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L’expérience Canége : des millions plus tard, les conclusions à en tirer***

Par Denys Lamontagne , le 26 février 2006 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

Canége, le Campus numérique d’économie et gestion, est né à la suite d’un premier appel à projets du gouvernement français. On n’a pas lésiné sur les ressources, mais il semble que les particularités du système universitaire aient eu raison des meilleures intentions.

Entre les attentes de participation (1 600 étudiants/an) et la participation réelle (200 étuditants/an), on est en droit de se poser des questions...

« Régime professionnaliste, numérique, et financement. Le cas de Canége dans une optique comparative (2005)» est une communication de Patrice Grevet qui tente d’apporter quelques réponses.

«La communication adopte un point de vue socio-économique. Elle porte sur l’expérience du campus numérique en économie et gestion Canége de 2000 à 2005.

Celui-ci obtint une position de "premier de classe", mais aujourd’hui, son avenir apparaît incertain. Des résultats ont été construits avec succès : fonctionnement de dispositifs à distance de Bac +1 à Bac +5, réalisation d’un nombre élevé de ressources pédagogiques numérisées, dont certaines comportent des développements multimédia très soignés, mise en oeuvre d’un tutorat fonctionnant bien dans la grande majorité des cas.

Mais trois catégories de difficultés rendent Canége vulnérable :

  • la première, et la plus décisive, concerne les effectifs étudiants inscrits et a fortiori diplômés;
  • la seconde tient à la contraction du caractère pluri-établissements des dispositifs;
  • la troisième a trait aux limites de la mutualisation de ressources numérisées coûteuses et de leur usage.
La communication précise ces constats en cherchant la possibilité de comparaisons. Pour ce faire, elle considère le positionnement de Canége au regard d’une grille définissant quatre types "d’offres d’usage" introduisant le numérique dans la formation.

Ensuite elle analyse la combinaison formative de Canége mêlant une organisation professionnaliste et une large polarisation sur des ressources numérisées propriétaires.

Enfin, elle avance des hypothèses explicatives de la faiblesse des effectifs étudiants se prolongeant sans qu’il y ait jusqu’à présent blocage du développement de ressources numériques, ni mise en cause de l’existence du campus. Le financement intervient pour une grande part dans les explications, par exemple à propos des limites de la disponibilité temporelle des actifs pour la formation.»

Il s’agit d’une bonne analyse du cas Canége, du point de vue «socio-économique».

Quant à nous, le projet Canége a commis plusieurs erreurs fondamentales en marketing (voir « Le packaging»), mais pas irréparables, sans compter une incompatibilité presque viscérale entre l’organisation universitaire «autonomiste» actuelle et la concertation nécessairement demandée par Canége ou par toute utilisation intensive d’outils comme Canège (voir : L’intégration des technologies et de l’apprentissage en ligne dans les institution, pour 2006 ?).

Pour télécharger « Régime professionnaliste, numérique, et financement. Le cas de Canége dans une optique comparative (2005)», format .pdf

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