que, sous 18 indices, l’indicateur synthétique de la fracture numérique de genre se fonde sur quatre composantes qui sont le contrôle, les contenus, les capacités et la connectivité. Cette grille, permet de mesurer les disparités de genre dans l’accès, l’usage et la maîtrise de trois formes de Tic : le téléphone portable, l’ordinateur et l’Internet.

Le sommaire est attrayant et invite à la lecture, mais surtout à la réflexion. Il balaie à la fois

  • Des politiques de développement durable
  • Construire un indicateur pertinent
  • Un faisceau d’inégalités
  • Une société numérique équitable ?
  • Le livre est gratutitement téléchargeable sur Famafrique.

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