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Kenya : des ordinateurs de poche à la place des manuels scolaires***

Par Louis-Martin Essono , le 01 août 2005 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

Le pays du Kilimadjaro est tout de même un pays pauvre. Les très belles avenues qui longent l’aéroport circulaire de Nairobi et les beaux immeubles qui fleurissent la capitale du tourisme africain font oublier qu’on est en Afrique et cachent bien la réalité de ce pays accueillant mais moribond par la maladie du siècle.

Loin dans les hautes terres rurales aux routes épouvantables et dangereusement glissantes en saison des pluies, l’éternelle verdure de la flore arborescente préfigure l’immense savane où courent et voltigent les lions, les oiseaux multicolores, les zèbres, les girafes, les touracos et toute la race animale des plus beaux contes de l’Afrique.

Là-bas aussi, depuis deux ans, les petits d’hommes gambadent obligatoirement tous les matins, comme leur congénères du Zimbabwé, de l’Ouganda ou du Burundi, pour rencontrer les mwalibus, les maîtres, qui enseignent à déchiffrer les secrets des livres écrits en langues étrangères. Nu-pied, torse-nu, le ventre ballonné par la faim et l’unique repas du soir, ils courent vers la salle de classe obscure et sans tableau, et prennent place, déjà poussireux ou boueux, sur le sol nu de la classe pour écouter s’égosiller seul le mwalibu.

Sans livre. Sans cahier. Sans crayon pour tracer des dessins indéchiffrables. Mais, de la mémoire pour réciter par coeur les leçons qu’ils ne comprennent pas. Ils sont à l’école, dépaysés, le coeur vers les pâturages.

Pour aider ce pays, paragon de nos pays, le projet Eduvison, que Thot a présenté en d’autres occasions, tente de réaliser un de ses objectifs : revoir le système d’enseignement. Dans un récent article, Y. Grandmontagne, dans Silicon explique le nouveau projet : "Le projet est destiné à remplacer le livre de classe périmé et obsolète par un ordinateur de poche au format Pocket PC. Ces livres ont été scannés et sont stockés sur le Pocket PC. On développe des programmes, des contenus, des tests, des fichiers audio, vidéo, ou même des animations spécifiques, qui seront élaborés par des enseignants, transmis par satellite et téléchargés sur le portable en Wi-Fi."

Le problème est, observe l’auteur de l’article, que ces cobayes sont immédiatement déculturés, ignorent l’enseignement classique grâce à ce bond technologique, que les coûts sont très élevés, que les obstacles traditionnels empêcheront d’atteindre les buts visés.

Pertinente et constructive, la discussion est à lire intégralement.

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