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Cameroun : l’alphabétisation renaît

Par Louis-Martin Essono , le 31 août 2005 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

Malgré les chiffres très flatteurs qui placent le Cameroun parmi les pays d’Afrique francophone les plus alphabétisés, on se rend compte que ce géant de l’Afrique centrale figure parmi les nations qui enregistrent beaucoup trop d’analphabètes. Il faut aussi reconnaître que le concept d’analphabète au Cameroun est bien particulier. En effet, quiconque ne sait ni lire ni écrire une des deux langues internationales officielles que le français et l’anglais est considéré comme analphabète même s’il sait lire et écrire une des 300 langues locales.

Une telle acception hisse le Cameroun dans les cimes de l’ignorance puisque, selon ces critères, près de 40% des 17 millions de Camerounais ne savent ni lire, ni écrire le français ou l’anglais. Les causes de cette triste performance sont connues : l’inutilité immédiate de l’école, le manque d’infrastructures, le mariage précoce, la préférence des activités pastorales et agricoles plus rentables, la pauvreté notoire des parents, la chèreté de l’école...

Le Ministère de la Jeunesse, en charge de l’alphabétisation, dispose cependant de structures organisationnelles censées réduire ce phénomène. Et l’une des conditionnalités des Institutions internationales pour l’éligibilité du Cameroun à l’intiative des Pays pauvres Très Endettés (PPTE) était de favoriser l’instruction, l’éducation et la santé.

Récemment, le Cameroun a remis en selle son Programme national d’alphabétisation (PNA) grâce à un apport du fonds PPTE d’un montant de 700 millions de francs CFA. Le PNA vise l’éradication de l’analphabétisme, souvent confondu à l’illettrisme, qui gangrène la jeunesse et la population camerounaises. Modeste, l’actuelle opération, d’une durée de trois ans, voudrait atteindre près de 105.000 Camerounais que l’on retrouvera au moyen de 755 vélos et de deux véhicules.

Les récriminations généralement portées contre cette structure concernent surtout les formateurs. Non formés, étrangers aux métiers de l’éducation, fonctionnaires en retraite, souvent bénévoles, ils appartiennent à un ministère où l’on ignore les principes élémentaires de l’alphabétisation en tant que science. Un séminaire de quelques jours suffit à faire d’eux des spécialistes en alphabétisation.

Le Cameroun vient également de prendre langue avec la Banque Mondiale pour améliorer son système éducatif. En effet, ce pays veint de bénéficier d’un prêt de 18,2 millions $ US, destiné au financement du programme d’appui au système éducatif camerounais. Ce Programme vise, d’une part, l’augmentation de l’efficacité de l’éducation primaire et secondaire ainsi que l’égalité d’accès, en privilégiant les zones défavorisées; d’autre part, il vise l’adaptation de l’éducation secondaire et supérieure aux besoins de l’économie.

Encore plein d’argent pour l’enseignement de base, l’enseignement secondaire et supérieur, de quoi, espère-t-on dans ces milieux, résoudre le nombreux problèmes qui se pôsent en cette rentrée de septembre.

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