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Budapest : bataille pour l’accès libre à la recherche

Par Louis-Martin Essono , le 02 mars 2002 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

La rencontre de Budapest : bref historique

L’Afrique entend parler de

l’initiative de Budapest.

À proprement parler, l’Initiative de Budapest pour le Libre Accès à la Recherche (BOAI - Budapest Open Access Initiative) a débuté, les 1er et 2 décembre 2001, à Budapest, lors d’une simple rencontre, restreinte mais très animée. Elle avait été parrainée par l’Institut pour la Société Ouverte (OSI - Open Society Institute). Côte à côte, des gens de différents points de vue, de divers champs disciplinaires, et issus de plusieurs pays. Ils manifestaient leur attachement à l’accès libre. Et se demandaient comment harmoniser ces initiatives jusque-là disparates.

Les objectifs de l’initiative

Il faut, en fait, se rappeler qu’en décembre 2001, ces chercheurs avaient lancé une pétition pour demander aux revues scientifiques de mettre en libre accès les articles dans un "délai raisonnable" après leur publication. Cette exigence devait entrer en vigueur au 1er janvier de cette année. Et comme rien ne s’est passé dans ce sens, les chercheurs ont décidé de passer à l’action, c’est-à-dire de placer dans le domaine public et sans autorisation les articles publiés dans les revues scientifiques.

L’objectif premier étant d’amplifier l’impact d’efforts jusque-là dispersés, les participants ont recherché les stratégies les plus efficaces et les plus accessibles pour servir les intérêts de la recherche, des chercheurs et des institutions et sociétés qui soutiennent la recherche. Ils ont aussi examiné comment l’OSI et d’autres fondations pourraient utiliser leurs ressources pour favoriser la transition vers le libre accès et pour assurer une viabilité économique autonome à la publication en libre accès. Résultat : naissance de l’Initiative du libre Accès pour la recherche. C’est à la fois une déclaration de principe, une déclaration de stratégie et une déclaration de soutien financier. Vous pouvez consulter les objectifs et toutes les stratégies à Open access Vous allez vous imprégner des modalités et des stratégies dans initiative. On enregistre un nombre toujours croissant d’individus et d’organisations du monde entier représentant les chercheurs, les universités, les laboratoires, les bibliothèques, les revues et leurs directeurs, les sociétés savantes et d’autres instances appuyant l’accès libre aux publications scientifiques que leurs auteurs souhaitent donner librement.

Le salut des pays en développement et des chercheurs

Une telle action subsume un zeste de subversion, même si ce vocabulaire est proscrit dans le réseau libre que constitue l’Internet. Thot a déjà admiré le courage de certains éditeurs ayant gratuitement mis en ligne des articles pour chercheurs et médecins des pays pauvres. Cette idée sous-tend l’initiative de Budapest. On connaît le coût des revues scientifiques. Les Africains, éternels pauvres et pleurnichards, sont à la traîne de la recherche par manque d’actualisation et s’expatrient pour découvrir la nouveauté ; les bibliothèques sont vieilles et ne se renouvellent guère à cause du prix des livres et des revues. Le journal français

Libération

révèle que, la coupe étant pleine, les chercheurs exigent que leurs travaux soient accessibles à tous. Pour parvenir à leurs fins, les auteurs de l’initiative de Budapest proposent deux pistes. Soit la création de nouvelles revues scientifiques à comité de lecture, accessibles exclusivement en ligne soit que les chercheurs publient sur l’Internet le manuscrit initial, dont ils seront seuls propriétaires. Une chance pour les chercheurs de se faire connaître et de faire avancer la science et de faire partager les résultats, pour le bien de l’humanité.

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